Optimisé pour
Espace de téléchargement





TALLEYRAND D'APRES GERARD




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










ARTICLE

DU JOURNAL POLITIQUE ET LITTERAIRE

DE TOULOUSE ET DE LA HAUTE GARONNE

N° 121

DU VENDREDI 29 AOUT 1834





On lit dans le National de 1834 :

Que vient faire M. de Talleyrand à Paris ? Retournera-t-il à Londres ? Deviendra-t-il président du conseil ? Est-ce M. Thiers qui l’appelle à son aide, ou bien vient-il au secours de plus augustes embarras ? Apporte-t-il le traité de la quadruple alliance revu et corrigé ? Vient-il décider l’intervention ou préparer la restauration de don Carlos ? Est-ce un renfort pour la cour et le ministère dans la lutte que lui prépare la virilité outragée du tiers-parti ? Ces questions courent les salons ministériels et les journaux ; et circuleront probablement demain à la bourse, si toutefois la rente espagnole permet d’y parler de M. de Talleyrand.

M. de Talleyrand a les mœurs anglaises ; il est venu de si bonne heure dans ce pays, il a été si bien choyé, qu’il en observe scrupuleusement tous les usages. Or, à cette époque de l’année, personne ne reste à Londres, les gens que leurs affaires y retiennent se font celer, ou ne sortent qu’à la nuit pour qu’on les croit absents. M. de Talleyrand n’a point de terre de l’autre côté du détroit, à son âge, les parties de campagne et l’hospitalité des autres fatiguent ; M. de Talleyrand vient donc en France pour aller à Rochecotte ou à Valençay, comme le duc de Bedford va à Woburn-Abbey. Voilà du moins comme les intimes de M. de Talleyrand parlent de son voyage. Il y a du vrai dans cette version de toute la diplomatie ; mais ce vrai, c’est le moindre coté de la question.

M. de Talleyrand, tout en ayant l’air de traverser Paris, n’est pas fâché de se montrer aux héritiers politiques, qui, de son vivant, songent à son ambassade, et de leur prouver qu’il leur faut encore longtemps à attendre. Ce n’est qu’une satisfaction de malin vieillard ; car, en dépit de l’intrigue qui veut envoyer à Londres M. de Broglie, M. de Talleyrand est bien sûr que la royauté le gardera tant qu’il voudra bien lui faire l’honneur de la représenter.

M. de Talleyrand restera quelques jours à Paris ; il y recevra des visites dont son bon goût pourrait se scandaliser, si sa première vertu n’était l’impassibilité, et s’il n’avait pas pour la mauvaise compagnie cette indulgence insolente que donne l’habitude de la bonne société.

M. Thiers lui contera ses douleurs, tout ce qu’il souffre au conseil, à la chambre et à la cour. M. Thiers lui demandera de très bonne foi quelques avis sur sa conduite à venir, car M. Thiers, malgré tout ce que l’on a dit de sa rouerie, a encore des croyances d’une naïveté enfantine ; il croit aux mérites de la police, aux prestiges des dynasties. M. Thiers, qui a toujours besoin de quelque vieille renommée pour protéger sa jeune gloire, qui, après avoir exploité M. le maréchal Soult, use aujourd’hui l’honnête homme du conseil, ne serait pas fâché de grandir sous l’aile de M. de Talleyrand, de pouvoir dire : J’ai parlé à la chambre pour deux maréchaux, deux amiraux, et maintenant je parle pour l’homme de France qui a le mieux causé. Mais M. de Talleyrand ne sera pas plus le premier ministre de Louis-Philippe, qu’il ne l’eût été de Louis XVIII, s’il n’eût livré Paris et si l’empereur Alexandre et le duc de Wellington ne l’eussent tour à tour imposé. Pour un homme aussi national que M. de Talleyrand, ce doit être chose pénible que le souvenir de ce qu’il doit aux étrangers ; ce fut Mme de Staël qui le donna au directoire, et l’invasion qui le réconcilia avec les Bourbons.

******************************************


COLLECTION PHILIPPE MAILLARD









RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement