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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 27 PLUVIOSE AN XIII

[16 FEVRIER 1805]

SUR LES DIFFICULTES RENCONTREES

POUR LA LIBERATION DES FRANCAIS

PRISONNIERS DU REBELLE DE GIGERI



Relations extérieures

Bureau des Fonds

Alger, le 27 pluviôse an XIII [13 février 1805]

A Monsieur Talleyrand, ministre des Relations extérieures

Monseigneur,

J’ai eu l’honneur de vous mander que le rebelle de Gigeri avait fait signifier à M. Léon, sous-commissaire à Bône, qu’il exigeait cent piastres fortes pour chacun des cinquante-deux français qui étaient en son pouvoir ; qu’il avait envoyé à Bône les patrons Reboa et Sereno pour négocier cette affaire ; qu’il avait déclaré qu’il mettrait les français en liberté, aussitôt que cette somme lui serait remise, et que, si on refusait de la lui envoyer, il les ferait tous massacrer. M. Léon, en me rendant compte des prétentions des rebelles, m’avait envoyé ici les deux patrons. Après de violentes explications avec la Régence, j’avais mis les fonds à la disposition de M. Léon ; ne pouvant les envoyer par mer, faute d’occasion, et la voie de terre ne présentant aucune sûreté, par l’état de révolte dans lequel se trouvait la province de Constantine, j’avais autorisé cet agent à se procurer ces fonds sur le pays, et à tirer à vue sur moi. J’ai fourni à Votre Excellence tous les détails de cette affaire par ma lettre du 25 frimaire N° 191 [16 décembre 1804], expédiée par duplicata de Marseille et de Barcelone.

Au moment où un bateau, expédié extraordinairement par le chargé d’affaires d’Espagne, allait mettre à la voile, je reçois un courrier de Bône, retardé très longtemps dans les montagnes par l’abondance des neiges qui y sont tombés. M. Léon me mande que les vexations sans exercées dans la province par le nouveau Bey ont forcé tous les habitants à cacher leur argent ; qu’il lui a été impossible de trouver à Bône ou à Constantine les cinquante-cinq mille deux cents piastres fortes qui lui étaient nécessaires pour la rançon des cinquante-deux français, et que, pour prouver au rebelle le désir qui l’animait d’acquitter ses promesses, il lui avait fait parvenir le prix de la rançon des deux patrons, en le faisant assurer qu’il lui enverrait le rachat des autres aussitôt qu’il aurait reçu les fonds. Mais M. Léon m’ajoute que, quand même il aurait pu parvenir à se les procurer sur le pays, il lui aurait été impossible d’en faire usage : l’agha et le Divan de Bône, qui ont eu connaissance de l’envoi des 200 piastres, l’ont accusé d’être d’intelligence avec le Marabout, et de lui envoyer des fonds pour entretenir sa rébellion, et M. Léon a couru les plus grands dangers.

Je viens, en conséquence de ce rapport, de me plaindre fortement à la Régence. Le temps me manque pour entrer dans tous les détails, sur lesquels je reviendrai, M. le chargé d’affaires d’Espagne, menacé de la chaîne et d’une déclaration de guerre, ne m’accordant que quelques moments pour vous écrire. Le premier ministre me fait dire, en ce moment, que la Régence va donner des ordres pour la sûreté du sous-commissaire Léon, et la garantie des sommes que je suis obligé d’envoyer par terre pour arracher au couteau d’un brigand les français, dont on assure que plusieurs ont déjà été victimes. Demain les fonds partiront par un courrier extraordinaire avec tous les ordres convenables. Je fournis à la hâte sur M. Cornisset-Desprez, mon fondé de pouvoirs, des traites pour la somme de cinq mille deux cents piastres faisant celle de vingt-neuf mille deux cent cinquante francs. Je supplie Votre Excellence de la faire acquitter le plus tôt possible, afin que M. Desprez puisse faire honneur à mes traites, qui sont payables à Marseille. Je ne suis pas bien assuré si cette dépense doit être supportée par votre ministère ou par celui de la Marine. Dans le cas où vous jugeriez que la Marine, ou tout autre ministère, doit l’acquitter, je vous supplie de vouloir bien donner les ordres pour que ces détails soient communiqués au ministre, et de l’engager à faire remettre, sans délai, les fonds à M. Cornisset-Desprez.

Daignez, Monseigneur, excuser le désordre de cette lettre, écrite très à la hâte, et recevoir l’hommage de mon très profond respect.

Le chargé d’affaires et commissaire général de l’Empire français, membre de la légion d’honneur,

Dubois Thainville.

P. S. Je fournirai le compte régulier de cette dépense aussitôt que j’aurai reçu celui du sous-commissaire de Bône, qui sera obligé à de nouveaux frais pour la nourriture et l’embarquement de ces hommes.




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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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