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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 2 GERMINAL AN XI

[23 MARS 1803]

SUR LE SORT

DES ESCLAVES D'ORAN



N° 141

2 germinal an XI [23 mars 1803]

J’ai l’honneur de vous adresser l’état nominatif des esclaves déserteurs d’Oran, de ceux appartenant à la République italienne, au Piémont, à l’île d’Elbe, etc, etc, qui se trouvent en ce moment au pouvoir des Algériens.

Les esclaves d’Oran sont plus nombreux que je ne l’avais imaginé. Les uns sont détenus dans les bagnes, les autres appartiennent à différents particuliers du royaume.

N’ayant trouvé dans les archives du commissariat aucun renseignement positif, c’est avec les plus grandes difficultés que je suis parvenu à me procurer l’état que je vous envoie.

L’affaire des esclaves d’Oran vous est trop connue pour que je doive entrer dans de nouveaux détails. Par ma lettre du 29 ventôse [20 mars], je vous ai rendu compte de toutes les instances que j’ai faites en faveur de ces malheureux. La Régence persiste irrévocablement à les considérer comme espagnols. L’envoi des présents, dont on ne me parle plus, mais qu’on se flatte néanmoins encore d’obtenir, me donnerait sans doute beaucoup d’avantages dans cette affaire ; mais il est de mon devoir de le rappeler ici : je suis bien éloigné de me rendre garant des promesses qui m’ont été faites par les juifs à cet égard.

Sur les esclaves appartenant au Piémont, à la République italienne et à l’île d’Elbe, je vous prie de me transmettre les instructions sollicités, par mes précédentes lettres.

Le commissaire Devoize vient de me mander par toutes ses instances en faveur des sept français de l’île de Corse ont été inutiles. Ces malheureux sont réduits aux derniers déchirements du désespoir. J’appelle toute votre sollicitude sur le sort de ces français, dont le Bey de Tunis a fait le trafic le plus infâme.

Le nommé Jacquot. Il était soldat à l’armée d’Italie. Il s’embarque à Civita Vecchia comme passager sur un bâtiment génois, qui fut pris au commencement de l’an 7. L’équipage se sauva à terre ; le seul Jacquot resta à bord, et fut conduit ici pendant la gestion de mon prédécesseur. Le raïs, selon l’usage, jeta sa cartouche et ses papiers à la mer, et ce malheureux a toujours été considéré comme génois.

Jacques Uveys. Il est déserteur, comme j’ai eu l’honneur de vous le marquer, d’un de nos régiments de cavalerie. Il a été pris et vendu par les tunisiens ; il faisait partie de l’équipage d’un bâtiment génois.

Les nommés Lenave. Une barque napolitaine, sortie de Tarente le 28 juillet 1801 pour aller chercher des citrons en Calabre, fut prise le 30 par les tunisiens, qui n’eurent aucun égard aux passeports français dont elle était munie. Cette barque était composée de 4 hommes. Deux ont été rendus sur les réclamations du commissaire Devoize ; les deux frères Lenave ont été vendus aux algériens, et sont esclaves de MM. Busnach et Bacri.

Les négociations les plus difficiles auprès des algériens sont celles qui concernent les esclaves, qu’ils regardent comme une propriété sacrée lorsque surtout ils en sont possesseurs depuis longtemps. Je ne dois pas vous dissimuler que, pour arracher aux fers d’Alger les 148 esclaves dont je vous envoie la note, et qui tous ont des droits à la justice ou à l’indulgence du gouvernement français, j’aurai besoins de vos ordres les plus impératifs. Le Dey devient de jour en jour de plus en plus intraitable à cet égard. Lord Kent, un des fils du roi d’Angleterre, qui commande à Gibraltar, vient d’expédier extraordinairement ici pour réclamer un anglais qui servait sur la frégate portugaise prise par les algériens il y a un an. La Régence, malgré toutes les instances de l’agent britannique, refuse de le lui rendre.

Je vous salue très respectueusement.

P. S. Du 1er floréal [21 avril]. Cette lettre est restée sur mon bureau jusqu’à ce moment : le port est fermé depuis 27 jours. Je viens de recevoir plusieurs lettres du général Vial, ministre plénipotentiaire à Malte. Il m’engage à réclamer les esclaves appartenant à cette île. J’ai fait quelques démarches en faveurs de ces malheureux ; mais on a paru très surpris que je m’intéressasse à leur sort, quand les anglais sont maîtres de Malte. Je vous prie encore de me donner des ordres à cet égard.

Dubois Thainville.




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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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