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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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RAPPORT FAIT AU PREMIER CONSUL,

PAR TALLEYRAND,

LE 13 JUILLET 1804

SUR LE VOYAGE DU SAINT-PERE

POUR LE COURONNEMENT

DE L'EMPEREUR




Sa Majesté m'a fait l'honneur de me renvoyer une lettre dans laquelle son ministre près la cour de Rome lui a fait connaître la disposition du Saint Père, relativement à son voyage en France. J'ai reçu de M. le cardinal légat une note officielle sur le même sujet. Je vais rendre à Sa Majesté le compte qu'elle me demande de l'état actuel de cette discussion.

Le Saint Père n'a pu prendre sa détermination sur une démarche aussi importante, sans consulter la partie du sacré collège résidant à Rome : les avis des cardinaux ont été partagés, mais la majorité a adhéré au projet de voyage sous des réserves qu'il est utile de discuter.

Ces réserves sont basées sur deux difficultés ; l'une de pure susceptibilité ultramontaine, qui est relative à la conduite indiscrète et peu déférente de quelques évêques ci-devant constitutionnels à l'égard de la cour de Rome ; l'autre dogmatique, et qui a trait au serment que Sa Majesté doit prêter au couronnement. La première difficulté peut aisément être levée : si quelques évêques constitutionnels ont manqué dans leurs actions ou dans leurs écrits au respect et à la bienséance qui doivent être observés à l'égard du Saint Siége, ils doivent être repris, ramenés à la soumission dans ce qui est prescrit par les usages et les lois de la discipline. Dans tous les cas le Saint Père sera en France comme il est à Rome, le chef de l'Eglise catholique. Il les accueillera ou refusera de les admettre auprès de sa personne, et certainement Sa Majesté ne souffrira pas qu'aucun ecclésiastique de quelque grade ou de quelque communion qu'il soit, manque de respect en quoi que ce soit au Père commun des fidèles. La seconde difficulté se subdivise en deux griefs. Le serment, disent les cardinaux, n'est pas catholique : 1° en ce qu'il consacre la tolérance des cultes ; 2° en ce qu'il assimile au concordat les lois organiques que la cour de Rome regarde comme étant, en quelques points importants, subversives de l'autorité de l'Eglise.

D'abord on peut écarter tout à fait cette difficulté et les griefs qui la motivent, en disant que le serment est un acte accessoire au couronnement, et que le couronnement est une solennité politique qui n'a aucun rapport avec la cérémonie religieuse du sacre. Le sacre et le couronnement peuvent être faits ensemble, et ils peuvent aussi avoir lieu à des moments et dans des lieux différents.

Mais le serment, dût-il être prêté dans le temps de l'onction impériale, et sous les yeux même et les auspices du Saint Père, ne renferme rien qui puisse offenser sa piété, parce qu'il est entièrement politique et n'exprime rien de relatif à la croyance religieuse.

II prescrit l'obéissance aux lois du concordat, parce que, en langage du droit public, les stipulations de deux puissances sont des lois que les publicistes appellent lois de la lettre. Les lois organiques sont des lois d'une autre nature. Le prince ne peut pas jurer de les faire observer, parce qu'elles peuvent être changées, et s'il avait été dans l'intention du constituant de le prescrire, il n'aurait pas dit les lois du concordat, mais les lois organiques du concordat.

Quant à la tolérance, elle est en France et dans la plus grande partie des Etats de l'Europe, un devoir politique qui n'affecte en rien la catholicité des souverains et des Etats qu'ils gouvernent. En Allemagne, en Italie, à Rome même et en France, on interdit l'insulte et les persécutions; on plaint les dissidents, mais on commande le respect de leur opinion et du culte que la conscience leur prescrit de pratiquer.

Telles sont les observations simples et décisives qu'on peut opposer aux difficultés des cardinaux, et je ne doute pas qu'elles ne suffisent pour dissiper toute inquiétude dans l'esprit du souverain Pontife. Si Sa Majesté les approuve, je lui proposerai de m'autoriser à adopter un projet de réponse qui m'a été donné par M. l'évêque d'Orléans, et qui est joint au rapport que j'ai l'honneur de présenter.

J'ai l'honneur d'être, etc...

Ch. Mau. TALLEYRAND.



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in HISTOIRE DU PAPE PIE VII PAR LE CHEVALIER ARTAUD VOL. I

PARIS - ADRIEN LE CLERE - 1837










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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