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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 6 JUILLET 1807

SUR DES ACTES DE PIRATERIES

ET LES REPONSES DU DEY D'ALGER



N° 261

6 juillet 1807

Monseigneur, le brick-courrier d’Espagne vient d’arriver, et il est réexpédié en toute diligence pour l’affaire des 32 000 piastres exigées par le Dey, et que la Cour de Madrid parait refuser irrévocablement de payer.

J’ai reçu la dépêche datée de Finkestein que Votre Altesse Sérénissime m’a fait l’honneur de m’adresser le 7 mai dernier. Je me conformerai rigoureusement aux ordres qu’Elle me donne.

L’Agha avait soulevé un coin du voile qui couvre les intrigues dont le prince est environné ; mais Hassan, neveu du Dey, parti pour le camp, ainsi que j’avais l’honneur de vous le marquer par ma dernière lettre, y a répandu des sommes considérables, et le malheureux Agha, qu’Hassan a remplacé, a été étranglé. Avant cet événement, je n’avais rien négligé pour profiter de la stupeur dans laquelle les meneurs ont été pendant plusieurs semaines. Un d’eux, le jeune Mohammed, beau-frère du Dey, avait été embarqué pour Marseille ; son père Sidi Kaddour, qui a été toujours mon ami, était venu deux fois chez moi. Il s’était fortement prononcé en faveur de nos affaires ; il avait puissamment ébranlé le Dey, et le consul d’Angleterre déjà avait été très maltraité au palais. Mais le succès du neveu au camp ont rendu toute l’audace à ses complices, et l’agent britannique, à force de bassesses et de présents, est parvenu à rentrer dans une espèce de faveur, qui cependant, selon toutes les données, doit durer peu de temps. Les plus grands personnages sont prêts à déchirer entièrement le voile, et ne sont retenus que par la frayeur du fatal cordon. Tout est subordonné aux événements de Tunis, contre lequel toutes les forces algériennes sont en mouvement.

Les cinq capitaines corses et génois pris l’an passé dans le port de Bône, ont été envoyés, sur ma demande, dans ma maison.

Le 3 juin, à 8 heures du soir, dix turcs se jetèrent sur le pinque le Tigre, mouillé dans le port de Tabarque, et forcèrent à coups de yatagan, le patron génois, Nicolas Bo, à se mettre à la mer. Après trois jours de navigation, ils furent obligés de relâcher à Bône, faute de vivres. Le Raïs d’une frégate algérienne, qui s’y trouvait mouillée, s’empara d’eux, envoya ici le patron, et remit les cinq hommes d’équipage au vice-consul d’Espagne sous sa responsabilité.

J’ai réclamé le patron Bo à son arrivé ici ; mais il n’était porteur d’aucuns papiers, qu’il dit avoir laissé chez M. Raimbert, vice-consul à Tabarque, auquel le pinque appartient.

Votre Altesse Sérénissime daignera se rappeler que, lors de la saisie, l’an passé, des corailleurs dans le port de Bône. M. Raimbert s’y trouva également arrêté sur l’un de ses bateaux, commandé par le capitaine Dominici, corse, et qu’il parvint, dans une nuit, à s’échapper sur une felouque napolitaine équipée de six hommes. Le Dey élève aujourd’hui l’étrange prétention d’obtenir le paiement de ces six marins avant de rendre l’équipage de Bo. Cependant, après bien des explications, ce patron a été envoyé dans ma maison, et tous ses effets lui ont été rendus. Le Dey m’a fait dire qu’il prononcera sur cette affaire aussitôt que j’aurais produit les expéditions, que j’ai demandées à Tabarque ; mais je crois bien qu’elles ne soient pas plus en règle que celles du malheureux Dominici – voir, à cet égard, ma dépêche du 4 décembre 1806 N° 249 – M. Raimbert fait le commerce sur toute la côte avec des bateaux qu’il achète et qu’il pourvoit à ces papiers, je ne sais comment… On me rend compte, en ce moment que les cinq hommes d’équipage du capitaine Bo viennent d’arriver.

De nouveaux attentats viennent de se commettre contre nous. Malgré les ordres que Votre Altesse Sérénissime m’annonce par sa lettre du 7 mai dernier, avoir été donnés pour suspendre la pêche du corail, j’apprends qu’il est parti cette année pour Tabarque 77 bateaux ; savoir 15 corses, 22 génois, et 40 napolitains. Une frégate algérienne mouille à l’instant dans le port ; elle amène 39 hommes provenant de trois felouques génoises et une corse, ainsi que le patron d’un bateau napolitain, qui ont été saisis sur Tabarque par des chaloupes canonnières expédiées contrez Tunis.

J’ai, sur le champ, envoyé mon drogman au palais pour demander au Dey si son dessin était décidemment de faire la guerre de la France ainsi que cette conduite semblait l’annoncer. Il s’est borné à répondre qu’il m’avait déjà fait connaitre qu’il n’entendait point respecter les génois. Je lui ai fait observer que les felouques étaient toutes munies de papiers français en règle ; que, depuis longtemps, Gênes faisait partie des états de Sa Majesté l’Empereur ; qu’il avait lui-même reconnu cette réunion, puisqu’il m’avait précédemment restitué plusieurs bâtiments de cette nation, et que je l’engageais à réfléchir sur un objet de cette importance. Le drogman vient m’annoncer, en ce moment, que le Dey a résolu d’attendre, pour prononcer sur cette affaire, que le Raïs capteur, et les patrons qu’ils ont gardés à bord soient arrivés à Alger.

La précipitation avec laquelle le courrier est expédié m’empêche d’entrer dans aucun détail sur cet événement ; j’aurai l’honneur d’en rendre à Sa Majesté l’Empereur un compte plus circonstancié par la première occasion.

Je joins ici copie d’une pétition adressée à Sa Majesté l’Empereur – C‘est par erreur que cette pétition a été jointe au primata de cette dépêche ; elle est adressé à Sa Majesté le roi de Naples, et non à Sa Majesté l’Empereur de France. En conséquence, elle ne se trouvera pas jointe au duplicata. – par les napolitains faits esclaves sous leur ancien pavillon, ainsi qu’une lettre qu’ils m’ont écrite en me l’envoyant.

Je joins également une 6ème expédition de ma dépêche N° 251, que Votre Altesse Sérénissime m’annonce n’avoir point reçu.

Quant au N° 252, c’est une simple interruption de numéro ; mais il n’y en a point dans ma correspondance : c’est une erreur commise dans un moment où je n’avais pas mes minutes sous les yeux – Voir, à cet égard, ma dépêche du 7 janvier 1807 N° 254 page 1. –

Je suis de Votre Altesse Sérénissime ….

P. S. du 7. Je viens de recevoir une lettre de M. Xiclona, vice-consul d’Espagne à Bône, contenant de nouveaux détails sur l’événement qui s’y est passé. J’ai l’honneur d’en adresser la traduction à Votre Altesse Sérénissime avec un état des barques saisies, fait d’après la déposition des patrons.

Je joins également copie de l’acte de signification de la sentence du tribunal de commerce de Marseille contre le sieur Joseph Cohen Bacri, négociant à Alger, que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser avec votre dépêche du 13 avril dernier.

Dubois Thainville.




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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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