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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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ARTICLE

DU JOURNAL POLITIQUE ET LITTERAIRE

DE TOULOUSE ET DE LA HAUTE GARONNE

N° 126

DU LUNDI 8 SEPTEMBRE 1834





On lit dans la Revue des deux Mondes :

M. de Talleyrand résumait, il y a peu de jours, en ces termes, une longue conversation qui venait d’avoir lieu devant lui sur la situation de l’Europe : « La paix ne sera pas troublée. Les étrangers ne peuvent bouger, la France ne peut non plus. Il y aurait une invasion de barbares comme au IVe siècle, que la paix serait encore maintenue ; on trouverait moyen de s’arranger avec eux. » Mais tout en nourrissant cet espoir de paix, M. de Talleyrand ne reste pas inactif. M. de Talleyrand n’est pas un de ces hommes qui s’en reposent sur la providence du soin d’arranger leurs affaires et celles des états. Son retour se lie, comme nous l’avons dit, à deux questions importantes, les affaires d’Espagne et celles d’Orient ; mais ce qui a surtout déterminé M. de Talleyrand à venir conférer directement à Paris, non pas avec le ministère, car nous doutons qu’il existe un ministère, mais avec le roi, c’est l’inquiétude réelle que lui cause la situation de l’Angleterre. On sait que l’alliance anglaise a été le rêve de toute la vie politique de M. de Talleyrand, qui, pour des yeux clairvoyants, n’a jamais été vacillante comme on le croit. La première fois que M. de Talleyrand occupa le ministère des affaires étrangères, il s’appliquait déjà à mettre cette idée en pratique ; et ce fut à l’occasion de l’Angleterre qu’eut lieu sa retraite, et ensuite sa rupture avec Bonaparte.

Une seconde fois M. de Talleyrand rompit avec un gouvernement qu’il avait élevé et soutenu, nous parlons ici du gouvernement de la restauration, que M. de Talleyrand abandonna ostensiblement dans la chambre des pairs, à l’époque où M. de Villèle se tourna vers le nord et délaissa M. Canning pour se vouer corps et âme à l’alliance russe. M. de Talleyrand a marché quarante ans sans relâche vers ce but où il croyait voir la prospérité de la France, qu’en homme d’esprit il ne se sépare jamais de sa prospérité particulière ; il s’est dirigé vers ce point avec une persévérance inouïe, usant de tous les moyens, employant avec la sagacité et la profondeur qui lui sont propres toute l’influence dont il dispose en Europe, l’immense pouvoir que lui donnent ses relations avec les souverains et les ministres de tous les états, renversant avec patience et souvent avec courage tous les obstacles qu’il rencontrait sur son chemin, et ne s’arrêtant pas même quand l’un de ces obstacles se trouvait être un trône au pied duquel il avait prêté serment. C’est ainsi que M. de Talleyrand a continué paisiblement sa route, d’un pied lent mais sûr, pede claudo, comme on l’a dit de la vengeance, et qu’il a passé tour à tour sur l’empire et sur la restauration. Il eût passé au besoin sur la royauté des barricades, s’il eût fallu renoncer pour elle à son système favori. Cette fois M. de Talleyrand était au terme de son voyage ; il a jeté l’ancre et s’est assis sur le rivage, non pas épuisé, à quatre vingt ans, par la tâche qu’il venait d’accomplir, mais glorieux d’être arrivé, comme le vieil Argonante qui se réjouissait de toucher avant sa mort la terre que ses yeux avaient cherchée pendant si longtemps.

M. de Talleyrand est venu confirmer par des preuves certaines un fait dont on se doutait bien aux Tuileries. C’est que Don Carlos n’agit, dans l’étroite sphère où il est encore enfermé, que d’après les instructions des trois puissances, qui ont près de lui des représentants, parmi lesquels on compte un homme reconnu pour fort habile, et un ancien aide-de-camp de l’empereur de Russie. Quant aux secours matériels, des bâtiments russes, autrichiens et hollandais croisent en vue des ports d’Espagne d’où l’on espère que don Carlos pourra communiquer avec le continent ; ces navires portent des hommes, des munitions, des armes. De nouveaux convois se préparent en toute hâte dans le Texel et dans l’Adriatique. Les tories travaillent aussi avec zèle à seconder le prétendant, et si la France et l’Angleterre ne prennent un parti prompt et décisif, il faudra peut-être, dans quelques mois, en venir à une grande démonstration des deux puissances et à une guerre d’intervention qui compromettrait fort cette paix européenne que M. de Talleyrand garantissait il y a peu de jours, avec tant d’assurance.

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COLLECTION PHILIPPE MAILLARD









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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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