Optimisé pour
Espace de téléchargement





TALLEYRAND D'APRES GERARD




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










L. S.

DE TALLEYRAND

AU CITOYEN DEVOIZE,

CONSUL DE FRANCE

A TUNIS,

LE 25 GERMINAL AN VII

[14 AVRIL 1799]



Paris, le 25 germinal an VII [14 avril 1799]

Citoyen,

J’ai fait connaitre au Directoire exécutif les détails que vos lettres renferment sur la déclaration de guerre de la part du Bey et le résultat qu’elle a eu sur votre personne et celles de nos nationaux. Il me recommande expressément de vous témoigner combien il a été touché par la fermeté avec laquelle vous et eux avez su vous résigner à votre sort. Il n’est sans doute pas aussi rigoureux que celui éprouvé à Alger par nos concitoyens, mais il n’en est pas moins pénible de se trouver dans votre position. Vous ne devez pas douter que je ne partage les sentiments du Directoire exécutif à votre égard. Vous pouvez donc croire que je seconderai de tout mon pouvoir les efforts qu’il ne manquera pas de faire pour adoucir votre position et vous délivrer même de l’oppression que vous éprouvez. Comptez sur toute ma sollicitude pour les Echelles de Barbarie.

La détermination hostile du Bey a de quoi surprendre, après toutes ses précédentes protestations. J’aurais cru que fidèle en quelque sorte à son attachement pour la France, il se serait borné à une apparence de guerre avec elle ; mais ses actes ultérieurs prouvent que ce prince la fait ou veut la faire très sérieusement. Le Directoire exécutif agira en conséquence. Les tunisiens qui se trouvent en France seront traités avec ménagement dans leurs personnes, leurs propriétés, tant qu’on en usera convenablement envers vous et nos concitoyens.

Il est bien étrange que le Bey ait pris pour déclarer la guerre à la France le moment où elle le gratifiait de deux pontons si vivement désirés par lui. Avec un peu de délicatesse il en eût fait le renvoi en France. Mais ses procédés à cet égard et envers les ingénieurs, constructeurs et charpentiers sont bien digne d’un chef de Régence de Barbarie. Quoique le citoyen Notaire Grandville, mis à la tête de cet envoi, appartienne par son service au ministère de la Marine, j’ai cependant eu communication de sa correspondance avec ses supérieurs. Je connais donc toute sa conduite depuis son arrivée à Tunis. Elle me parait prudente et ferme dans le degré convenable, et je ne puis, autant que cela m’appartient, que donner des éloges à cet ingénieur, et ratifier en quelque sorte l’autorisation qu’il a reçue du citoyen Lacombe Saint-Michel, pour entreprendre et finir la confection des pontons. Je ne puis vous parler de cet ex-ambassadeur sans vous témoigner ma satisfaction sur l’accueil généreux et fraternel que vous lui avez fait ainsi qu’à ses compagnons d’infortune.

Quoique le citoyen Notaire Granville et ses ouvriers aient sans doute un vif désir de quitter Tunis pour revenir dans leur patrie, ne penseriez-vous pas qu’il serait convenable de les engager à ralentir leurs travaux ?

Je trouverai dans cet expédient quelques avantages :

1° -- Il me semble que le Bey, très jaloux de voir les pontons entièrement confectionnés, aurait, jusqu’à qu’ils le fussent, des ménagements pour tous les français sans distinction, car il pourrait craindre que des mauvais traitements ne portassent les ouvriers à quitter leurs travaux ;

2° -- Au cas où votre sort et celui des autres français empirât dans la suite et que tout moyen de correspondance avec moi vous fût ôté, le citoyen Granville pourrait servir d’intermédiaire et même agir d’après vos directions et suivant les occurrences auprès du Bey et de ses ministres. Je vous laisse apprécier cette idée, et si, d’après la connaissance que vous avez des localités, vous la croyez praticable, utile et sans inconvénient, vous pouvez la réaliser de concert avec l’ingénieur.

Il lui aurait été enjoint de cesser ses travaux, si le Bey avait persisté à traiter le citoyen Magallon, envoyé secret en Egypte, comme prisonnier ; son arrestation était un oubli de tout principe, une injustice criante. Mais dès qu’il est rendu à la liberté, je n’ai plus qu’à l’exhorter à quitter Tunis, dès qu’il le pourra avec sûreté, de peur que le Bey ne change encore une fois de volonté à son égard.

Le sieur Famin, ayant accepté des fonctions de la part d’une puissance étrangère, ne peut plus, aux termes de la Constitution et des arrêtés du Directoire exécutif, être considéré comme français.

J’ai reçu la liste des français qui partagent votre captivité. L’intention du gouvernement est de secourir tous ceux qui sont dans le besoin. En attendant qu’une mesure générale soit adoptée à cet égard, vous pouvez fournir provisoirement des secours aux plus nécessiteux, et j’aurai soin de vous en faire rembourser sur le compte que vous m’adresserez de vos avances.

Salut et fraternité.

Ch. Mau. Talleyrand.




******************************************


CORRESPONDANCE DES BEYS DE TUNIS AVEC LA COUR DE FRANCE 1579-1833 TOME III - EUGENE PLANTET - PARIS - F. ALCAN - 1899









RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement