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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 25 FLOREAL AN XII

[15 MAI 1804]

SUR DIFFERENTS SUJETS



N° 171

25 floréal an XII [15 mai 1804]

Citoyen Ministre,

Par ma lettre du 22 germinal [12 avril], je vous annonçais la réception de votre dépêche du 28 frimaire [20 décembre 1803], par laquelle vous me mandez que le gouvernement avait consenti à acquitter les redevances stipulées par nos traités avec la Régence d’Alger.

Le 3 germinal [24 mars], j’annonçai cette disposition à la Régence, très impatiente d’obtenir une réponse. Je vous ai rendu compte des explications qui ont eu lieu à cet égard, et vous ai transmis tous les renseignements exigés par vos précédentes lettres.

Le 12 de ce mois [2 mai], j’ai fait payer les six lunes de lismes qui étaient dues ; les deux reçues de la Régence sont déposés à la chancellerie.

Aussitôt que j’eus donné l’assurance du consentement du gouvernement français à acquitter les lismes, le Dey s’empressa d’ordonner au Bey de Constantine de faire jouir la compagnie d’Afrique de toutes ses prérogatives, et de lui rendre les marchandises qui lui sont dévolues par les traités.

Le 19 [9 mai], le Dey a envoyé chez moi un chaouch chargé de me dire qu’il venait de recevoir des lettres du Bey de Constantine ; que ce gouverneur lui mandait qu’il avait fait faire, dans toute l’étendue de sa province, des publications conformes à ses ordres ; que les arabes et tous les habitants du pays s’étaient présentés chez l’agent français qui se trouve à Bône pour lui offrir leurs marchandises ; mais que cet agent leur avait répondu qu’il n’avait ni fonds à sa disposition, ni ordres pour les acheter. Le Dey, en me notifiant ces dispositions, m’a fait dire qu’il était indispensable que j’envoyasse les sommes nécessaires pour acheter les marchandises, qui ne pouvaient rester plus longtemps invendues dans les mains de ses sujets, ou que je déclarasse que je renonçais à l’exploitation des concessions. J’ai réclamé quelques jours pour répondre au Dey.

Le parti à prendre dans cette circonstance était très embarrassant : en laissant plus longtemps le commerce important de la province de Constantine dans les mains des étrangers, nous nous exposions au danger de le perdre entièrement. En effet, tous les interlopes, qui se présentent aujourd’hui sur les côtes de cette province, en gâtant les prix, éclairent de plus en plus le gouvernement les habitants du pays sur les avantages de ce commerce, qui prend journellement d’autres débouchés, et tombe même dans les mains de nos ennemis : un négociant de Tunis, agent d’une maison anglaise, se trouve maintenant à Bône, et fait des achats considérables de bleds et de bestiaux. J’ai donc pensé qu’il était de l’intérêt de l’état et de la compagnie de s’empresser de le ressaisir. En conséquence, j’ai autorisé M. Israël Saportes, consul de ce commissariat, à s’emparer provisoirement, et jusqu’à l’arrivée des agents de la compagnie d’Afrique, ou d’ordres du gouvernement contraires à cette disposition, de toutes les marchandises qui, en vertu des traités, nous appartiennent dans la province de Constantine. Voici les conditions principales que j’ai imposées :

Le citoyen Léon, agent à Bône, sera censé représenter la compagnie d’Afrique.

Il sera chargé de toutes les opérations.

Les agents qu’on sera obligé d’envoyer sur les différents points seront à sa nomination et à ses ordres.

Il écartera avec soin tous les concurrents ; il s’appliquera à rassembler toutes les parties éparses de notre commerce ; à lui fermer tous les débouchés de Tunis et de l’étranger ; à lui faire prendre les routes accoutumées, et surtout à ne donner aux marchandises que les prix convenus par les traités.

Aucunes espèces de marchandises extraites de la province de Constantine ne pourront être exportées que dans un des ports de la République, où elles seront adressées à un négociant français.

Le citoyen Léon sera tenu de m’adresser, à la fin de chaque trimestre, un état très circonstancié des objets exportées, de leur nature, des quantités, des prix qu’elles auront coûté, et de leur destination. Cet état sera transmis au gouvernement.

En conséquence de ces dispositions, j’ai annoncé à la Régence que les concessions seraient exploités comme par le passé, et que j’allais faire parvenir à Bône les fonds nécessaires. Le 21 [11 mai] j’ai expédié un courrier au citoyen Léon avec toutes les instructions convenables. Le citoyen Léon est un homme sage, actif, désintéressé, qui connait parfaitement le pays, et qui a l’avantage d’être lié très étroitement avec le gouverneur de Constantine. J’aurais bien désiré, avant de terminer cette opération, de pouvoir prendre vos ordres et ceux du ministre de l’Intérieur ; mais, comme nous touchons au moment de toutes les récoltes, il eût fallu l’ajourner à l’année prochaine, si je me fusse déterminé à attendre votre réponse qui peut être très longtemps à me parvenir. Je vous prie, Citoyen Ministre, de vouloir bien donner des ordres pour que le paragraphe de cette lettre soit sur le champ communiqué au ministre de l’Intérieur, et de me mander, le plus tôt possible, si la mesure que je viens de déterminer a obtenu votre approbation et la sienne.

Le 21 [11 mai] le Dey m’a envoyé un autre message. Il m’a rappelé, par l’organe d’un chaouch, les engagements pris avec lui, à différentes époques, de faire acquitter les sommes dues par le gouvernement français à MM. Busnach et Bacri. Le chaouch avait spécialement l’ordre de me dire que la plus grande partie de ces sommes appartenait à la Régence, et que le Dey ne pouvait différer plus longtemps d’en exiger le remboursement.

J’ai chargé le chaouch, et, quelques moments après, mon drogman, de répondre au Dey que j’avais rempli les promesses que j’avais contractées ; que, dans mon premier voyage, j’avais fait rembourser à MM. Busnach et Bacri 1 184 000 francs ; qu’ils avaient touché, il y a environ dix-huit mois, 4 millions ; qu’à la vérité il s’élevait quelques difficultés sur le mode de ce dernier paiement ; que je devais avoir avec vous des explications à cet égard, et que je lui communiquerais votre réponse aussitôt qu’elle me serait parvenue.

Le même jour, j’avais reçu une lettre de MM. Busnach et Bacri, par laquelle ils réclament auprès de vous mes bons offices, et m’engagent à vous supplier de terminer la liquidation de leurs créances ; ils accompagnent leur lettre de deux états par lesquels ils établissent leur situation. Je joins ici ces différentes pièces.

Jusqu’à présent les juifs s’étaient imaginés que leur puissante influence auprès de la Régence, et celle dont ils étaient persuadés que leurs frères jouissaient à Paris leur suffiraient pour terminer, au gré de leurs désirs, leurs affaires particulières, comme celles qui intéressent les deux gouvernements, entre lesquels ils s’étaient obstinés à se faire considérer comme des médiateurs importants. Constants dans ce système, qui, dans d’autres temps, les a quelquefois servis, ils avaient regardé l’agent français comme ceux des autres nations, c'est-à-dire, à quelques différences d’égards près, comme un instrument qu’ils pouvaient faire mouvoir au gré de leurs intrigues et de leur cupidité. Mais votre sage prévoyance, Citoyen Ministre, a détruit ce système, indigne d’une nation puissante : en m’accordant la confiance que je m’efforcerai de plus en plus de justifier, vous avez rendu à l’agent du gouvernement toute son indépendance et sa dignité, et je vous prie de croire qu’aucun acte qui pourrait y porter atteinte ne souillera mon administration à Alger.

Les juifs à la fois se sont convaincus que le temps des complaisances serviles était passé, et que le gouvernement puissant de la République n’avait point besoin de protecteurs ici. Ils ont rappelé leurs frères de Paris ; ils se sont peu à peu rapprochés de moi, et, ces jours derniers, ils sont entrés dans les plus grandes explications sur leurs affaires. Je leur ai répété que j’ignorais entièrement leur situation, parce qu’ils n’avaient jamais pris la peine de me la faire connaitre ; qu’ils devaient attribuer à leur propre conduite et aux intrigues de leurs frères, les retards que leur remboursement avait éprouvés, et qu’ils devaient bien se convaincre que le gouvernement français ne reconnaitrait jamais d’autre intermédiaire entre la Régence et lui que l’agent revêtu de ses pouvoirs. Busnach, qui quelquefois a de la franchise, mais qui trop souvent s’abandonne aux conseils de son associé Bacri est convaincu de ces vérités ; il m’a prié d’oublier les événements passés, et m’a assuré que désormais sa conduite serait différente.

Par ma lettre du 20 ventôse dernier [13 octobre 1803], N° 160, je vous rendais compte, Citoyen Ministre, d’un message du Khaznedjï pareil à celui qui vient de m’être adressé par le Dey. Vous m’avez mandé depuis que votre ministère ne devait rien aux juifs, et que vous écriviez aux différents ministres pour les engager à acquitter les sommes qui pourraient encore leur être dues. Selon le compte des juifs leurs créances s’élevaient à la somme de 6 871 012,54.

Ils ont touché :

1° 1 184 000

2° 4 000 000

Soit 5 184 000

Il leur restait 1 687 012,54.

MM. Busnach et Bacri prétendent que les 4 000 000 ont été remboursés par des effets qui n’ont produit que 1 300 000 ;

Ils réclament en conséquence sur cet objet : 2 700 000.

Total de leurs réclamations 4 387 012,24.

Indépendamment de plusieurs chargements dont l’état est ci-joint.

C’est sur le mode de paiement surtout des 4 millions que les juifs m’ont prié de réclamer toute votre attention et votre justice. Sans doute, si, comme j’ai eu l’honneur de le dire à Votre Excellence dans ma lettre du 20 vendémiaire [13 octobre], ce remboursement, ainsi que les juifs l’assurent, s’est effectué par des effets qui ont perdu 70 à 75 %, on ne peut se dissimuler qu’ils ont été traités sévèrement. Je leur ai observé qu’il serait difficile de faire revenir le gouvernement sur une opération qui me paraissait consommée par l’acceptation des effets. Ils m’ont répondu qu’ils les avait refusés ; que leurs frères avaient fait de vives représentations et même des protestations juridiques à cet égard ; mais que, cette affaire s’étant traitée dans un moment où il existait de violents démêlés entre la République et la Régence, le moment n’avait pas été favorable à leurs réclamations, et qu’ils n’avaient accepté ces effets que conditionnellement, parce qu’ils s’étaient trouvés pressés par des engagements auxquels il était indispensable pour eux de faire honneur.

Sans doute encore, comme j’avais l’honneur de vous le dire dernièrement, nous avons eu à nous plaindre, en plusieurs circonstances, de la conduite des juifs de Paris et d’Alger ; un de leurs plus grands griefs surtout est celui d’avoir envahi une partie du commerce de l’Afrique, et d’avoir mis l’autre dans les mains des étrangers et ses interlopes, dans ce dessein d’éloigner de ces côtes les français, qui étaient pour eux de dangereux concurrents. Mais je dois aussi à la justice de déclarer que les juifs ont quelquefois servi le gouvernement français avec chaleur ; qu’ils nous ont approvisionnés dans des moments difficiles ; qu’ils ont même en toute connaissance, fait de grands sacrifices pour cet objet, et que Busnach, jouissant ici d’un crédit sans exemple, a souvent dominé le prince extravagant qui gouverne à des principes d’équité envers la France. Mon devoir est d’exprimer franchement à Votre Excellence tout ce qui dépose contre les juifs et ce que je crois être en leur faveur. Une considération peut-être est favorable à leurs réclamations : c’est que des étrangers ne peuvent pas être rigoureusement soumis aux lois de la République, et que le mode de liquidation à adopter pour eux doit peut-être, comme vous l’avez jugé vous-même, sortir des règles ordinaires. Enfin je ne dois pas vous dissimuler que l’ignorance du prince, qui a intérêt à faire payer les juifs, et le désespoir de ceux-ci, s’ils devaient renoncer à toute espérance de remboursement ne pourrait manquer de m’occasionner beaucoup de désagréments. J’ai donc supplié Votre Excellence de vouloir bien faire examiner le compte de MM. Busnach et Bacri, et de me mettre à portée de rendre au Dey une réponse satisfaisante. Je vous avouerai qu’autant j’ai désiré dans le temps que vous gardassiez des gages de la foi des juifs, autant je souhaiterais dans les circonstances qu’on pût leur fournir sur les sommes qui leur sont dues un acompte, qui, selon leurs désirs, devrait être laissé à leur disposition à la trésorerie nationale.

Le citoyen Pasquier, venant de Livourne, est arrivé ici ces jours derniers. Le citoyen Sielve attend une occasion pour se rendre à Tunis.

J’expédie très précipitamment cette lettre par un bateau qui va faire voile pour Majorque ; elle sera confiée au citoyen Antoine Silvy, qui se rend à Marseille. Ce citoyen était venu ici pour réclamer la liberté de son beau-frère Mas, esclave de cette région depuis 13 ans. Il a sollicité mes bons offices, que je n’ai pas cru devoir lui accorder, n’ayant reçu de votre part aucun ordre pour m’intéresser à cette vieille affaire. Mas, né espagnol, a été saisi sur une espèce de barque contrebandière qui avait le pavillon de la république ; les français qui en composaient l’équipage s’adressèrent dans le temps au commandant de l’une de nos divisions qui prit sur sa responsabilité de payer leur rançon. Le nommé Mas resta seul dans les fers, par la raison, je pense, qu’il s’était fait reconnaitre par l’agent d’Espagne dont il touche la paie. Le citoyen Silvy m’assurant qu’il se rend à Paris pour solliciter des ordres du Premier Consul, avec lequel il a servi, j’ai cru devoir vous fournir ces éclaircissements sur l’affaire de son beau-frère Mas.

Des lettres de Tunis et d’Espagne ont annoncé que les anglais préparaient à Malte une expédition destinée contre Alger. Cette nouvelle, vraie ou fausse, a motivé de grands préparatifs de défense : les chaloupes canonnières ont été réparées et jetées à la mer ; tous les forts sont mis en état, et des tentes, destinées à recevoir les soldats, ont déjà dressées hors les portes de la ville.

Le 18 [8 mai] à 6 heures 5 du soir, nous avons éprouvé un second tremblement de terre assez violent.

Daignez agréer, Citoyen Ministre, etc. etc.

Du 26 [16 mai]. Par ma lettre du 6 de ce mois [26 avril], j’avais l’honneur de vous rendre compte des démarches que j’avais faites, de concert avec tous les agents européens, en faveur des officiers portugais, que le Dey avait livrés aux plus pénibles travaux, sur le prétexte que ses sujets étaient maltraités à Lisbonne. Je vous annonçais en même temps que ces malheureux, ayant été délivrés pendant quelques semaines, avaient été de nouveau chargés de chaînes. J’ai, en vertu d’une lettre du général Lannes, assuré le Dey que les algériens qui se trouvaient à Lisbonne étaient bien traités, et que l’ambassadeur de France en avait reçu l’assurance du prince même. Le Dey, malgré la représentation de la lettre du général Lannes, a persisté à croire, ou plutôt à feindre de croire aux mauvais traitements exercés envers ses sujets, dont il a représenté des lettres. Le Khaznedjï et plusieurs Grands de la Régence ont inutilement réuni leurs efforts aux miens. Les officiers portugais, obligés de parcourir tous les jours un intervalle de 18 miles, succombant sous le poids de fardeaux énormes dont on les accable ; plusieurs mêmes sont menacés de perdre la vie : trois d’entre eux, du nombre desquels est le commandant, ont déjà été portés à l’hôpital ; ils crachent le sang, et ont les pieds et les jambes tellement enflés qu’ils ne peuvent plus se soutenir.

Les prétendus mauvais traitements exercés à Lisbonne envers une poigné de misérables, qui n’inspirent ici aucune espèce d’intérêt, ne sont que le prétexte de ceux sans exemple qu’on fait éprouver ici aux officiers portugais. La véritable cause n’est pas ici ignorée de personne : le Dey s’est persuadé qu’il devait retenir des sommes considérables de leur rachat ; voyant que la cour de Lisbonne ne s’empressait point de reprendre la négociation entamée à cet égard, il a imaginé qu’en maltraitant ses sujets, il la conduirait plutôt à l’arrangement qu’il veut lui imposer.

J’ai eu quelques ouvertures sur les conditions définitives auxquelles on veut assujettir le gouvernement de Portugal ; elles sont si extravagantes, qu’il est difficile de penser qu’il veuille s’y soumettre. D’abord, comme j’ai eu l’honneur de vous le marquer, il parait certain qu’on ne veut point séparer le rachat de la paix ; on exige, pour ce double objet, une somme de près de 2 millions de piastres fortes. Le gouvernement de Portugal devra s’engager en outre à payer une redevance annuelle de 12 mille sequins, et à entretenir ici un agent qui fera les présents d’usage. Ce serait acheter bien chèrement un arrangement sur la fidélité duquel il y aurait si peu à compter.

Vous m’avez ordonné de vous tenir au courant sur cette affaire, et j’aurai grand soin de vous transmettre tous les détails qui y seront relatifs.

La situation des officiers portugais m’afflige beaucoup ; mais avec un prince dont vous connaissez la bizarrerie et la cupidité, j’ai cru qu’il n’était point de la dignité de l’agent du gouvernement de s’exposer à de nouveaux refus, et peut-être même à quelque brusquerie. J’ai eu grand soin de signifier que l’engagement que j’avais pris de faire traiter convenablement les esclaves algériens n’existait plus, puisque le Dey avait rompu celui qu’il avait contracté avec moi d’user de représailles envers les sujets de Portugal.

Je reçois à l’instant même une lettre du citoyen Léon, sous-commissaire à Bône, en date du 11 de ce mois [1er mai]. Il me mande qu’il a été appelé à Constantine par le Bey ; que ce gouverneur lui a communiqué les ordres qu’il avait reçus du Dey d’Alger pour rendre aux français les laines, cires, cuirs et toutes les marchandises qui sont dévolues à la compagnie d’Afrique. Le citoyen Léon me mande tous ses embarras à cet égard, et me demande des ordres.

Le Bey témoigne beaucoup de satisfaction en apprenant que les français allaient réapparaitre dans la province de Constantine ; il a dit au citoyen Léon les choses les plus obligeantes ; il ne lui a point laissé ignorer qu’il voulait se soustraire entièrement à la tutelle des juifs, et qu’il favoriserait, de tous ses moyens, les français ; il a engagé le citoyen Léon à me prier de l’aller voir aussitôt qu’il serait entré ici, et il a voulu mettre sa tape au bas de sa lettre. Ce gouverneur est à six journées d’Alger, d’où il me l’a expédiée par un courrier ; il fera son entrée lundi prochain.

Cette lettre ne partira point par le bâtiment majorquin : un autre bateau expédié extraordinairement d’Alicante a mouillé hier matin dans le port ; il est adressé au consul d’Espagne. On garde un grand secret sur l’objet de son envoi, que je crois être relatif aux embarras qu’éprouve ici la cour de Madrid. On a seulement publié à son arrivée qu’il était faux que les anglais eussent des projets hostiles contre ce pays. Ce bateau sera réexpédié dans le jour, et vous portera mes dépêches.

Dubois Thainville.




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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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