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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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INSTRUCTIONS

DE

TALLEYRAND

POUR LES CITOYENS

TREILHARD ET BONNIER

CHARGES DE

NEGOCIER LA PAIX

AVEC L'ANGLETERRE

25 FRUCTIDOR AN V

11 SEPTEMBRE 1797





CITOYENS,


Les négociations que vous êtes chargés de reprendre et de continuer n’ont pas eu, jusqu’à présent, le caractère que le Directoire veut leur imprimer dès aujourd’hui. Il veut que le lord Malmesbury, voyant arriver d’autres hommes, s’aperçoive aussi qu’ils sont dirigés par d’autres principes : qu’en mettant fin aux tâtonnements, on parle clair et que l’on finisse.

Il était tout simple qu’observant notre situation intérieure, le cabinet de Londres traînât les négociations en longueur et voulût tout attendre du temps : il était simple aussi qu’il crût que la victoire allait se décider pour le parti royaliste, l’espérance de la contre-révolution n’ayant jamais abandonné les puissances coalisées.

C’est donc dès le premier moment de la victoire remportée par la République dans son propre sein, qu’il faut montrer à l’ennemi extérieur que c’est lui qui a été vaincu.

Il n’y a pas de sûreté à négocier longuement avec un cabinet étranger qui conspirait jusque dans le Corps législatif, et, sans doute, il ne doit pas s’attendre, après que ses trames ont été déjouées, à de meilleures conditions que celles qu’on lui offrait auparavant.

Le Directoire veut donc, Citoyens, que, regardant les pourparlers qui ont eu lieu jusqu’à ce jour comme non avenus, vous repreniez les instructions données à vos prédécesseurs le 8 messidor. En conséquence, vous exigerez, avant tout, que l’Angleterre souscrive aux deux points préliminaires qui concernent la restitution des vaisseaux pris à Toulon et la renonciation du Roi de la Grande-Bretagne au titre de roi de France et de Corse, l’autre point préliminaire relatif à la négociation séparée étant actuellement convenu.

L’article des restitutions à faire à la France exigées par la Constitution et les lois de la République, étant accordé par l’Angleterre, vous n’en parlerez que comme d’une chose faite sur laquelle il n’est pas permis de revenir.

Mais il est d’autres objets compris dans les instructions et sur lesquels vous insisterez. Tels sont l’abandon de l’hypothèse sur la ci-devant Belgique, la cession de Jersey et de Guernesey. Le Directoire n’entend pas se départir de la première de ces conditions ; il ne tient pas si rigoureusement à l’autre, quoique jamais le temps ne lui fut plus favorable pour l’obtenir. Vous pouvez, au reste, montrer quelque facilité à comprendre dans le traité les possessions du Roi d’Angleterre en Allemagne, bien qu’il ne s’agisse ici que d’une paix maritime.

Rien assurément n’est changé aux articles qui portent la cession du nord de l’île de Terre-Neuve, depuis le cap Buena-Vista jusqu’au cap Vaye, et la liberté de la pêcherie sédentaire et errante.

Quant aux Indes orientales, indépendamment de la restitution des conquêtes faites sur la République et qui est convenue par l’Angleterre, vous obtiendrez que la France soit remise dans cette partie du monde, telle qu’elle y était en 1754 ; mais le Directoire ne regarde pas cette condition comme étant sine qua non ; il ne tient pas non plus avec une extrême rigueur, à ce que l’art. II du traité de 1783, concernant la traite de la gomme sur les côtes d’Afrique, soit annulé ; mais il a trop haute opinion de votre patriotisme pour ne pas croire que vous saurez mettre en avant ces questions pour peu que le succès soit probable. En général, vous aurez à suivre, comme thermomètre, la situation intérieure de la Grande-Bretagne, pour hausser vos demandes ou laisser tomber celles sur lesquelles le Directoire n’insiste pas absolument.

Le dernier article de vos instructions qui concerne immédiatement les intérêts de la République, est celui par lequel il vous est enjoint de stipuler qu’aucune des parties contractantes ne pourra s’opposer l’exécution des stipulations territoriales et commerciales que chacune d’elles a faites ou pourrait faire avec toute autre puissance. Ce point ne sera pas difficile à obtenir, l’Angleterre ayant la première porté atteinte à ce qui avait été réglé à cet égard, à Utrecht, entre les puissances contractantes.

Le Directoire traitant pour la France, conformément à la Constitution et aux lois de la République, est obligé également de négocier pour ses alliés aux termes des traités qu’il a faits avec eux.

Celui qui le lie avec l’Espagne ne porte que sur la stipulation de traiter d’un commun accord et de telle manière, que chacune des parties contractantes obtienne la satisfaction qui lui sera due.

D’après cet engagement, l’Espagne ne peut guère s’attendre qu’à obtenir le statu quo ante bellum ; mais comme la restitution de Gibraltar est pour nous un point de la plus haute importance, et qu’elle fermera la Méditerranée à l’Angleterre, vous n’oublierez rien pour l’obtenir si les circonstances sont favorables.

Nos engagements avec la République batave sont plus positifs. L’article 6, séparé et secret, du traité d’alliance, porte la garantie des possessions respectives des deux puissances dans les deux Indes et sur les côtes d’Afrique. Il y est dit expressément que vous ne vous en relâcherez point sans des ordres précis du Directoire. Et si, par une demande directe ou de simples insinuations, on voulait vous conduire à quelque altération de ce point, vous saurez répondre qu’on a jamais pu regarder comme de véritables conquêtes ces possessions hollandaises, que la déloyauté et non le droit de la guerre a livrées aux Anglais, car ils n’imagineront pas sans doute que le Directoire ignore qu’elles ont passé entre leurs mains par l’ordre positif d’une autorité qui n’existait déjà plus à cette époque.

Du reste, Citoyens, vous observerez strictement les autres articles portés dans vos instructions, relativement à la remise en dépôt de Gibraltar et des îles de Jersey, Guernesey, Aurigny, etc., ainsi que l’article relatif à la loi du 10 brumaire, jusqu’à l’entière exécution du traité.

En vous remettant sous les yeux les principaux articles des diverses instructions données à vos prédécesseurs, le Directoire espère, Citoyens, que par votre zèle et votre fermeté vous amènerez à un heureux terme une négociation entreprise dans des temps difficiles et dont vous êtes chargés dans des circonstances plus heureuses.



CH. MAU. TALLEYRAND



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TIRE DU LIVRE DE G. PALLAIN LE MINISTERE DE TALLEYRAND SOUS LE DIRECTOIRE










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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