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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 12 NIVOSE AN XII

[3 JANVIER 1804]

SUR UNE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS

RELATIFS AUX DIFFERENTS TRAITES

SIGNES AVEC LA REGENCE



N° 164

12 nivôse an XII [3 janvier 1804]

Citoyen Ministre,

Par un bâtiment suédois qui a mouillé à Alicante je reçois votre dépêche du 14 frimaire [6 décembre]. Ce navire devant de suite remettre à la voile pour un des ports d’Espagne, je n’ai qu’un moment pour vous écrire.

Vous m’annoncez que mes N° 155, 156 ET 157 ne vous sont point parvenus : je m’empresse de vous en adresser les duplicata.

Vous me demandez copie de l’acte passé en 1790 portant ratification ou confirmation du traité fait en 1694 avec la Régence relativement aux concessions d’Afrique. Vous réclamez également copie du traité particulier fait en 1714 avec le Bey de Constantine ainsi que des ratifications dont il fut revêtu à Alger en 1731, 43 et 90. Je copie ci-après toutes ces pièces par ordre de date. Je dois vous observer que le traité de 1714 est resté entre les mains des agents de la compagnie d’Afrique, et qu’il ne s’en trouve qu’une copie dans les archives du commissariat, sur l’authenticité de laquelle le chancelier Astoin Sielve m’assure que vous devez compter. Je joindrai enfin tous les actes passés en 1790 lors de la mission de M. Baudot de Sainneville.

1° - Traité de 1714

2° - Ratification faite à Alger en 1731

3° - Ratification faite en 1743

4° - Ratification faite en 1790

5° - Ratification des traités en 1790

Enfin, Citoyen Ministre, par votre lettre du 14 frimaire [6 décembre], vous me demandez une note sur les redevances particulières, soit envers les gouverneurs des places, soit envers les arabes, que l’usage aurait pu conserver. Je vous prie de vous faire représenter ma très longue dépêche en forme de mémoire du 8 thermidor an IX [27 juillet 1801] ; j’ose espérer qu’elle ne vous laissera rien à désirer à cet égard. J’y ai exprimé, sur le commerce du Levant en général, des opinions que l’expérience fortifie de plus en plus, et l’honneur me presse encore de déclarer qu’à moins de changement de système dans ces contrées, ou d’y en imposer par la force, il est impossible d’y concevoir raisonnablement des idées de prospérités commerciales. Une circonstance néanmoins, je dois le rappeler ici, doit favoriser le rétablissement de la Compagnie d’Afrique ; c’est l’intérêt du nouveau Bey, qui ne parait pas se démentir, de lui maintenir dans la province de Constantine toutes les prérogatives dont elle jouissait anciennement. Mais, tout en rendant justice aux bonnes intentions de ce gouverneur, je ne dois pas dissimuler qu’il est très affairé, très entreprenant ; et qu’il a déjà même enlevé aux juifs la plus grande partie de leur commerce.

Vous me prescrivez de réclamer de la Régence des indemnités en faveur des marins dépouillés par les 36 déserteurs du camp de Constantine. J’avais prévenu vos désirs à cet égard. On m’a répondu que la Régence, qui avait autant à se plaindre que nous de cet événement, ne pouvait, en aucune manière, être recherchée, et que le Pacha de Tripoli, qui avait recueilli les 36 soldats, devait indemniser les hommes qu’ils avaient dépouillés. Quant à l’Agha de Bône, dont je me suis plaint, comme j’ai eu l’honneur de vous le marquer, cet agent a prétendu qu’il était innocent, et qu’il n’a eu aucune connaissance du projet des brigands. On attend à cet égard de nouveaux renseignements, et j’en ai demandé moi-même au sous-commissaire de Bône, qui ne me les a point encore transmis.

MM. Busnach et Bacri sont malades, et je n’ai pu avoir avec eux des explications sur l’objet de votre lettre qui les concerne.

J’avais encore prévenu vos désirs à l’égard des malheureux esclaves de l’île d’Elbe qui vous sont recommandé par le général Rusca. La Régence, en reconnaissant cette île comme faisant partie intégrante de la République française, a promis et a donné l’ordre à ses Raïs d’en respecter les navigateurs ; mais elle a prétendus que les hommes saisis antérieurement à la possession de l’île par les français étaient sujets d’un gouvernement qui était son ennemi, et elle a exigé pour eux une rançon. Le 2 germinal dernier [23 mars 1803], je vous ai adressé l’état de 148 esclaves ayant des droits à la protection ou à l’indulgence du gouvernement français ; ceux de l’île d’Elbe, au nombre de 10, sont compris dans cette note : les 6 dont vous me parlez en font partie.

Je viens de donner, ainsi que vous me le prescrivez, l’assurance que les présents doivent être très incessamment expédiés à Toulon. Quelques personnes, intéressés à entretenir l’idée que nous nourrissons des projets hostiles contre la Régence, publient que cette communication n’a été de ma part qu’une ruse pour calmer la mauvaise humeur du Dey, que l’abstinence du ramadan ne contribue pas peu à augmenter. La position des anglais avec Alger me donne, il est vrai, quelques avantages, et je n’ai négligé aucun moyen pour piquer l’amour propre du prince, qui parait déterminé à ne pas s’en laisser imposer par eux. Mais, d’un moment à l’autre, les différends qui existent entre la Régence et le gouvernement britannique peuvent être terminés, et je dois redouter que le Dey, délivré de cette inquiétude, ne se livre à quelques nouvelles extravagances contre nous. Je supplie donc Votre Excellence d’accélérer l’envoi des présents, qui me donneraient de grands moyens de nuire à nos ennemis, que leur conduite d’ailleurs avec les mamelucks, mise par moi dans tout son jour rend journellement plus odieux. Il est toujours bien déterminé que la Régence enverra en retour des présents à Paris, et j’ose de nouveau vous répondre qu’ils seront dignes du Premier Consul et de vous.

Agréez, Citoyen Ministre, etc.

Dubois Thainville.




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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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