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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 7 JANVIER 1807

SUR LES ULTIMATA DU DEY D'ALGER

ENVERS LE CONSUL DE FRANCE



N° 254

7 janvier 1807

Monseigneur, mes deux dernières dépêches sont des derniers jours de décembre, N° 251 et N° 252 (voyez la note N°252) autant que je puis me rappeler ; car, menacé, à chaque instant, d’être chargé de chaînes, je n’ai pas sous les yeux ma correspondance que j’ai dû mettre en sûreté.

La première de ces lettres a été expédiée par un bâtiment parti pour Marseille, et la seconde par une frégate américaine qui a fait voile pour Tunis.

Par celle-ci j’avais l’honneur d’annoncer à Votre Altesse Sérénissime, ainsi qu’à Son Excellence le ministre de la Marine, la sortie prochaine de trois frégates algériennes, que les uns prétendaient être destinées à croiser à croiser sur Tunis, et les autres à faire la course sur les côtes de France et d’Italie.

Par ma première dépêche, j’avais l’honneur de vous informer qu’on exigeait de M. Fraissinet, consul de Hollande, 40 000 piastres fortes pour les redevances de deux années, quoique la seconde ne soit exigible qu’au mois d’avril prochain. M. Fraissinet, prêt à être mis à la chaîne, a obtenu avec beaucoup de peine, et en faisant des présents trois mois pour écrire à son gouvernement.

J’avais également l’honneur de marquer à Votre Altesse Sérénissime que le Dey m’avait fait signifier que M. Blankney, nouvel agent d’Angleterre, lui avait offert 40 000 piastres fortes de redevances annuelles – Nous n’en payons que 18 000 et quelques cents --, des présents aux Grands, à tous les employés du palais et de la marine, au Bey de Constantine et au divan de Bône pour obtenir le droit de la pêche du corail et nos concessions en Afrique ; que ce prince m’avait fait dire en même temps, qu’il me donnerait la préférence, assez singulière pourtant, puisqu’il exigeait que j’augmentasse le prix des redevances offertes par les anglais ; que j’eusse à me déterminer sur le champ, et que je passasse, sur les registres de la Régence, une soumission au nom de mon gouvernement. J’avais répondu que le droit de la pêche du corail et les concessions faites à la France en Afrique nous appartenaient en vertu des capitulations solennelles passées entre les empereurs de France et le Grand Seigneur, ratifiées par tous les Pachas et Deys qui avaient gouverné Alger, et dernièrement par lui-même ; que des lismes, en conséquence, avaient été fixées ; qu’il ne m’était pas possible d’y donner la plus légère augmentation que de consentir la cession d’une propriété consacrée par les conventions peut-être les plus solennelles qui existent parmi les nations ; qu’à mon souverain seul appartenait le droit de changer les traités, qui étaient ma loi, et que je protestais contre toute atteinte qui pourrait lui être portée. Voyant que le prince n’avait aucun égard à ces raisons, je pris le parti de déclarer que, si on persistait dans une mesure violatrice de tous nos droits, consacrés par une possession constante de plus de 200 ans, je réclamais au moins un délai pour écrire à ma cour. Après bien des explications, ce délai me fut accordé. Ma lettre qui vous fournissait ces détails partit sur le champ.

Quelle fut ma surprise, 3 ou 4 jours après, c’est-à-dire, le 2 de ce mois, de recevoir un nouveau message du Dey par l’organe de mon drogman, qui me signifie de sa part que la pêche du corail et les concessions d’Afrique ne nous appartenaient plus ; qu’il les avait accordées au roi d’Angleterre moyennant 50 000 piastres fortes de redevances annuelles ; que j’eusse à retirer tous les effets qui se trouvaient dans la maison et les magasins de Bône, et à en livrer les clés. Le Dey me fit sommer, en même temps, de lui déclarer si, comme une lettre paraissait l’annoncer, il était vrai que l’empereur de France lui eût déclaré la guerre.

J’étais, depuis deux jours, retenu au lit par une fièvre assez violente, lorsque mon drogman vint me rendre ce message. J’avouerai à Votre Altesse Sérénissime qu’il me fut impossible de retenir toute mon indignation.

« Rendez grâce au ciel, dis-je, que l’éloignement dans lequel se trouve mon puissant souverain ne lui ait pas encore permis de connaitre tous les attentats que vous vous êtes permis envers son auguste personne et ses sujets depuis 3 mois ; mais je les ai comptés, et je vais ajouter celui-ci à une liste déjà trop nombreuse. Quoi ! Il aurait fait la loi à tous ses ennemis, détruit, en quelques moments, les armées les plus formidables du monde, et il souffrirait, aux portes de son empire, les algériens déchirer ses pavillons, fouler aux pieds ses traités, enchaîner ses sujets, insulter ses agents, violer leurs asiles, et se jouer de tout ce qui a été respecté même à Alger jusqu’à ce jour ! Non, non, il ne le souffrira pas. J’ignore, si, comme on prétend le savoir, il a déclaré la guerre à la Régence ; mais que signifie, au surplus, cette demande ? N’y a-t-il pas plus de quatre mois que la Régence la fait très activement à la France ? Quant à la maison et aux magasins de Bône qu’on réclame de moi, ils sont notre propriété : le terrain a été acheté moyennant une redevance annuelle de 78 pats de Constantine que nous payons à la Mecque, et quelques légères aumônes, que nous avons toujours acquitté chaque vendredi ; la maison et les magasins ont été construits par nous et à nos frais. Je refuse de les livrer, et je mets sur la responsabilité de la Régence les effets qui s’y trouvent et que j’évalue au-delà de 100 000 piastres fortes.

Je demandai à mon drogman si, lorsque, dans les derniers jours de décembre, j’avais obtenu le délai nécessaire pour écrire à ma cour, c’était du Dey même qu’il avait obtenu le terme d’un mois à 40 jours. »

Le drogman me répondit que oui.

« Et aujourd’hui, ajoutai-je, sans me prévenir, au mépris de ses promesses et des égards qu’il doit à l’empereur de France, il livre nos concessions aux anglais.

C’est, me répondit le drogman qu’il a appris que l’empereur de France lui a déclaré la guerre. »

J’interpellai ensuite mon drogman de me déclarer si les paroles qu’il m’apportait en ce moment étaient celles du prince ou les rapports de ses interprètes.

Il me répondit que c’était les paroles du Dey lui-même, qui l’avait fait appeler, et auquel il avait parlé directement.

Je chargeai mon drogman de rendre au Dey tous les détails, que je ne consigne ici que très sommairement ; ce à quoi il ne manqua pas. Quelques moments après, il m’annonça que le prince avait dit que je pouvais disposer comme bon me semblerait de la maison de Bône et des magasins, mais que j’eusse à les vider le plus prochainement possible.

Il n’existe dans les archives de ce consulat aucun traité antérieur au bombardement qui eut lieu sous Louis XIV ; mais ceux qui ont été faits postérieurement les rappellent de la manière la plus précise, et ne laisse aucun doute sur la cession à perpétuité à la France de la pêche du corail et des concessions qui nous ont été faites en Afrique sous Henri IV par le sultan Akhmet, à la condition que les capitulations seraient renouvelées tous les cents ans. Non seulement c’est ce qui a été fait, mais tous les Pachas, Deys et gouverneurs qui se sont succédés à Alger les ont ratifiés à leur avènement au trône.

Le traité de 1694 s’exprime ainsi :

« Entre les très illustres et magnifiques Seigneur, Dey, Divan et milice des villes et royaume d’Alger et la compagnie des français nommés et avoués pour la pêche du corail et commerce du Bastion de France :

Au nom de Dieu le créateur, à tous présents et avenir soit notoire que, comme les capitulations faites en 1604 entre les empereurs Henri IV et le sultan Akhmet auraient acquis aux français nommés et avoués de leurs princes le droit du commerce de la pêche du corail aux côtes de Barbarie, et particulièrement dans le royaume d’Alger, où les puissances leur auraient permis de s’établir tant au Bastion de France qu’aux places de sa dépendance ; le sieur Annet Caisel, faisant pour Pierre Hely, en exécution du traité de paix fait en dernier lieu entre le très haut , très puissant et très invincible empereur de France et les dites puissances, se serait présenté à nous pour le rétablissement du dit commerce et pêche du corail dans toutes les dites places etc… etc… et après avoir justifié de ses pouvoirs, que nous avons reconnus pour suffisants, il aurait stipulé et accepté pour Pierre Hely et la compagnie les articles qui suivent :

Article premier

Nous déclarons Pierre Hely et sa compagnie, nommés et avoués de l’empereur de France pour la pêche du corail et autres négoces propriétaire incommutable des dites places du Bastion de France, la Calle, Cap de Rose, Bône et autres places en dépendant, excluant, dès à présent et à toujours toutes autres personnes d’y prétendre, ni d’y faire aucune commerce sans aveu et permission expresse.

Suivent les articles réglementaires. »

Ce traité est signé du Dey Mustapha Pacha, du Mufti, du Câdi des turcs, de celui des Maures, de l’Agha de la milice, des gens de loi, de justice et de guerre et du sieur Caisel.

Ce traité a été reconnu, renouvelé et confirmé dans les mêmes termes en 1768 sous le règne de Mohammed Pacha.

Enfin, à la suite de la dernière guerre, je signai le 7 nivôse an X [28 décembre 1801], en vertu des pleins pouvoirs du premier Consul, un traité dont l’art. III s’exprime ainsi :

« La Régence d’Alger restitue à la République française les concessions d’Afrique de la même manière et aux mêmes conditions que la France en jouissait avant la rupture. »

Ces différents traités ont été reconnus, signés et ratifiés par le Dey actuel.

M. Cartwright, consul d’Angleterre, ainsi que j’ai eu l’honneur de vous en rendre compte dans le temps, avait remué ciel et terre pour obtenir la concession de Bône et d’Oran ; le gouvernement de Gibraltar même, à l’effet de favoriser ses démarches, avait fait des dépenses énormes pour protéger et approvisionner Oran lorsqu’elle était assiégée par les rebelles et bloquée par les portugais. Mais, avec de légers sacrifices, j’avais déjoué toutes ses mesures, et, pour les 40 ou 50 000 piastres fortes qu’il réclamait en indemnité des dépenses faites pour soutenir Oran, il n’avait pu obtenir que la liberté de 25 maltais. Mais le nouvel agent anglais est arrivé avec des moyens trop puissants pour qu’avec l’ignorance et le système étrange de rapine qui dominent les chefs et les meneurs de la Régence, il m’eût été possible de m’opposer au succès de ses démarches.

Le délai que j’avais obtenu, en faisant jouer des ressorts assez singuliers, l’avait entièrement dérouté ; mais il lança de suite Escudero au palais et à la marine avec de l’argent, de nouveaux présents et mille fausses nouvelles, et les meneurs, particulièrement le ministre de la Marine, le plus mortel ennemi des français, déterminèrent le prince à violer, et les égards qu’il doit au plus puissant des souverains, et la parole, qu’il venait de me donner, de m’accorder le temps nécessaire pour écrire à ma cour, et la foi due aux traités les plus solennels.

Tels sont, Monseigneur, les nouveaux attentats que je m’empresse de dénoncer à Votre Altesse Sérénissime, afin qu’Elle puisse prendre les mesures qu’ils doivent nécessiter. Il n’y a plus moyen de traiter ici, le prince étant devenu invisible pour tous les consuls ; et c’est avec les meneurs qu’il faut négocier, et les meilleures raisons, exposées dans le secours des sequins, sont pitoyables.

Le 5 de ce mois, l’anglo-espagnol Escudero, revêtu d’un uniforme anglais, a fait voile sur une frégate algérienne. Le Raïs a reçu l’ordre de l’installer à Bône, et, dit-on, malgré les réponses qui m’ont été faites par le Dey, de lui faire livrer la maison et les magasins français.

Le port d’Alger est devenu le repaire de tous les corsaires de Gibraltar et de Malte. Ils viennent d’y conduire le brick français l’Etoile, assez richement chargé, destiné pour la Martinique, commandé par le capitaine Mordeille, et parti de Marseille dans les premiers jours de décembre. Il a été pris, dit-on, sous un des forts de Mahon, qui n’a pas tiré un coup de canon pour le défendre. Le consul anglais, qui veut jouer l’homme à procédés, m’a envoyé toutes les lettres ; il y en a de trois à quatre cents. Veuillez bien m’indiquer l’usage que j’en dois faire. J’en écris, au surplus, à Son Excellence le ministre de la Marine et des Colonies. L’équipage de l’Etoile s’est sauvé à terre, un homme excepté, atteint d’un coup de fusil, et qu’on refuse de me rendre.

Daignez….

P. S. — M. Devoize avait remis plusieurs lettres pour moi à un capitaine grec, qui a mouillé à Tunis ; la Régence les a encore fait saisir.

Deux frégates algériennes, dont l’une a porté à Bône l’anglo-espagnol Escudero, sont sortis le 5 de ce mois ; elles sont, dit-on, destinées à bloquer Tunis. Une troisième doit faire voile incessamment. L’expédition contre Tunis parait irrévocablement fixée au mois de mars ; le Bey de Constantine est déjà en mouvement.

Du 14 le port est toujours fermé ; ne pouvant prévoir l’époque à laquelle il doit s’ouvrir, j’expédie cette lettre voie d’Oran.

Un négociant de Marseille mandait, dit-on, à son correspondant de la Martinique que la France était en guerre avec Alger. La lettre saisie sur le brick l’Etoile, a été communiquée au Dey par l’agent anglais.

Une autre lettre, écrite d’Oran à celui-ci, a annoncé que, par un bâtiment nouvellement arrivé de Carthagène, on avait appris que la cour de Madrid avait ordonné un séquestre sur tous les bâtiments algériens qui paraitraient dans ses ports. M. l’agent britannique, en serviteur fidèle de la Régence, s’est encore empressé de communiquer officiellement cette nouvelle au Dey.

Grande colère au palais : il ne s’agissait rien de moins, dans les premiers moments, que d’ordonner tous les préparatifs de défense sur la côte et dans les forts ; de me charger de chaînes avec tous les français, et de nous envoyer porter des pierres à la montagne. On a cependant réfléchi qu’avant de prendre de pareilles mesures, il était prudent d’attendre la confirmation de ces nouvelles.

D’après ces nouvelles, anglaises il est vrai, mais qui sont trouvées conformes à d’autres bruits sortis de Tunis, il passe pour constant ici que Sa Majesté l’empereur des français, usant de représailles, avait ordonné une séquestre sur tous les bâtiments et propriétés d’Alger dans tous les ports de France, de Hollande et d’Italie, à Livourne surtout, et qu’aucun objet d’exportation, jusqu’à nouvel ordre, n’en sortirait pour le royaume d’Alger. Je n’ai sur ces nouvelles, aucune espèce d’avis.

Cette mesure, redoutée de tout Alger, et au palais même, qui parait ne rien craindre, minerait, en six mois, le pays, et conduirait infailliblement à une révolution. Des sommes considérables ont été envoyées, par les meneurs mêmes, en Hollande, à Marseille, mais surtout à Livourne, où est le grand trafic des Maures et des juifs. Si ces retours n’ont pas lieu, le pays, sous quelques mois, va manquer de tout.

Vous vous convaincrez, Monseigneur, que je ne suis pas dans le meilleur des mondes possibles, auprès d’un gouvernement ignorant, hautain, fanatique, sanguinaire, avec lequel il est devenu impossible de traiter ; mais je supplie Votre Altesse Sérénissime d’être persuadée que le courage, uni à la prudence que les circonstances commandent, ne m’abandonnera dans aucun moment. J’ajouterai même que, quelques soient les dangers qui m’environnent, je me trouve trop heureux de servir Sa Majesté au milieu de pareils événements, qui ne peuvent tourner qu’à sa gloire, au profit de l’humanité et à l’humiliation de ses impitoyables ennemis.

Quelques personnes qui approchent le prince, même de ses parents, cherchent, dans les dernières fêtes du Beïram, à favoriser un rapprochement entre lui et moi. Je répondis aux invitations qui me furent faites à cet égard que, n’ayant jamais eu d’autre désir que d’entretenir la bonne intelligence entre les deux gouvernements, on me trouvait toujours prêt à faire, pour la maintenir, tout ce qui serait compatible avec l’honneur et la dignité de mon puissant souverain. Mais, quelques jours après, on me fit dire que je devais oublier les événements passés et surtout ne pas parler de l’affaire de Bône. Je répondis que, quelque disposé que je fusse à faire tout ce qui pourrait être agréable au prince, je ne pouvais prendre l’engagement de ne pas revenir sur cette affaire, parce qu’il n’était pas en mon pouvoir de transiger sur la liberté des français, et la violation des articles les plus importants de nos traités. On ne m’a pas reparlé depuis ; mais les craintes qu’on s’efforce de dissimuler, gagnent tous les esprits.

Dubois Thainville.




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Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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