Optimisé pour
Espace de téléchargement





TALLEYRAND D'APRES GERARD




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










L. S.

DE TALLEYRAND

AU CITOYEN DEVOIZE,

CONSUL DE FRANCE

A TUNIS,

LE 3EME JOUR COMPLEMENTAIRE AN VII

[19 SEPTEMBRE 1799]



Paris, le 3ème jour complémentaire an VII [19 septembre 1799]

Citoyen,

Le Bey agit avec discernement en profitant de l’état de guerre dans lequel il se trouve avec la République pour fortifier ses Etats et augmenter sa marine, afin de pouvoir tôt ou tard faire cesser la prépotence d’Alger à son égard ; et je ne suis pas surpris que, pour accomplir plus promptement ses vues politiques sur ce point, il ait eu l’intention d’employer à ses constructions navales les ouvriers français qui étaient à Tunis et qui sont heureusement arrivés à Toulon. Vous avez bien fait de repousser la proposition qu’il vous a faite à ce sujet ; elle n’eût été admissible qu’aux conditions que vous avez proposées à ce prince. L’enlèvement des français à Tripoli par les anglais m’était connu par les détails que le citoyen Beaussier m’avait envoyés de Gênes.

Vous devez être depuis quelque temps rassuré sur votre translation à Constantinople. Alger a repoussé la demande faite par le Capidji du Grand Seigneur ; le Bey de Tunis ne peut qu’avoir suivi cet exemple.

Je ne suis pas surpris des trêves conclues entre les barbaresques et le Portugal, la Sicile et la Sardaigne, parce qu’elles permettent à ces trois puissances de se livrer au blocus de Malte avec plus de sécurité et de facilité. Je reconnais là l’influence des anglais.

La Porte use mal de la sienne avec les Régences par ses demandes de subsides et d’affranchissements d’esclaves grecs, etc. ; il n’est pas probable qu’elles y obtempèrent, attendu que ces demandes portent sur leurs intérêts les plus chers. J’ai quelque espoir qu’à cette occasion il naîtra entre ces puissances quelque froideur qui pourra être utile à nos affaires.

Je vous remercie des nouvelles que vous m’avez transmises sur le général Bonaparte et ses opérations. Je vous exhorte à entretenir les intelligences, afin d’avoir de Malte, d’Egypte et du Levant toutes les nouvelles qu’on reçoit dans ce port. A cet effet, je vous autorise à faire à votre correspondant les donatives que vous croirez propres à exciter son zèle et son exactitude.

J’ai été profondément affecté des mauvais traitements essuyés par les ouvriers français employés aux deux pontons. La conduite du Sahib-Tapa à leur égard est révoltante. Il faut être bien familier avec les mœurs de ces peuples pour concevoir qu’un ministre puisse descendre à cet excès d’indignité. Mais que penser du Bey, de Mustafa Khodja. Ils manifestaient avant la rupture tant d’affection pour les français. Cet événement l’aurait-il entièrement étouffée ? Je sens bien comment ce prince et son ministre ont été entraînés dans la guerre actuelle mais je vous avoue que je ne m’attendais pas qu’ils y manifestent l’animosité dont vous me peignez les effets.

Je vous sais gré de la fermeté avec laquelle vous avez exposé au Bey les justes sujets de plaintes que vous aviez contre lui et ses ministres. Je me flatte que vos représentations auront produit quelque heureux résultat et que vos premières lettres m’en instruiront.

Je rends justice au zèle qui vous a porté à me proposer de mettre en réclusion tous les tunisiens qui sont en France. Il est d’autant plus louable que la rigueur exercée envers eux ne pourrait qu’avoir un fâcheux effet pour vous. Mais le Directoire exécutif, par des considérations importantes, a cru devoir agir autrement envers ces étrangers. Ils arriveront à Tunis au moment où vous recevrez cette lettre. Peut-être ce procédé généreux, quoique conforme aux traités, déterminera-t-il le Bey et ses ministres à adoucir votre sort et celui de nos concitoyens ? Saisissez cette circonstance pour obtenir au moins ce résultat, si vous ne pouvez amener la Régence à se conformer aux traités, comme vient de le faire le Directoire à l’égard de ces tunisiens.

Soyez bien convaincu que votre pénible situation est sans cesse présente à mon souvenir et à celui du Directoire exécutif. Je le seconde de tout mon zèle dans ses tentatives pour mette un terme à la rigueur de votre sort. Il faut espérer qu’elles ne seront point vaines.

Je vous prie de m’écrire le plus souvent que vous pourrez, et de ne me rien laisser ignorer de toutes les nouvelles intéressantes qui pourront venir à votre connaissance.

Salut et fraternité.

Ch. Mau. Talleyrand.




******************************************


CORRESPONDANCE DES BEYS DE TUNIS AVEC LA COUR DE FRANCE 1579-1833 TOME III - EUGENE PLANTET - PARIS - F. ALCAN - 1899









RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement