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CADN 22PO/1/38




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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 22 JANVIER 1806

SUR LE REGLEMENT DE SES TRAITES



Bureau des Fonds

Alger, le 22 janvier 1806

A Son Excellence Monseigneur Talleyrand, ministre des Relations extérieures

Monseigneur,

J’ai eu l’honneur de vous rendre compte de toutes les difficultés qu’a présenté la négociation de la remise entre les mains de monsieur le commandant Jérôme Bonaparte des 230 esclaves génois, italiens et français d’Oran. Je supplie Votre Excellence de se faire représenter principalement mes lettres des 3, 4 et 6 fructidor N° 202, 203 et 204. J’avais surtout à redouter, ainsi que j’ai eu l’honneur de vous le mander, une révolte des soldats, qui a éclaté dix jours après, et l’apparition d’une division anglaise en station devant Oran, qui a été signalée cinq jours après le départ de monsieur le commandant Jérôme. Je dus donc préférer le sacrifice de quelques sommes au danger imminent de faire échouer la mission, et de compromettre les forces de l’auguste frère de Sa Majesté.

D’après vos ordres, et sur l’autorisation par écrit de monsieur le commandant Jérôme, je pris l’engagement, à la suite de très violentes explications, de payer 80 000 piastres fortes à la Régence. Il fut très expressément convenu, dans le cours de la négociation, que les esclaves me seraient livrés dans le jour, sans qu’on pût exiger d’autres sommes, mais au moment de les faire embarquer, on réclama les droits d’usage qui s’élèvent à 16 à 17 %, ce qui eut donné un surcroit de dépenses de 12 ou 13 000 piastres fortes. Pour calmer toutes les criailleries et accélérer l’embarquement, auquel le gardien Bachi et tous les intéressés mettaient tous les genres d’obstacles, je fus obligé de consentir à payer quelques sommes pour cet objet. J’en rendis compte à monsieur le commandant Jérôme, en lui consignant les esclaves au moment où il mettait à la voile. Je joins ici l’état général, déposé en chancellerie, de toutes les dépenses que cette opération a nécessitées.

J’ai fait beaucoup de difficultés pour allouer au drogman son droit d’usage de 1% en lui faisant observer que les 80 000 piastres consenties ne devaient pas être considérées comme une somme données pour un rachat mais comme un présent fait au Dey. Le drogman insista, et voulut même quitter le service. Ayant infiniment à me louer de lui, et particulièrement dans cette négociation, je le lui fis compter comme un présent de l’Empereur, en récompense de ses services et par la considération que, depuis 5 ans, il a été réduit à ses modestes appointements.

J’ai fourni sur Votre Excellence, le 29 fructidor dernier [16 septembre 1805], au profit de M. Cornisset-Desprez, mon fondé de pouvoirs, une lettre de change de quatre cent cinquante mille francs représentant les 80 000 piastres consenties. D’après la lettre que Votre Excellence a eu la bonté de m’écrire le 19 vendémiaire dernier [11 octobre 1805],

– Je prendrai la liberté de lui en remettre un paragraphe sous les yeux.

En remplissant cette mission avec autant de succès que vous l’avez fait, vous avez acquis de nouveaux droits aux bontés de Sa Majesté Impériale. Elle attachait beaucoup d’importance à obtenir enfin la mise en liberté de tous les esclaves, qui pouvaient mériter qu’Elle s’intéressât à leur sort. Elle n’a pu qu’être très satisfaite de la manière dont ses ordres ont été exécutés.

Les concessions pécuniaires que vous avez faites ayant été consenties par M. Jérôme Bonaparte, vous ne devez concevoir aucune inquiétude sur le paiement de vos traites à leur échéance. --- j’ose espérer qu’Elle aura donné les ordres nécessaires pour qu’elle soit acquittée, afin que M. Cornisset-Desprez puisse faire honneur aux traites que j’ai délivrées sur Livourne, Marseille et Paris. Il ne reste aujourd’hui à payer que les trois mille six cent dix piastres fortes portées en l’état ci-joint, pour frais extraordinaires. Je fournis sur Votre Excellence une seconde traite, au profit de M. Desprez de vingt mille trois cent six francs et vingt-cinq centimes, représentant cette somme. Veuillez bien également donner des ordres pour qu’elle soit acquittée sans délai. Je dois rappeler ici à Votre Excellence, que les traites que j’ai délivrées, ont été fournies à beaucoup de personnes, au nombre desquels plusieurs sont alliées et amies de ce prince. Les plus légers retards dans leur paiement compromettraient essentiellement la faveur dont je jouis, et pourraient donner de nouvelles armes à l’agent anglais, déconsidéré au point que l’entrée du palais lui est interdite.

Daignez agréer, Monseigneur, l’hommage de mon très profond respect.

Le chargé d’affaires de Sa Majesté Impériale et Royale et commissaire général de l’Empire français, membre de la légion d’honneur,

Dubois Thainville.




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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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