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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 20 MESSIDOR AN XII

[9 JUILLET 1804]

REPONDANT A UNE LETTRE DU PRINCE



N° 176

20 messidor an XII [9 juillet 1804]

Monseigneur,

Je m’empresse de vous fournir les différents renseignements réclamés par la lettre que Votre Excellence m’a fait l’honneur de m’adresser le 27 germinal [17 avril], et que j’ai reçue par le dernier courrier d’Espagne.

Le général Verdière vous a écrit en faveur du nommé Antonio Anastasia, toscan, qui se trouve esclave de cette régence. Vous me chargez de prendre des informations sur les circonstances par suite desquelles il est tombé au pouvoir des algériens, et de faire tout ce qui dépendra de moi pour qu’il soit mis en liberté.

Le malheureux Anastasia, de la commune d’Orbitello, pêchait dans un bateau sur les côtes d’Etrurie ; il a été pris par une chaloupe détachée d’un corsaire tunisien ; il a été vendu aux algériens. Il est en ce moment esclave du Vékil du Bey de Constantine. En réclamant cet infortuné, je m’exposerai infailliblement à un refus : il est sujet d’un gouvernement ennemi d’Alger ; il est la propriété d’un particulier, sur laquelle la Régence n’a aucun droit. Son patron d’ailleurs est le favori très intime du Dey. J’attendrai vos ordres ultérieurs pour agir en faveur du nommé Anastasia.

Le patron Joseph Monti, commandant la barque la Conception, vous a écrit de nouveau pour réclamer des indemnités. J’ai eu l’honneur de vous rendre compte, dans plusieurs lettres, de cette affaire, qui m’a donné ici tant d’embarras. Je vous supplie surtout de vous faire représenter ma dépêche du 13 prairial an XI [2 juin 1803], N° 146. Vous vous convaincrez que c’est à l’imprudence du patron Monti lui-même qu’il faut attribuer l’événement qui lui est arrivé, et le renvoi de tous les corailleurs. J’avais cru, en conséquence, ne pas devoir rapporter cette affaire, qui avait donnée beaucoup d’humeur au Dey. J’avais pensé que le seul moyen d’indemniser le patron Monti des pertes qu’il avait éprouvées était celui d’obtenir en sa faveur une légère extraction de bled à Bône, et j’avais chargé le sous-commissaire Léon de la réclamer. Si cette mesure, la seule que je crois praticable, lui convient, je pense pouvoir répondre du succès. Dans le cas où vous jugeriez que les réclamations de Guiseppe Monti doivent être portées à la Régence, je vous prie de me le mander, et je m’empresserai d’exécuter vos ordres.

Par la partie chiffrée de votre lettre du 27 germinal [17 avril], vous me chargez de pénétrer les intentions de la Régence relativement à l’état de Naples. Cette cour, me dites-vous, a fait faire dans ses ports des armements considérables, qui n’ont été ordonnés que parce que la Régence a, de son côté, annoncé des vues inquiétantes.

Il est vrai, ainsi que j’avais l’honneur de vous le mander dans ma lettre du 29 brumaire [21 novembre 1803], N° 162, que les algériens ont fait, dans leur dernière course, une descente dans les états de Naples, où ils ont saisi 104 esclaves, qu’ils ont conduits à Alger. Mais d’après tous les renseignements que je viens de prendre, il n’a été nullement question ici de projet d’expédition importante contre l’état de Naples, qui puisse justifier les mesures extraordinaires de défense que vous m’annoncez avoir été prises par cette cour. D’ailleurs les corsaires sont depuis longtemps désarmés, et leur sortie est encore en ce moment indéfiniment ajournée. Au surplus, d’après tout ce qui me revient, il parait que les anglais emploient tous les moyens de se rapprocher de la cour de Naples : dans la négociation qui vient d’avoir lieu ici, ils se sont bornés à réclamer les esclaves de deux bâtiments napolitains, et il n’a été nullement question des esclaves maltais, sollicités avec tant de chaleur dans la précédente négociation. Enfin j’ai appris, par la frégate anglaise qui vient de mouiller ici, que, quelques moments avant son départ de Toulon, deux vaisseaux napolitains avaient parlementé avec l’amiral Nelson, et qu’ils lui avaient remis des dépêches très importantes. Votre Excellence peut compter sur l’exactitude de ces renseignements.

Huit armements croisent, dit-on, sur les côtes de Tunis.

Deux vaisseaux portugais ont paru, ces jours derniers, devant Alger.

Daignez agréer etc.

Dubois Thainville.




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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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