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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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L. S.

DE TALLEYRAND

AU CITOYEN DEVOIZE,

CONSUL DE FRANCE

A TUNIS,

LE 17 THERMIDOR AN VII

[4 AOUT 1799]



Paris, le 17 thermidor an VII [4 août 1799]

Citoyen,

Je vous remercie de l’envoi que vous m’avez fait d’une copie du traité passé entre la Régence et les Etats-Unis d’Amérique. Son article [?] m’a très étonné par l’abandon d’une immunité que toutes les nations ont défendue et maintenue pour leurs pavillons.

Je vois qu’en vertu de ce traité, un consul américain réside aujourd’hui à Tunis, et que par là le citoyen Famin a cessé ses fonctions de consul provisoire des Etats-Unis. L’exercice qu’il en a fait est contraire à ce qui est prescrit par nos lois. Cependant, comme il est environné de circonstances peu communes, je ne me permets à ce sujet aucune décision positive. Je consulterai le Directoire exécutif et il est vraisemblable que, frappé de ces circonstances et surtout du courage avec lequel le citoyen Famin réclame ce titre au moment où il expose à tant de dangers, il ne prendra à son égard que la détermination la plus favorable que les lois lui permettront.

J’ignore dans quelle situation vous et les autres français vous vous trouvez à Tunis, tant pour vos personnes que pour vos propriétés : les lacunes de votre correspondance sont cause de cette ignorance, qui nuit beaucoup au système que le gouvernement doit suivre envers les tunisiens qui sont en France. Cependant ils sont traités avec douceur et avec égard. Ils sont en pleine liberté, hors celle de sortir de la République. Veuillez bien me donner sur la situation de la nation à Tunis toutes les notions, tous les renseignements que vous croirez propre à m’éclairer.

Je n’en étais pas alarmé, d’après la connaissance que je possède du caractère du Bey et de ses ministres et de la bienveillance qu’ils ont pour vous. Mais depuis quelques jours j’ai conçu des craintes sur votre compte et sur celui de la nation. Je suis informé que le Grand Seigneur sur les avis que ses alliés lui ont sans doute donnés de la douceur avec laquelle les français étaient traités par les Régences, a adressé à celles-ci des firmans par lesquels il leur demande de faire passer tous nos nationaux à Constantinople. Vous sentez combien une pareille demande a pu m’affecter pour eux, et à combien de maux elle les livrerait, si elle pouvait être accordée. Quelque peu fondé que soit le Grand Seigneur dans une telle prétention, je ne suis pas rassuré. Je crains tout ce qui peut se produire sur l’esprit des Régences l’habitude des égards et des condescendances. Malheureusement je n’ai pas et le gouvernement ne peut pas mettre à ma disposition des moyens capables de vous éviter les malheurs qui vous attendent, si les Régences obtempèrent aux désirs de la Porte. Dans cette situation, je ne puis que vous exhorter à employer tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour déterminer le Bey à un refus. Mais si vous ne pouvez y parvenir, je vous autorise à prendre, de concert avec la nation assemblée, tel parti que les circonstances vous présenteront comme le plus propre à vous soustraire, ainsi que les nationaux et leurs propriétés, à la déportation cruelle dont vous êtes tous menacés. Je vous laisse à cet égard la plus vaste latitude ; quel qu’il soit, pourvu qu’il ne compromettre ni votre caractère ni le nom français, le Directoire exécutif l’approuvera, même dans le cas où vous m’échapperiez au transport à Constantinople que par un coup de main des anglais semblable à celui qu’ils ont osé se permettre à Tripoli. Ne laissez échapper aucune occasion de m’écrire.

Salut et fraternité.

Ch. Mau. Talleyrand.




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CORRESPONDANCE DES BEYS DE TUNIS AVEC LA COUR DE FRANCE 1579-1833 TOME III - EUGENE PLANTET - PARIS - F. ALCAN - 1899









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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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