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CADN 22PO/1/36




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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

EN DATE DU

8 BRUMAIRE AN XIV

[30 OCTOBRE 1805]

SUR LE PROBLEME DE LA POLACRE LA VICTOIRE



N° 210

8 brumaire an XIV [30 octobre 1805].

Monseigneur,

La polacre la Victoire, commandé par le capitaine Schiaffino aborda en ce port le 2 vendémiaire dernier [24 septembre]. Le Dey a prétendu que ce bâtiment appartenait à la Régence et que le S. Naftali Busnach, sous le nom duquel il naviguait, s’en était emparé par la prépotence qu’il avait obtenue sous le règne de son prédécesseur Mustafa. Après de longues explications, j’ai fait rendre au capitaine Schiaffino la moitié de la propriété de cette polacre qui a été mise à l’encan pour l’autre moitié adjugé au S. David Duran, chef de la nation juive. Je joins ici un acte passé dans la chancellerie de ce commissariat, explicatif de cette affaire.

Il est difficile de se persuader le peu d’ordre qui a toujours existé dans les relations commerciales de la maison Bacri et Busnach. A l’arrivée d’une prise, le S. Busnach, qui avait un empire absolu sur l’esprit du faible Mustafa, s’en emparait sans qu’elle eût été mise à l’encan, et sans prendre même d’arrangement avec la Régence ; il la confiait ordinairement à un capitaine génois ou napolitain, avec lequel souvent il n’avait aucune convention écrite, et il la faisait naviguer avec un passeport de la Régence. Au moment de son départ pour Marseille, le capitaine Schiaffino vint me déclarer que la polacre la Victoire, sortie d’Alger, il y a environ deux ans, sous le commandement de son frère, avait pris à Mahon des expéditions espagnoles, et qu’à la suite d’un procès entre le consul de S. M. C. à Marseille, et le S. Michel Busnach, frère de Naftali, il était intervenu une sentence du tribunal de commerce, qui avait adjugé en toute propriété la dite polacre dudit sieur Michel Busnach, qui avait reconnu que la moitié appartenait au capitaine Schiaffino ainsi du moins que celui-ci le déclare.

Il serait possible, d’après cela, que le sieur Michel Busnach réclamât cette polacre, ou au moins la moitié adjugée, par ordre du Dey, au sieur David Duram ; mais il me semble qu’il devra représenter l’acte originaire de cession ou de vente de la part de la Régence à feu Naftali, son frère, pour qu’il puisse faire valoir la sentence du tribunal de commerce de Marseille qui l’a envoyé en possession de la dite polacre.

J’avais d’abord insisté très vivement sur la restitution entière du bâtiment, en exposant au Dey, qu’après avoir fixé la somme énorme de 1200 m. piastres fortes, qu’il prétendait obtenir de la maison Busnach et Bacri, il n’était pas juste d’empêcher leur commerce et de s’emparer de leurs propriétés ; que c’était même un moyen de ne jamais pouvoir obtenir d’eux cette somme. Le Dey n’a écouté aucune de mes observations à cet égard, et il est resté inflexible dans sa décision. Le brick qui, depuis 5 ou 6 ans, servait de courrier à l’Espagne et qui naviguait sous le nom de Busnach, vient également d’être confisqué.

L’affaire de la polacre la Victoire est, on ne peut plus, embrouillée, et les détails que j’ai l’honneur de vous fournir peuvent être erronés, parce que je n’ai pu écrire que sur les dires du capitaine ; mais je dois informer Votre Excellence que, si cette polacre était arrêtée, je ne pourrais manquer d’éprouver beaucoup de désagréments de la part du Dey, qui croit m’avoir fait une grande faveur en cédant la moitié du bâtiment au capitaine Schiaffino, qui n’a pu représenter aucun titre, et qui, je présume, n’en a pas. Je dois également vous instruire que le beau-frère du Dey, drogman du palais, est intéressé avec le sieur Durand dans les expéditions régulières que doit faire cette polacre d’Alger en France pour y porter des cuirs, cires et laines.

J’ai cru devoir, Monseigneur, ajouter ces explications à celles de l’acte ci-joint, passé dans la chancellerie de ce commissariat, afin que Votre Excellence puisse faire donner à Marseille les ordres qu’elle jugera convenables.

Daignez…

Dubois Thainville.




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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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