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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 10 VENDEMIAIRE AN XII

[3 OCTOBRE 1803]

SUR DIVERS SUJETS



N° 159

10 vendémiaire an XII [3 octobre 1803]

Depuis plus de 2 mois, nous n’avons pas eu une seule occasion pour l’Europe. Le brick courrier d’Espagne vient d’arriver ; il remet à la voile sur le champ, et je n’ai que quelques moments pour vous écrire.

Je reçois votre lettre du 10 fructidor [28 août], par laquelle vous me donnez de nouvelles explications sur l’arrêté du 1er messidor [20 juin]. Je me conformerai exactement à ses dispositions.

Je reçois également votre dépêche du 19 fructidor [6 septembre] par laquelle vous m’annoncez la réception de mes lettres N° 144 à 151. Je joins ici la N° 149 qui ne vous est point parvenue.

Vous m’annoncez que l’intention du Premier Consul est que les agents français s’abstiennent de s’immiscer dans les différents qui pourraient s’élever entre les régences barbaresques et les puissances d’Europe. Mais vous voudrez bien vous rappeler que, si je suis intervenu dans les derniers démêlés du Danemark, c’est d’après les ordres que vous m’en avez donnés par votre lettre du 22 vendémiaire dernier [14 octobre 1802].

Vous aurez dû vous convaincre par ma correspondance à cet égard que je n’ai agi dans cette circonstance qu’avec beaucoup de ménagements et de réserve.

Les retards qu’éprouve l’envoi des présents me donne beaucoup d’inquiétude. On ne m’a fait rien dire d’officiel ; mais je suis indirectement instruit que le prince témoigne beaucoup d’humeur à cet égard. Je vous supplie, Citoyen Ministre, de donner des ordres pour faire terminer le plutôt possible cette affaire, qui ne peut manquer de m’exposer à de nouvelles tracasseries pour le peu qu’elle traîne encore longtemps.

Les corsaires ont fait voile le 2ème jour complémentaire. En voici l’état :

Frégate – 46 canons

Frégate – 42 canons

Frégate – 36 canons

Chébec – 32 canons

Chébec – 28 canons

Schooner – 22 canons

Schooner – 18 canons

Schooner – 18 canons

Avant la sortie des corsaires, j’ai fait remettre à chaque Raïs un des coupons qui doivent servir à faire reconnaitre les navigateurs italiens. J’ai reçu de nouvelles assurances qu’on respecterait leurs couleurs comme les nôtres.

Le 2 de ce mois [25 septembre], un vaisseau portugais est reparu devant cette rade ; il s’est porté jusque sous les canons des forteresses pour observer probablement si les corsaires étaient dans le port. Il n’a pas reparu depuis cette époque.

Quelques jours auparavant quatre des officiers portugais qui sont esclaves de la Régence avaient été trouvés avec des femmes turques. Cette affaire était, pour ainsi dire, oubliée ; mais l’apparition du vaisseau a donné beaucoup d’humeur au Dey, et le 3 ils ont reçu chacun 800 coups de bâton. M. Ramirez, fils de l’amiral portugais, est du nombre de ces malheureux ; il a été l’un des plus maltraités.

Le 27 thermidor dernier [15 août], cinquante turcs environ, déserteurs du camp de Constantine, armés de fusils, pistolets et yatagans, sont entrés dans la ville de Bône à minuit ; ils se sont jetés sur deux de nos bateaux corailleurs ancrés sur la rade, appelés, l’un la Félicité, commandé par Michel Donzella, l’autre la Victoire, patron Pierre Favella, ces deux bateaux appartenant au citoyen Michel Durand d’Agde, sous la direction du citoyen Franc. Plusieurs marins ont été dangereusement blessés, et les autres n’ont échappé à la fureur des brigands qu’en se précipitant à la mer. Après avoir pillé tout ce qui se trouvait sur l’un des bateaux. Les turcs se sont réunis sur l’autre, et ont fait voile vers l’est.

La barque saisie était petite, et contenait difficilement les 50 bandits, qui d’ailleurs n’étaient pas en état de la conduire. Au jour ils ont aperçu un bateau plus grand qu’ils ont saisi à main armée ; ils ont déposé à Tabarque le patron, nommé Podolario Peri, mort quelques jours après de ses blessures, et ont fait voile avec les 14 marins qui composaient ce malheureux équipage. La barque prise à Bône, et abandonnée par les turcs, a été trouvée en mer et conduite à la Calle.

Le Bey de Constantine avait envoyé des troupes à la poursuite des brigands ; mais malheureusement le détachement est arrivé trop tard à Bône. Le sous-commissaire Léon a expédié de suite un courrier à Tunis pour instruire le commissaire Devoize de cet événement. Il est probable que ces bandits relâcheront dans un des ports de cette régence.

L’Agha de Bône parait n’avoir pas mis tout le zèle et l’activité que les circonstances exigeaient. Le citoyen Léon s’est plaint de sa conduite au Bey de Constantine qui l’a fait arrêter et charger de fers.

Je n’ai reçu que le 5 de ce mois [28 septembre] les lettres qui me fournissent ces détails. Hier, je me suis fortement plaint à la Régence ; j’ai réclamé satisfaction et des indemnités convenables. Le Dey m’a fait dire très obligeamment, qu’il était plus fâché que moi de cet événement ; qu’il avait donné l’ordre de faire punir l’Agha de Bône, et qu’il avait expédié un courrier extraordinaire à Tunis pour faire saisir les brigands s’ils se présentaient dans un des ports de cette régence.

Ci-jointes les dépositions faites en chancellerie de Bône avec les états des effets enlevés sur les deux bateaux.

J’informe de cet événement nos agents français en Espagne et le préfet maritime de Toulon, afin qu’ils en donnent connaissance aux navigateurs de toutes les nations, intéressés à saisir ces bandits qui peuvent devenir des forbans très dangereux en Méditerranée.

Je vous salue très respectueusement.

Dubois Thainville.




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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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