Optimisé pour
Espace de téléchargement





TALLEYRAND D'APRES GERARD




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










TALLEYRAND, " LE BAS DE SOIE..."

PAR

JEAN TULARD





Talleyrand ne finira jamais de fasciner les hommes publics : après Léon Noël (« Talleyrand », Fayard, 1975) et Gaston Palewski (« Le miroir de Talleyrand », Librairie Académique Perrin, 1976), Michel Poniatowski succombait à son tour. En 1977 il avait évoqué le séjour de Talleyrand aux Etats-Unis pendant son émigration. En 1982 il a écrit un nouveau livre, sur une période à peine mieux connue de la longue carrière du « Diable boiteux » (son passage aux Relations extérieures, sous le Directoire) : Talleyrand et le Directoire (Librairie Académique Perrin, 1982).

La bibliographie touchant Talleyrand ne cesse de s’allonger. Il faudrait citer Georges Lacour-Gayet et Louis Madelin, Emile Dard et Jean Savant, Jean Orieux et André Castelot, mille récits de vulgarisation, et cent articles d’érudition. Sans parler de la réédition en 1982 de ses bien décevants « Mémoires » (Plon). Depuis Sainte-Beuve, on ne cesse d’écrire sur « le prince des diplomates ». Sacha Guitry lui consacra jadis un film qui faisait l’apologie du double jeu, lors des années noires de l’Occupation. Aujourd’hui le public se presse pour visiter le petit musée ouvert au château du Marais.

Napoléon avait forgé sa légende dès la première campagne d’Italie. Fondant des journaux avec le butin de guerre, il y exaltait ses victoires. On lit des phrases du genre : « Bonaparte vole comme l’éclair, et frappe comme la foudre. » Le titre de l’une de ces feuilles est même sans équivoque : « Journal de Bonaparte et des hommes vertueux ». La légende de Talleyrand est plus tardive. Elle naît, semble-t-il, sous la Monarchie de Juillet, quand, soufflant un peu, on fit retour sur le passé. Avec la conscience d’avoir vécu une époque exceptionnelle, qui changea, entre 1789 et 1830, le destin de la France, on se tourna alors vers les survivants. Le plus illustre en était sans doute Louis-Philippe, mais il n’apparaissait que dans un rôle de comparse au regard de Talleyrand, qui devait mourir en 1838. Celui-ci avait surtout suscité, sous l’Empire et la Restauration, une curiosité malsaine (un évêque marié) et une certaine répulsion. Balzac s’empare de Talleyrand, dont il fait l’une des figures de proue de sa Comédie humaine. Il le cite ou le met en scène dans « Le contrat de mariage », « Une ténébreuse affaire », « Le député d’Arcis », « Les Chouans », etc. Pour lui, il est, avec Fouché, le deus ex machina de la période révolutionnaire et impériale. Talleyrand et Fouché : Chateaubriand imposera l’image fameuse du « vice appuyé sur le bras du crime ».

Stendhal se plaît à relever dans son Journal certains aphorismes du prince de Bénévent, comme celui-ci : « Dans le zèle, il entre toujours trois quarts de bêtise ». Ou encore des mots cruels, telle cette réponse à Rulhière, qui affirmait : « Je n’ai fait dans ma vie qu’une méchanceté ! – Quand finira-t-elle ? »

L’impertinence n’a-t-elle pas plus fait pour la réputation de l’esprit du prince de Talleyrand que cet esprit même », constate Barbey d’Aurevilly dans son essai « Du dandysme ». Consécration suprême : Talleyrand figure dans le « Dictionnaire des idées reçues » de Flaubert : « Talleyrand (prince de) : s’indigner contre. » N’oublions pas le roman populaire, qui d’Alexandre Dumas à Albéric Cahuet, imposera l’image du traître, mais du traître spirituel et raffiné, qui transcende sa trahison.

La littérature du XIXe siècle a élevé Talleyrand au niveau du mythe. À part Fouché, et bien sûr Napoléon, aucun autre personnage : Murat, Chaptal, Ney, Masséna… n’a connu une telle faveur. L’intelligence et la souplesse politiques, entendons l’art de prévoir et de précipiter les changements, celui de savoir s’adapter aux républiques comme aux monarchies, ont toujours séduit le public. Talleyrand est toujours là où il faut. Et au bon moment. L’évêque apostat sait se réconcilier in extremis avec l’Église, au moment de paraître devant Dieu. Dans une lettre à Metternich, il explique qu’il importe de choisir le moment propice du ralliement, afin de conserver le plus longtemps possible les bénéfices de la liberté. « Je restais, dira-t-il aussi, assez au courant des affaires pour calculer l’époque de la catastrophe. » Napoléon dira « qu’il se conduisait avec ses amis comme s’ils devaient être ses ennemis ; avec ses ennemis comme s’ils pouvaient devenir ses amis ».

L’extraordinaire longévité politique de Talleyrand impressionna les contemporains de Louis-Philippe. Il avait connu Voltaire et Louis XVI, Mirabeau et Barras, Napoléon et Murat, Louis XVIII et Charles X. Il avait été riche, ruiné, à nouveau riche ; en grâce, disgracié, de retour en grâce, brutalement écarté, pour toujours revenir. Le nombre de serments qu’il avait prêtés donnait le vertige. Il était devenu le symbole du joueur : un personnage d’une « Histoire sans nom » de Barbey d’Aurevilly tire sa réputation aux cartes d’avoir joué au whist avec le prince de Bénévent. Il a incarné, face à la roture des États généraux, ou aux mœurs de parvenus des courtisans de Napoléon aux Tuileries, l’aisance et les manières de Versailles du temps de « la douceur de vivre ». Contre le conformisme bourgeois qui triomphe en 1830, il fut le champion de l’esprit tel qu’on le concevait au XVIIIe siècle, de ce sens du trait et de la répartie qui fit la gloire de Voltaire et de Beaumarchais. On répète ses mots. À Mme de Staël, qui lui montre une jolie femme et lui demande : « Qui sauveriez-vous si nous tombions toutes les deux à l’eau ? », il répond : « Oh ! Baronne, je suis sûr que vous nagez si bien ! » On le sacre prince des diplomates. Son génie se déploie dans les négociations sous le directoire, au temps de Napoléon, au Congrès de Vienne, où il connaît son apogée, dans son ambassade de Londres. Du diplomate, il a le calme, le sang-froid, la réserve. Pas un mot de trop, pas un mot plus haut que l’autre. « Toute mesure qui n’est pas nécessaire est imprudente », aurait-il dit ; ou encore : « Hâtons-nous lentement. » On lui prête une paresse étudiée et un scepticisme distingué : « Le temps a des secrets pour tout modifier, que le génie lui-même ne trouve pas. »

Bref, il est tout à la fois le symbole d’un monde qui s’achève, et l’annonce d’un monde qui commence, sorte de « janus bifrons ». Les évènements semblent toujours lui donner raison. Mais les plie-t-il à lui, ou se plie-t-il à eux ?

Car enfin, il faut bien s’interroger sur cet étonnant personnage ; girouette, comme le veux Eymery, qui le met en bonne place dans le dictionnaire où il recense, en 1815, tous ceux qui changèrent de camp au gré de l’évènement, ou grand serviteur de la France, comme il se présente dans ses « Mémoires » ? Retz ou Richelieu ? N’oublions pas que Talleyrand s’est constamment mis en scène ; il n’avance que fardé, et son cynisme même n’est qu’un paravent. On lui prête trop. Ce grand paresseux n’a rien écrit, ni lettres, ni notes, ni mémoires. Tout au plus a-t-il dicté quelques orientations, et le plus souvent il s’est contenté de signer. « Il n’était pas l’auteur de ses bons mots, observe Stendhal. On mettait à son compte ceux que Paris produit toujours ; il les adoptait après deux ou trois jours, quand leur succès était assuré. »

Sainte-Beuve rappelle qu’il eut ses « faiseurs », se bornant à mettre son « cachet » à leur travail. On ne parlait pas alors de « nègres », mais de « teinturiers », non d’ « équipe » ou de « brain trust », mais d’ « atelier ». Dans sa biographie de Talleyrand parue en 1926, Jacques Sindral (Fabre-Luce) note : « Il est presque incroyable, mais vrai, que des documents aussi importants que sa lettre de démission de 1834, ou son allocution inaugurale de 1830, aient été rédigés par d’autres. Au moment de se rendre chez le roi d’Angleterre, il s’adresse à son égérie : « Voyons, Madame de Dino, mettez-vous là, et trouvez-moi deux ou trois phrases que vous écrirez de votre plus grosse écriture. » C’est encore Mme de Dino qui écrira à Louis-Philippe, et, cette fois, Royer-Collard corrigera. Talleyrand étend aux travaux de l’esprit cette règle de l’ancienne aristocratie, d’après laquelle on dérogeait en exerçant un métier. Dicter, revoir, donner des directives ou faire des retouches, lui paraît encore digne d’un grand seigneur. Écrire, ce serait devenir son propre secrétaire. »

On sait comment Reubell lui imposa, sous le Directoire, la rédaction immédiate d’une note diplomatique. Ce fut un calvaire pour le ministre.

Du moins donne-t-il, ou croit-il donner, l’impulsion nécessaire. Il possède cependant une fâcheuse réputation de vénalité. Ne l’évaluait-il pas lui-même, selon Sainte-Beuve, à 60 millions, ce qui serait le montant des sommes versées par les grandes ou petites puissances. « Il considérait, remarque le baron de Gagern, ministre de Nassau, qui fut l’intermédiaire de plusieurs petits princes allemands, sa haute situation comme une mine d’or. »

Ses complaisances devaient être payées, non en tabatières ou en brillants, suivant l’usage du temps, mais en argent comptant. Napoléon ne l’ignorait pas, et avait demandé à un souverain : « Combien Talleyrand vous a-t-il coûté ? » Observons toutefois que, d’après le comte de Senfft, plénipotentiaire saxon, il n’acceptait d’argent que pour les causes qui lui agréaient, et, partisan de la paix européenne, refusa toute subvention polonaise, faisant ainsi restituer à Varsovie 4 millions de florins déposés pour lui par les magnats, entre les mains du baron de Dalberg.

Sa vénalité fut dénoncée dès le Directoire par les représentants des États-Unis. Trois émissaires du président Adams, venus négocier à Paris, entendirent murmurer par une visiteuse, puis par trois visiteurs, que l’octroi de quelques douceurs au ministre français pourrait largement faciliter leur mission. Ces « hurons » furent choqués, et repartirent sans conclure d’accord. Ce fut le scandale de ce qu’on appela « l’affaire XYZ », dont Michel Poniatowski rappelle les tristes conséquences. Emile Dard (« Napoléon et Talleyrand », 1935) et Marcel Dunan (notamment dans « Napoléon et l’Empire » de Jean Mistler) ont mis en lumière les liens entre les trahisons de Talleyrand et sa vénalité. Laissons de côté « sa trahison russe », attestée par les « Lettres et papiers du chancelier comte de Nesselrode » (tome III, page 235), pour insister sur sa « trahison autrichienne », dont Dard et Dunan ont retrouvé les preuves à Vienne. Dès le 17 janvier 1809, Metternich, alors ambassadeur à Paris, écrit à Stadion, son ministre, que Talleyrand, qu’il désignera désormais dans sa correspondance sous la lettre X, est prêt avec son ami (Fouché) à « s’emparer du gouvernail » », au « premier choc du vaisseau ». Après la fameuse scène que fit Napoléon à Talleyrand (« de la m… dans un bas de soie »), celui-ci était le lendemain chez Metternich : « X s’est dépouillé de tout masque vis-à-vis de moi. Il m’a dit que le moment était arrivé ; qu’il croyait de son devoir d’entrer en relations directes avec l’Autriche. Il m’a fait pressentir qu’il avait besoin de quelque 100 000 francs… »

Et Metternich d’ajouter : « Trois à 400 000 francs bien employés épargnent souvent des millions. » Pourquoi ? « Des liaisons dans l’intérieur, ainsi qu’une correspondance suivie avec des personnes influentes dans le gouvernement de l’empire, seraient d’un avantage incalculable dans le plus fort de la guerre. » Aimable euphémisme pour parler d’espionnage. Metternich écrit, le 1er février, que son nouvel informateur vient de le prévenir qu’Oudinot a reçu l’ordre de se porter sur Augsbourg, et qu’il faut que l’Autriche se mette immédiatement en campagne, « toute illusion serait criminelle ». Trahison, « ce mot s’impose, dit Marcel Dunan qui retrouva ces documents, puisqu’on est à la veille de la guerre ».

« Je ne puis, écrit Metternich, le 23 février, détailler l’utilité journalière dont X m’est, depuis que nos relations ont pris ce caractère. Je prie V.E. de la calculer sur l’échelle la plus étendue. » Le 7 mars : « Mes relations avec X sont très actives ; c’est en grande partie par son organe que j’apprends de moment à autre ce qui peut nous intéresser. Je supplie V.E. de vouloir pousser jusqu’à la somme que j’ai demandée. » Enfin, le 23 mars, un message chiffré : « Je prends maintenant toutes les dispositions pour entretenir avec Talleyrand une correspondance active pendant le cours de la guerre. Nous regardons Francfort comme le meilleur point intermédiaire. Talleyrand est fixé sur le choix de la personne qui lui servira d’agent dans cette ville. »

Depuis l’entrevue d’Erfurt, Talleyrand est passé dans le camp des adversaires de Napoléon. À Erfurt, il a révéla au tsar Alexandre et au baron Vincent, agent de Vienne, les faiblesses de Napoléon, notamment cet engagement désastreux en Espagne, dont pourtant Talleyrand porte lui-même, semble-t-il, une part de responsabilité. « L’intérêt de la France », dira-t-il ! Emile Dard et Marcel Dunan ont montré, preuves à l’appui, que Talleyrand s’est bel et bien vendu.

Fut-il au moins un bon diplomate ? Dans son livre, Michel Poniatowski rappelle que le passage de Talleyrand aux Relations extérieures sous le Directoire fut un échec. Il avait été nommé pour faire la paix avec l’Autriche et l’Angleterre. Il fallut attendre le Consulat pour que soient conclus deux traités qui n’eurent qu’une existence éphémère. La gestion de Talleyrand fut entourée d’une atmosphère de corruption qui nuisit à son prestige et à son autorité morale. Entre juillet et novembre 1799, il a même été écarté du ministère. Sous l’Empire, il ne parvint jamais à imposer ses vues à Napoléon ; il conseilla en vain, jusqu’en 1808, de ménager l’Autriche. Metternich dit que Talleyrand ne put introduire que des « nuances » dans la politique étrangère suivie par la France entre 1799 et 1808.

Son grand moment fut le Congrès de Vienne. En réalité, il n’y fut pas libre : les consignes de Louis XVIII était précises, et reposaient sur l’idée de légitimité. M. Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’État américain, dans « Le chemin de la paix », est particulièrement sévère à propos du « mythe d’un Talleyrand diabolique, montant en scène pour dissocier la coalition hostile à la France, puis en regroupant les membres à son idée, en invoquant les pouvoirs magiques de la légitimité ; émergeant, pour finir, dans le rôle d’arbitre de l’Europe. Cette légende a été répandue par ceux qui confondent cause et effet, et aussi par ces diplomates de carrière portés à attribuer au seul talent d’un négociateur ce qui ne peut être obtenu que par l’exploitation de facteurs plus souterrains ».

Certes, il parvint à briser la coalition des vainqueurs de Napoléon, et à entrer dans une alliance austro-anglaise, mais cet effort fut anéanti par le retour de l’empereur. Sur un plan plus précis, on lui a reproché d’avoir, pour sauver la Saxe, permis l’installation, à titre de compensation, de la Prusse sur le Rhin. La guerre de 1870 devait en sortir.

Reste le rapprochement franco-anglais sous la Monarchie de Juillet, dont à juste titre le crédite Maurice Schumann (« Un prophète de l’Entente cordiale », Revue des Deux Mondes, décembre 1976). Mais, sans Louis-Philippe, cette politique serait restée sans effet, et elle fut vivement critiquée en son temps. Talleyrand avait préparé ce rapprochement dès le Congrès de Vienne, mais il le reconnaît lui-même en 1834, à la fin de sa mission londonienne : il a seulement « deviné le premier la pensée du roi ».

On serait tenté de dire qu’il fut plutôt un excellent agent d’exécution que le véritable inspirateur de la politique étrangère de la France, titre qui revient davantage à Reubell, Napoléon ou Louis-Philippe. Mais reconnaissons que les conseils du ministre auraient souvent mérité d’être suivis. Talleyrand n’est pas Richelieu : il n’en a ni la hauteur de vues ni la constance des principes. Richelieu dut faire preuve lui aussi de souplesse, mais pour imposer une politique qui assura le triomphe de la monarchie absolue. Talleyrand n’a même pas le génie brouillon d’un Retz. « Il est toujours en état de trahison, mais c’était de complicité avec la Fortune », disait Napoléon en 1816.

Il n’est resté de lui qu’un personnage, sceptique et spirituel, intelligent et raffiné, qui n’a pas fini d’inspirer des livres. N’est-ce pas là le propre du mythe ?

Jean Tulard.

******************************************


REVUE LE SPECTACLE DU MONDE - AVRIL 1983









RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement