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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LA FIN

DU CONGRES DE VIENNE

AVEC LA RECAPITULATION ET LE TABLEAU DETAILLE

DE SES OPERATIONS LES PLUS SECRETES

ET LE DISCOURS DE CLOTURE

DU CI-DEVANT MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE FRANCAIS


Pamphlet anonyme



Le congrès de Vienne a, dit-on, terminé ses séances à la grande satisfaction de l’Europe. Jamais, en effet, aucune assemblée politique n’a fait tant de bien en si peu de temps. L’histoire, du moins l’histoire grecque, a beaucoup vanté l’aréopage d’Athènes, l’a présenté à la postérité comme le modèle de tous les tribunaux, d’où l’éloquence ni l’art de la séduction ne devraient jamais approcher ; mais, après tout, que reste-t-il du bien que cette assemblée si célèbre a pu faire à l’humanité ? quel bien lui a-t-il fait, même de son temps ?

Gloire au congrès de Vienne, qui, dans l’espace de quelques semaines, a plus fait que les rois les plus sages et les diplomates les plus habiles en six mille ans ! Qui pourrait amplement et assez amplement raconter les bienfaits, les prodiges émanés de ce conseil suprême ? La Pologne devenue tout à coup russe, la Saxe tout à coup métamorphosée en prussienne, un ennemi dangereux mis hors la loi, et poursuivi à toute outrance comme tel ; un asile honorable et toutes sortes de consolations et d’espérances données à un prince fugitif et malheureux ; la légitimité des souverains en droite ligne, solennellement reconnue et proclamée ; un triomphe complet sur un père sensible, incertain, aux prises avec la nature, ou plutôt avec lui-même ; l’invasion prochaine et la conquête d’un grand royaume, sans brûler une amorce ; enfin, des notes, des rescrits, des adresses, des déclarations et proclamations, où respirent la sagesse, la modération et l’équité : voilà ce qui rend le congrès de Vienne immortel, et qui lui assure la reconnaissance de tous les peuples, et l’admiration de tous les siècles.

Mais comment, dira-t-on, des souverains habitués à vivre au milieu des camps, à l’église ou dans les plaisirs des cours, ont-ils acquis des connaissances si profondes dans l’art de la diplomatie ? Comment ont-ils pu si promptement et avec tant de succès en faire une si heureuse application ?

La réponse se présente d’elle-même. Nous sommes dans un siècle de miracles, comme dans ces temps fortunés, où douze pêcheurs, pleins de vertus, mais fort peu instruits, parlèrent tout à coup diverses langues qu’ils n’avaient jamais apprises. La circonstance est à peu près la même ; les chefs du congrès se trouvaient avec un homme, qui, sans être le Saint-Esprit, en a cependant plus d’une fois emprunté et parlé le langage. Eh ! peut-on rester quelques jours auprès du premier diplomate de la terre, sans devenir aussi bon diplomate soi-même ? Fût-il jamais un maître plus habile dans l’art de gouverner, que le grand homme qui dicta le traité de Presbourg et la capitulation de Paris ?

Si sa réputation n’était pas entièrement faite, on pourrait être contesté ; ne suffirait-il pas, pour l’asseoir sur une base inébranlable, de citer les passages suivants de son discours lors de la clôture du congrès ?

« Aucune puissance n’a le droit de réminiscer dans le choix que les Français veulent faire de leur chef ; mais nous ne permettrons point qu’il en prenne d’autre que celui que nous leur donnons, et dont ils ne veulent pas.

J’ai servi pendant plusieurs années l’Empereur des Français, en qualité de son ministre ; mais Louis XVIII n’en régnait pas moins sur la France depuis vingt ans.

J’ai voté dans l’assemblée constituante l’abolition de la noblesse, de la dîme, des droits seigneuriaux ; mais, suivant moi, rien de plus juste que ces droits que cette dîme.

En 1790, j’ai dit l’office sur l’autel de la patrie, et maintenant je vois sa destruction, etc., etc. »

Quelle confiance ne devaient point inspirer aux alliés une telle conduite et de tels principes ? Aussi le congrès a-t-il voté d’une voix unanime des remerciements au phénix de l’assemblée, et, immédiatement après l’avoir entendu, a prononcé la clôture de ses séances.

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DE L'IMPRIMERIE DE L.-P. SETIER, Cloître Saint-Benoit









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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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