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COLLECTION PHILIPPE MAILLARD




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L. S.

DE TALLEYRAND

AU

CITOYEN DUBOIS THAINVILLE

COMMISSAIRE GENERAL A ALGER

SUR LE BLOCUS DE TUNIS

EN DATE DU

11 JUIN 1814



Paris, le 11 juin 1814.

R/ le 6 juillet par le brick du roi [ ?]

Affaires étrangères.

Consulat.

Vous me rendez compte, Monsieur, par votre lettre du 7 mai dernier N° 96 de la sensation qu’a produite à Alger la nouvelle des heureux changements qui viennent de s’opérer en France.

Le Dey et tous les grands de la Régence ont appris avec une profonde satisfaction le retour de l’auguste famille des Bourbons, et ce prince a exprimé le vœu que les liaisons que nos rois ont dans tous les temps entretenues avec le Levant et la Barbarie devinssent à l’avenir plus étroits que jamais, et que le commerce rendu désormais à la liberté par le rétablissement de la paix en Europe, pût reprendre toute son activité.

Vous devez, Monsieur, vous appliquer avec un soin particulier à cultiver ces dispositions dont le maintien intéresse essentiellement le service du Roi à Alger et est surtout nécessaire pour amener un arrangement prompt et amiable en ce qui concerne les différends qui existent entre nous et la Régence.

Je vous prie de vous occuper à cet égard d’un travail général dans lequel vous comprendrez nos griefs contre la Régence, et les demandes qu’elle peut avoir elle-même à former contre nous ainsi que les répétitions pécuniaires des juifs. Il vous a été adressé le 15 mars dernier, un tableau qui présente en détail leur situation vis-à-vis du Trésor public. Vous avez dû en discuter avec eux les divers articles, en sorte qu’il doit vous être facile d’établir leurs réclamations d’une manière claire et positive. Vous proposerez ensuite les vues qui vous paraitront les plus propres à rétablir promptement la bonne harmonie, et sur chacune desquelles vous aurez eu soin de vous entendre avec la Régence, en faisant valoir autant qu’il sera possible, comme moyen de compensation de notre part, les facilités que les armements et les navigateurs algériens sont désormais assurés de trouver dans nos ports. J’examinerai ce travail aussitôt que vous me l’aurez envoyé, et je le soumettrai au Roi dont je vous ferai connaitre les ordres.

Le Dey a terminé l’audience qu’il vous a donné ainsi qu’au commandant de frégate Meynard, en vous prévenant que le blocus des ports de Tunis était maintenu, et vous a chargé de rappeler au gouvernement la notification qui en a dans le temps été faite à toutes les puissances.

Je viens d’en faire passer l’avis aux ministres secrétaires d’état de la marine et de l’intérieur, avec prière d’en faire donner connaissance aux navigateurs français dans nos ports sur la Méditerranée.

Il me parait toutefois convenable d’obtenir du Dey des explications sur la nature et le caractère de ce blocus.

Lorsqu’il nous fut notifié en 1811, plusieurs armements algériens avaient été expédiés pour aller stationner devant le port de Tunis, en sorte que le blocus était effectif.

Cette disposition existe-t-elle encore aujourd’hui, et le port de Tunis est-il assez étroitement resserré par une quantité suffisante d’armements algériens, pour qu’aucun bâtiment n’y puisse entrer sans s’exposer à un danger évident, sans passer en quelque sorte sous le feu des vaisseaux qui forment le blocus.

Car c’est ainsi et conformément aux lois de la guerre, aux principes et aux usages de l’Europe qu’il convient d’établir les règles du blocus. Quoique le droit conventionnel des nations n’offre rien de très positif à cet égard, cependant on remarque dans une convention passée en 1801 entre la cour de Londres et l’empereur de Russie, que pour déterminer ce qui caractérise un port bloqué, on n’accorde cette dénomination qu’à celui où il y a, par la disposition de la puissance qui l’attaque avec des vaisseaux arrêtés ou suffisamment proches, un danger évident d’entrer.

On a pu dans ces derniers temps chercher à introduire une doctrine différente, en prétendant qu’il suffisait de la simple déclaration du blocus d’un port, pour en constituer l’existence, mais, outre que cette doctrine est subversive de tous les principes, outre qu’elle attente à l’indépendance des nations et à la liberté des mers, elle est loin encore d’avoir été adoptée ; elle a au contraire trouvé partout des contradicteurs. Il nous importe essentiellement de ne point la laisser s’établir parmi les puissances barbaresques, de la part des quelles elle donnerait lieu à des abus sans nombre et intolérables.

Tout blocus doit exister de fait, et nous ne pouvons considérer les ports de Tunis comme bloqués, qu’autant qu’ils seront resserrés par les armements algériens de manière que l’entrée en soit réellement interdite à tout bâtiment neutre.

En supposant que tel soit en effet l’état des choses, un navire français ne serait point dans le cas de la saisie, parce qu’il serait trouvé sur la route des ports bloqués, et elle ne lui serait applicable qu’autant qu’il serait surpris cherchant à s’y introduire.

Telles sont, Monsieur, les observations que je vous prie de présenter au Dey, en y ajoutant tous les développements dont vous les jugerez susceptibles et qui vous paraitront propres à faire adoucir la rigueur de la notification qui en est l’objet.

Je vous prie d’ailleurs de veiller avec le plus grand soin à ce que la guerre entre Alger et Tunis ne devienne pas un prétexte de vexation contre nos navigateurs, et que dans les rencontres qui pourraient en être faites en mer, les armements algériens se renferment exactement dans les bornes prescrites par l’article 4 de nos traités.

J’ai donné communication au ministre secrétaire d’état de la marine, de la demande que vous formez de passeports pour être fournis aux corsaires, quoique je doive croire que vous la lui avez directement adressée, quant aux sceaux de l’état dont vous formez également la demande, ils vous seront incessamment envoyés.

Vos lettres des 14 décembre et 5 mars dernier étaient précédemment arrivés. Il me parait actuellement superflu de répondre aux divers détails qu’elles expriment et je me borne à vous marquer que le N° 89, 91, 92 et 95 manquent à votre correspondance, vous voudrez bien m’en faire parvenir des duplicata.

Recevez, Monsieur, l’assurance de ma parfaite considération.

Le pce de Bénévent.

M. Dubois Thainville à Alger.




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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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