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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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L. S.

DE TALLEYRAND

AU CITOYEN DEVOIZE,

CONSUL DE FRANCE

A TUNIS,

LE 15 FRIMAIRE AN VII

[5 DECEMBRE 1798]



Paris, le 15 frimaire an VII [5 décembre 1798]

Citoyen,

Je vois par vos dernières lettres que la nouvelle de notre expédition en Egypte a causé quelque fermentation parmi un grand nombre de tunisiens qui font le commerce dans ce pays, où il leur est dû des sommes considérables. Je pense que, d’après ce que je vous ai précédemment marqué, vous vous serez empressé de tranquilliser ces tunisiens. A ce effet, il convient de leur dire que le gouvernement a donné à ses généraux les ordres les plus positifs pour que toutes espèces de relations entre les barbaresques et l’Egypte y soient maintenues, même protégées, et qu’en conséquence ils ne doivent rien craindre pour les sommes qu’ils ont à répéter. Il est à la vérité possible que l’interruption actuelle des communications avec ce pays, causée par la croisière des armements ennemis, apporte momentanément quelque obstacle à ces relations et au désir que nous avons de leur voir reprendre leur activité ordinaire. Mais pour prouver aux tunisiens combien le gouvernement est disposé à leur faire rendre justice, je vous autorise, si vous en avez les moyens, à adresser directement au général Bonaparte leurs réclamations, en les accompagnant des explications qu’elles vous paraitront devoir exiger, et je ne doute point que ce général, connaissant bien les intentions amicales du gouvernement envers les Régences, ne s’empresse de donner les ordres nécessaires pour qu’il soit satisfait aux engagements contractés par le pays avec les négociants tunisiens. Vous vous en expliquerez ainsi sur ce point avec le Bey, si vous le jugez convenable.

Je ne m’étendrai point sur les griefs dont ce prince vous a fait l’énumération dans un moment d’humeur causé par le débarquement fait à Bastia de cinq esclaves qui se trouvaient sur une felouque tunisienne. Cependant, comme cet enlèvement peut lui faire craindre qu’il ne se répète dans d’autres occasions, vous l’assurerez qu’il a été donné des ordres pour qu’aucun commandant des ports de la République ne se permette d’y retenir les esclaves qui pourront se trouver à bord des corsaires tunisiens.

J’aime à croire que le Bey aura été sensible aux égards qu’a eus le gouvernement français pour la demande qui lui a été faite de deux pontons. Je vous ai instruit de la décision du Directoire à cet égard, et j’attends avec d’autant plus d’impatience votre réponse qu’elle me fera sans doute connaitre les mesures que vous aurez prises pour l’expédition à Malte des approvisionnements qui ont dû être fournis par le Prince en échange de la valeur de ces deux pontons. Je vous observe que le ministre de la Marine m’a marqué dans le temps avoir donné les ordres nécessaires pour leur transport de Toulon à Tunis, ce qui me fait présumer qu’ils y sont arrivés maintenant.

Quant aux autres réclamations du Bey, le Directoire exécutif est disposé à y faire droit, mais je dois vous dire confidentiellement que, la conduite de la Porte à notre égard pouvant apporter quelque changement dans la disposition amicale des princes de Barbarie, et dans celle du Dey d’Alger, dont l’exemple sera sûrement suivi par les autres Régences, le Directoire veut, avant de les satisfaire complètement, être bien assuré que les circonstances ne les feront point varier dans leurs sentiments pour la République. Animé du désir de se maintenir en paix avec elles, il s’occupe en ce moments des moyens de terminer nos discussions avec Alger ; il y a lieu d’espérer que ces négociations auront une issue favorable. Ainsi la bonne intelligence une fois raffermie avec cette Régence, celle qui existe avec Tunis ne pourra plus être troublée, et alors le gouvernement s’occupera définitivement des réclamations du Bey.

Votre dernière dépêche, qui a deux mois et demi de date, me prouve combien les communications avec Tunis sont rares et difficiles. Cependant, comme votre correspondance peur dans les circonstances actuelles fournir des notions et avis utiles au gouvernement, je vous recommande d’employer tous les moyens et toutes les voies possibles pour en assurer le transit.

Salut et fraternité.

Ch. Mau. Talleyrand.




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CORRESPONDANCE DES BEYS DE TUNIS AVEC LA COUR DE FRANCE 1579-1833 TOME III - EUGENE PLANTET - PARIS - F. ALCAN - 1899









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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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