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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 11 FRUCTIDOR AN XII

[29 AOUT 1804]

SUR L'AFFAIRE DES SEPT FRANCAIS

VENDUS A ALGER PAR TUNIS



N° 183

Le 11 fructidor an XII [29 août 1804]

Monseigneur,

J’ai eu l’honneur de vous entretenir bien des fois sur la malheureuse affaire des 7 français vendus à Tunis, trop longtemps prolongée par l’amour-propre et l’obstination la plus étrange du Bey. Je ne puis mieux vous présenter l’état où se trouve cette affaire qu’en vous transmettant la correspondance qui vient d’avoir lieu entre mon collègue Devoize et moi. Voici ce qu’il m’écrivait le 2 thermidor [21 juillet].

Je viens d’avoir un long entretien avec le premier ministre sur les 7 esclaves vendus à Alger. Je lui ai lu et interprété votre dernière lettre, parce que je ne pouvais rien dire de mieux. L’article des parents qui doivent aller se jeter aux pieds du Premier Consul, l’a frappé ; j’ai appuyé sur l’impression qu’il en éprouvait, et je lui ai dit que, si le Bey attachait le prix qu’il devait à l’amitié de la France, il ne pouvait mieux le prouver qu’en faisant droit à une réclamation qu’elle ne pouvait abandonner, et qui commençait à donner de l’humeur. Je l’ai engagé à profiter de l’occasion de l’envoyé que le Bey faisait passer à Alger pour y envoyer 7 jeunes esclaves en remplacement, ou de le charger de traiter avec la Régence de la délivrance des sept malheureux indignement vendus contre la foi des traités. Il m’a promis d’en entretenir le Bey. Il n’avait pas besoin de me le promettre ; car il est tellement asservi qu’il n’oserait même pas lui cacher une pensée. J’irai encore faire demain les mêmes observations au Bey. Je n’ai pas cru à propos de lui en parler aujourd’hui, après les discussions très vives qui ont eu lieu entre nous à l’occasion du capitaine Brunot, dont je viens de vous entretenir.

Dans une lettre du 19 thermidor [7 août], reçue, comme la précédente, le premier de ce mois [19 août], M. Devoize s’exprime ainsi :

Je me trouvais chez le premier ministre lorsque Mustafa Benanza, envoyé par le Bey à Alger, prit ses dernières expéditions. Je revins très chaudement sur l’affaire des 7 corses ; je revins très chaudement sur l’affaire des 7 corses ; je me plaignis que tous les envoyés du Bey, lors de leur départ pour Alger, me demandaient des lettres de recommandation pour le chargé d’affaires de France, et qu’aucun ne lui rendait visite. Le ministre alors ordonna expressément à Mustafa Benanza d’aller vous voir. C’est un officier de mamelouks, parlant fort bien italien. Vous pouvez lui parler un peu fortement sur les 7 corses, en l’assurant que le gouvernement n’abandonnera jamais une prétention qui est plus que juste, et qu’il finira par la soutenir impérativement. Cela convient d’autant plus que, l’envoyé du Bey de Tunis à Paris ayant eu l’impudence de dire à son maître que le ministre lui avait promis d’abandonner cette réclamation envers Tunis pour la porter directement à Alger ; ce prince, en conséquence, s’est mis dans la tête que je la reproduirais ici de mon propre mouvement.

Votre Excellence jugera par ces détails jusqu’à quel point le Bey de Tunis pousse la mauvaise foi dan s cette affaire, et, s’il ne saisit pas le moyen que je lui présente pour la terminer, il faut désespérer de la finir par des négociations ordinaires. La prolongation de l’esclavage de ces sept malheureux est affligeante, sans doute, sous le rapport particulier ; mais ce qui excitera davantage encore toute votre indignation, c’est que, comme j’ai eu l’honneur de vous le mander par ma lettre du 6 floréal [29 avril], elle déconsidère infiniment ici l’agent du gouvernement : lorsqu’il m’arrive de parler des autres esclaves auxquels vous m’avez ordonné de m’intéresser, tels que ceux d’Oran, de l’île d’Elbe, du Piémont etc., on ne manque jamais de me témoigner, avec l’ironie la plus insultante, combien on est surpris de mes prétentions, en m’observant que nous n’avons pas même le pouvoir de nous faire rendre ceux pris à Tunis sous nos couleurs.

Je supplie donc de nouveau Votre Excellence de prendre en considération l’affaire de ces sept malheureux français, réduits aux derniers déchirements du désespoir.

Daignez agréer, Monseigneur, etc…

Dubois Thainville.




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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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