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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 20 AOUT 1806

SUR LE SORT

DES BATIMENTS NAPOLITAINS



N° 238

20 août 1806.

Monseigneur, j’ai l’honneur d’adresser à Votre Excellence le duplicata de mes dernières dépêches, expédiées par un bâtiment marocain qui a fait voile pour Marseille le 13 de ce mois, après avoir éprouvé toutes les tracasseries de la part de la Régence, qui voulait le retenir.

Point de nouvelles de Bône, où l’on assure qu’Escudero est arrivé. Deux corsaires anglais, qui ont mouillé ici, l’ont suivi de près. Voici ce qu’un français me mande de cette ville :

« Vous serez instruit à cette heure, monsieur le chargé d’affaires, de la manière dont Schiaffino a été pris. Il est indispensable que le Bey donne les ordres les plus précis pour porter le plus prompt remède à la coupable apathie de ses délégués, sans quoi il est impossible de rester ici. Ce mouillage est un repaire de tous les bandits auxquels les anglais donnent leur pavillon pour commettre toutes sortes de pillages. »

Depuis deux ans, Monseigneur, je ne cesse de m’élever, auprès de l’ancien comme du nouveau gouvernement, contre des brigandages tels qu’on pourrait dire que ce sont plutôt les anglais que nous qui exploitent la concession de Bône. Au moment où j’avais déterminé le prince à y mettre fin, ses entours, gagnés par des présents, sont parvenus à faire renvoyer l’agent britannique à son poste, et à me fermer les portes du palais. C’est une intrigue qui retombera bientôt sur la tête de ses auteurs. Il me revient de toutes parts qu’ils redoutent déjà une entrevue entre le Dey et moi, et l’on a le plus grand soin de ne pas même laisser approcher mon drogman de lui.

Hier un corsaire mit à la voile. J’aperçus au mât de beaupré le pavillon napolitain renversé. C’est le signe ordinaire des Raïs pour annoncer que la course est dirigée contre des bâtiments de l’état avec lequel ils sont en guerre.

J’envoyai de suite mon drogman chez le Dey ; il ne put entrer. Celui du palais exigea qu’il lui communiquât l’objet de sa mission. Mon drogman lui dit qu’il était envoyé par moi pour annoncer au Dey, ainsi que je l’avais déjà fait à la marine, que Son Altesse Impériale le prince Joseph était couronné roi de Naples, et que Sa Majesté l’empereur de France entendait que les bâtiments napolitains fussent respectés. Le drogman du palais monta chez le Dey, et revint, un instant après, rapporter au mien la réponse de ce prince, qui s’était borné à dire, selon du moins qu’on l’a fait parler, qu’il n’avait reçu aucune lettre de l’empereur qui lui annonçât de pareilles dispositions.

Ainsi, j’ose encore le rappeler, à Votre Excellence, si un semblable système pouvait s’établir ici, l’agent du plus puissant monarque de la terre serait bientôt soumis aux derniers valets du palais, et ce ne seraient plus que leurs paroles et non celles du prince que j’aurais à vous transmettre.

Daignez….

P. S.

L’Agha a fait couper 700 têtes dans les montagnes soulevées. De son côté le Bey d’Oran en a fait couper 250. Ces dernières sont exposées depuis ce matin à la porte de Bab-Azoun.

Un cutter de l’état, commandé par le lieutenant de vaisseau Bourdé, s’était rendu devant Bône pour y protéger la pêche du corail ; mais il a trouvé dans le port trois gros corsaires anglais, et l’inégalité de ses forces l’a obligé de remettre à la voile pour Toulon.

Un schooner algérien, qui a passé le détroit, a fait dans l’océan des prises considérables sur les portugais, et les a conduites à Tanger.

En ce moment même, les officiers et prêtres portugais viennent d’être enchaînés deux à deux, et livrés aux travaux les plus horribles. Le motif de cette mesure est, dit-on, la justice faite à Lisbonne de plusieurs maures coupables d’assassinat.

Dubois Thainville.




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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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