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CADN 22PO/1/38




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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 13 GERMINAL AN IX

[3 AOUT 1801]

SUR LES COMPTES DE DEPENSES

DE MM. BUSNACH ET BACRI



Relations extérieures

Division des Relations commerciales

N° 76

Alicante le 13 germinal an IX [3 août 1801] de la République française.

Le chargé d’affaires, et commissaire général des relations commerciales à Alger

Au citoyen Talleyrand, ministre des Relations extérieures à Paris.

Citoyen ministre,

Je viens de recevoir votre lettre du 18 ventôse [9 mars 1801]. Je m’empresse de vous fournir les renseignements que vous me demandez sur la note d’avance qui vous a été présentés par MM. Jacob Cohen Bacri et Michel Busnach. Je ne sais si c’est par erreur ou par adresse qu’on a donné à cette note la date du 12 vendémiaire [4 octobre 1800] : plusieurs dépenses qui s’y trouvent comprises sont néanmoins bien postérieures à cette époque.

Réponses

Compte de MM. Busnach et Bacri

1° -- Compte au Citoyen Moltedo. Piastres fortes à 5 f. ½ chaque 27 500 f.

Cette somme, en effet, ainsi que je vous le marquais par ma lettre du 15 vendémiaire [7 octobre 1800, timbrée bureau des fonds, N° 55, a été prêtée au citoyen Moltedo] pour les besoins de la garnison de Corfou et des employés de l’agence d’Afrique. J’en ai répondu, comme je vous l’écrivais encore, parce que, selon l’usage, le citoyen Moltedo n’aurait pu quitter Alger sans mon cautionnement. Il a dû vous rendre de l’emploi de ces fonds.

Au citoyen Dubois Thainville

Piastres fortes d’Espagne 2000 à 5 f. ½, 11 000 f.

Cette somme est ma dette personnelle : elle m’a été fournie pour les besoins de l’Echelle et des employés des concessions au milieu du bouleversement où je me suis trouvé, je n’ai pu encore réglé tous les comptes, et je suis obligé même en attendant quelques éclaircissements de mon censal, de différer celui que je dois à plusieurs ministres du trimestre qui ; mais je dois vous observer que les 27 500 f. fournis au citoyen Moltedo, et les 11 000 f. que j’ai touchés appartiennent à la Régence, et ont été délivrés même par la Khasnadji ; cela est si vrai que, deux jours avant mon départ, le Dey fit réclamer auprès de moi ces deux sommes par mon drogman. Je refusai formellement de les acquitter, et je crus même, ainsi que je le désirais, que mes refus serviraient de prétexte pour me retenir. Ainsi, quand j’aurai été remboursé des dépenses du dernier trimestre, pour lesquelles une partie de ces 11 000 f. a été employée, je m’empresserai de les rembourser à la Régence ou à MM. Busnach et Bacri, qui ne devaient pas vous les porter en compte, puisqu’il était convenu que je les acquitterais moi-même.

L’acquis d’une lettre de change, traite au citoyen Devoize, piastres de Tunis = 8 000 f.

Veuillez bien vous faire représenter ma lettre du 3 nivôse, N° 66, [24 décembre] ; je vous y rends compte des raisons qui ont motivé l’acquis pour mon collègue Devoize, de cette somme, qui a servi au rachat des 5 esclaves vendus à Tunis. Cette dépense devrait être supportée par le Bey, qui n’avait pas eu le droit de vendre des français ; mais sur les observations du citoyen Devoize, qu’il était, dans la position où nous nous trouvions, indispensable de ménager ce prince, je crus devoir me refuser à l’offre qui me fut faite de le contraindre à payer cette somme, et en consentis le remboursement.

Par ma lettre du 19 pluviôse [8 février] vous avez approuvé ma conduite à cet égard :

« La justesse des observations du citoyen Devoize, me dites-vous, ne vous a pas échappé, et l’on ne peut que vous en savoir gré de n’avoir pas accepté l’offre qui vous a été faite de contraindre le Bey au rachat des cinq français qui se trouvaient encore à Tunis. »

Point de doute donc, citoyen Ministre, que les 12 600 f. réclamés par MM. Busnach et Bacri ne doivent leur être alloués

Touché par le citoyen Devoize à Tunis 12 000 f.

Par votre lettre du 5 vendémiaire [27 septembre], vous me dites :

« Le citoyen Devoize, citoyen, a écrit au ministre de la Marine d’une manière si pressante, sur la difficulté de sa situation pécuniaire, que ce ministre m’a invité à lui procurer les moyens de faire passer à ce commissaire les fonds dont il a besoin pour fournir à la subsistance des français détenus en esclavages, soit à Tunis, soit dans les ports en dépendant.

On avait d’abord pensé à réclamer l’entremise du gouvernement espagnol. Mais le peu d’importance des sommes à remettre par mois au citoyen Devoize, m’a déterminé à employer tout simplement l’intermédiaire des maisons Busnach et Bacri : elles nous ont déjà rendu pareil service, et il ne me parait pas présumable que, dans les circonstances actuelles, elles se refusent à cette nouvelle demande.

Veuillez les engager à faire tenir sur le champ au citoyen Devoize une somme de 4 000 francs, et à lui en continuer l’avance tous les mois, jusqu’à ce qu’il a été pris d’autres mesures pour faire face à ce service. MM. Busnach et Bacri pourvoiront à leur remboursement par des traites sur le payeur général de la Marine à Paris : le ministre de la Marine prend l’engagement formel de les faire acquitter exactement dans le décize de leur valeur.

Je vous prie de vous occuper de suite de cet objet et de me mettre, le plus promptement possible, à même de répondre à la sollicitude de mon collègue. »

En conséquence de ces ordres, je sollicitai de MM. Busnach et Bacri une lettre de crédit de crédit sur Tunis, qu’ils me délivrèrent (je leur dois cette justice) avec beaucoup d’obligeance. Le citoyen Devoize m’a mandé avoir reçu cette somme, de laquelle il devra le compte au ministre de la Marine.

Pour un crédit sur Tripoli – 12 000 f.

Ce crédit a été assuré par moi au citoyen Devoize pour la négociation de Tripoli, et l’acheminement des lettres du gouvernement en Egypte ; MM. Busnach et Bacri l’ont également fourni. J’ignore si la somme a été touchée.

J’ai plusieurs fois offert à ces Messieurs une traite sur le payeur de la Marine pour le crédit sur Tunis, et une autre sur vous pour le crédit sur Tripoli. Ils s’y sont constamment refusés.

Pour provisions pour les gens de Corfou, piastres fortes d’Espagne – 540 à f. 5 ½ chaque = 2972 1 s.

Cet article a été passé en compte à la Marine par le citoyen Moltedo ; d’après les arrangements que j’ai pris avec lui, je suis redevable de cette somme. Elle est à sa disposition de MM. Busnach et Bacri.

Pour le rachat de trois esclaves français, deux desquels venus d’Oran, et l’autre de Tunis. Piastres fortes d’Espagne 1530 à f. 5 ½ = 8415 f.

Partie de cette somme a été payée pour le rachat d’un esclave français vendu à Tunis à un algérien, et l’autre partie pour les dépenses qu’a occasionnées la liberté de deux esclaves d’Oran qui se trouvaient dans ma maison. L’intention du Khasnadji était qu’ils me fussent rendus pour les simples frais d’usage ; mais la maladresse ou plutôt l’avidité du drogman (dont j’ai beaucoup à me plaindre, et que je changerai si je retourne à Alger) mit des entraves à leur délivrance au moment même de mon départ. Pour l’honneur national, je dus dire à M. Busnach de lever toutes les difficultés en payant ce qu’on exigeait.

Je me ferai plus précisément rendre compte de cette dépense, sur laquelle d’ailleurs je me propose de revenir.

Pour une bague, piastres fortes 70 à f. 5 ½ = 385 f.

M. Beimbridge, commandant de la frégate américaine de l’état de Washington, avait comblé envers nous la mesure des procédés : il était resté 8 jours sur la rade pour nous attendre ; il avait fait embarquer par ses équipages tous les effets des français ; il n’avait voulu recevoir à bord aucunes provisions. Ne pouvant lui offrir d’argent, je crus devoir, en le quittant, reconnaitre au moins tant d’obligeance par un présent : je demandais à MM. Busnach un brillant. Ils me remirent, au moment où j’allais mettre le pied sur le bâtiment, la misérable bague dont il est question ici. Je ne trouvai de cadeau présentable, et le citoyen Paret, négociant à Alger, qui se trouvait embarqué avec moi, me céda le solitaire que j’ai offert à M. de Beimbridge. La bague, qui me fut remise par MM. Busnach et Bacri est donc restée entre mes mains ; elle est à leur disposition. Cet objet de dépense, dans tous les cas, eût regardé la Marine.

Voilà, Citoyen Ministre, les renseignements pris sur les huit articles du compte de MM Busnach et Bacri. Il me reste seulement à observer que l’évaluation de la piastre à 5 ½ f. me parait beaucoup trop forte.

Salut et respect.

Dubois Thainville

P. S. Ci-joint la copie de la réponse que je fais à la lettre que MM. Busnach et Bacri m’ont adressée.




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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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