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CADN 22PO/1/37




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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 7 JUILLET 1806

SUR L'OPERATION CONTRE TUNIS



N° 235

7 juillet 1806.

Monseigneur, j’ai eu l’honneur de vous mander, par ma lettre d’hier expédiée par duplicata voies de Marseille et de Barcelone, que le Dey d’Alger a déterminé une expédition contre Tunis. L’Agha (commandant de la milice) homme très audacieux, est parti avec un camp considérable, auquel doivent se réunir sur sa route de nombreux corps de cavalerie et d’infanterie. J’ai exposé ce matin au Dey que, lors de la dernière expédition contre Tunis, qui eut lieu en 1755 par le Dey Ali, la maison consulaire et le fondouk français n’avaient point été respectés ; j’ai déclaré en conséquence, au nom de Sa Majesté l’empereur, que la plus légère insulte faite au consul général, à sa famille, aux français ; que toute atteinte portées à leurs propriétés seraient regardées comme une déclaration formelle de guerre. Le Dey m’a répondu qu’il avait prévenu mes désirs à cet égard, et qu’il avait donné à l’Agha les ordres par écrit les plus précis pour que les français fussent respectés, et que je ne devais concevoir aucune inquiétude à cet égard.

Les armements qui doivent porter des munitions de guerre à Bône, et se présenter devant Tunis, sont encore dans le port ; ils doivent mettre à la voile à tous les instants.

C’est, ainsi que j’ai eu l’honneur de vous le marquer, Mustafa, surnommé l’anglais, chassé dernièrement d’Alger, qui commande les troupes tunisiennes. Mustafa est un ennemi fanatique des français. C’est lui qui, en l’an 7, arrêta les agents de la compagnie d’Afrique, les traita de la manière la plus inhumaine, et détruisit le beau comptoir de la Calle.

Les opinions sont partagées sur le résultat de cette expédition : les uns prétendent que le Bey de Tunis sera abandonné par les turcs mécontents qui se réuniront aux algériens, et que le sac dont Tunis est menacé sera affreux ; d’autres pensent que les moyens de défense du Bey sont tels que les efforts de 80 000 algériens qui doivent l’attaquer seront inutiles. Le Dey d’Alger, pour condition de la paix, exige une somme considérable, et qu’on lui livre le Bey, Mustafa et son fils. C’est celui-ci qui commande à Kef, défilé fameux entre Constantine et Tunis.

Un événement assez remarquable lors de l’expédition de 1755 mérite d’être rapporté. Un renégat, qui, je crois, était génois, répondit au Bey de Tunis de défendre le défilé de Kef s’il lui donnait dix canons et le commandement de tous les esclaves chrétiens, qui obtiendraient leur liberté s’ils repoussaient l’ennemi. Le renégat détruisit les premières colonnes d’algériens qui se présentèrent ; mais un marabout exposa au prince que la religion ne permettait pas qu’on employât les bras des chrétiens contre les musulmans. Le Bey fut assez crédule pour se rendre à cette opinion ; les chrétiens furent remplacés par les tunisiens ; Kef fut forcé ; le prince et les principaux ministres eurent la tête ; Tunis éprouva le pillage et les massacres les plus affreux et tous les esclaves furent conduits à Alger. Il y en a près de cinq mille à Tunis.

Le Bey d’Oran a obtenu de nouveaux succès sur les rebelles. 700 têtes, dit-on, et 5 à 600 prisonniers sont envoyés ici.

Daignez…

P. S. du 13 – Le port a été fermé de nouveau jusqu’à ce jour ; il vient de s’ouvrir, et je n’ai qu’un instant pour expédier mes dépêches sur les deux bâtiments qui font voile, l’un pour Marseille, et l’autre pour Barcelone.

Un courrier est arrivé hier soir en toute diligence de Constantine. Plusieurs cheiks et grands personnages du royaume de Tunis ont écrit, dit-on, au Dey d’Alger. J’ignore encore les propositions qui ont été faites ; mais on assure que le courrier, qui a été de suite réexpédié, porte à l’Agha l’ordre d’arrêter la marche. Une polacre de guerre qui venait de sortir avec des munitions, a été rappelée par un coup de canon, et est rentré dans le port. Le Dey d’Alger, dit-on, persiste à demander que le Bey de Tunis, Mustafa et son fils lui soient livrés.

Dubois Thainville.




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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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