Optimisé pour
Espace de téléchargement







CADN 22PO/1/37




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 20 JUIN 1806

SUR LA LIBERATION DE DEUX ESCLAVES

SARDES NES DE PARENTS GENOIS



N° 231

Primata par le courrier parti le 28 juin pour Alicante.

Duplicata par le bâtiment algérien parti le 14 juillet pour Marseille.

20 juin 1806.

Monseigneur, par ma lettre du 17 mai, j’ai satisfait aux objets les plus importants des dépêches que Votre Excellence m’a fait l’honneur de m’adresser les 27 mars et 21 avril derniers ; j’ai encore à répondre à un article de celle du 12 avril.

Elle était accompagnée des certificats relatifs aux nommés Antonio Tagliafies et Augustin Pelloso, esclaves de cette Régence, que Monseigneur l’archichancelier de l’Empire vous a recommandés comme génois. Vous m’ordonnez en conséquence de faire tous mes efforts pour obtenir, le plus promptement possible, la relaxation de ces deux malheureux.

Votre Excellence sait que, depuis longtemps, un grand nombre de génois ont quitté la Ligurie et se sont établis et naturalisés en Sardaigne. Les pères de Tagliafies et Pelloso paraissent être dans ce cas, et leurs enfants, nés en Sardaigne, ne peuvent être considérés que comme sujets du prince qui gouverne cette île ; c’est même ce que les certificats expriment d’une manière assez précise : ils attestent bien que les pères sont nés génois ; mais ils ne disent pas que les enfants le soient. Les signataires des certificats, en se bornant à la simple déclaration qu’Antonio Tagliafies et Augustin Pelloso sont les fils, le premier de Charles Tagliafies, et le second de Joseph Pelloso, nés à la vérité en Ligurie, ont, au contraire, donné la preuve que les enfants ont pris naissance en Sardaigne, car, s’ils étaient nés génois, les certificats n’auraient pas manqué de l’exprimer. D’ailleurs ces attestations, signées par deux individus qui n’ont aucun caractère public, et qui ne prennent aucun titre, ont été délivrés en Sardaigne, puisque leurs signatures sont légalisées par l’agent français résidant en cette île. Votre Excellence jugera qu’il m’a été impossible, sans m’opposer à un refus, de réclamer les deux esclaves auxquels Monseigneur l’archichancelier a daigné s’intéresser, n’ayant à représenter que des pièces qui leur sont plutôt nuisibles qu’utiles.

Lorsque j’ai délivré les esclaves appartenant à la Ligurie, le grand écrivain de la Régence était lui-même esclave génois. Je réclamai de lui une note exacte de tous ses compatriotes, sous quelques pavillons qu’ils eussent été saisis. Il me remit celle, certifiée par lui, que j’ai eu l’honneur de vous adresser, en portant le nombre à 97. Tagliafies et Pelloso ne réclamèrent point. Je connais Tagliafies depuis longtemps ; il vient souvent chez moi ; il a toujours dit qu’il était sarde, né, à la vérité, de parents génois. Il m’a remis dernièrement une somme de 800 piastres fortes pour solliciter sa rançon, qui est bien éloignée de celle que le Dey exige, mais que j’espère pouvoir lui faire accepter lorsque je trouverai une occasion favorable. Tagliafies est un bon sujet auquel je prends personnellement beaucoup d’intérêt.

J’ai l’honneur de vous renvoyer les deux certificats qui ne peuvent m’être d’aucune utilité.

Daignez….

P. S. – Je n’ai jamais perdu de vue les réclamations pécuniaires de M. Bertrand ; mais vous savez, Monseigneur, que la famille Busnach est ruinée, et que celle de Bacri est journellement inquiétée par la Régence. Ils ont encore été mis dernièrement à la chaîne. MM. Bacri reconnaissent bien les créances de M. Bertrand ; mais ils se retranchent toujours dans la réponse que le gouvernement leur doit encore des sommes considérables, et qu’ils sont prêts à compenser celles qu’ils doivent à M. Bertrand sur les premiers fonds qui seront ordonnancés en leur faveur.

Dubois Thainville.




******************************************









RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement