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CADN 22PO/1/37




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LETTRE

DE DUBOIS THAINVILLE

A

TALLEYRAND

DU 27 MARS 1807

SUR LE TRAITE

QUE VIENT DE SIGNER LE DEY

AVEC LES ANGLAIS



N° 258

27 mars 1807

Monseigneur, les dernières dépêches que j’ai eu l’honneur d’adresser à Votre Altesse Sérénissime sont parties le 4 de ce mois par le brick-courrier d’Espagne ; les duplicata en ont été expédiés le 23 par une frégate faisant voile pour Syracuse, d’où elle devait se rendre à Livourne. Je joins ici le duplicata de mes comptes du dernier semestre de 1806.

Je suis parvenu à me procurer l’acte passé en chancellerie algérienne, qui concède aux anglais la Cale, Bône et la pêche du corail ; j’ai l’honneur de vous l’adresser (voir en fin de lettre). Je n’ai rien voulu changer au texte : il a été traduit littéralement. Vous verrez qu’on a déjà retiré aux anglais le Collo et Gigeri, qui nous appartenaient ; ils ont été concédés à David Bacri.

On vient de m’assurer qu’on s’est emparé de la maison et des magasins de Bône, qui nous appartiennent, où l’on est entré de force.

L’expédition contre Tunis, dont personne ne doutait, parait aujourd’hui très problématique. Un camp cependant, formé déjà d’environ cent tentes, est assemblé dans ma maison de campagne, il est, dit-on, destiné à se rendre dans la province de Constantine, après avoir battu les Kbaïls de Feliça, qui viennent de se révolter ; mais on doute qu’il aille à Constantine, même à Feliça, qu’on n’a jamais soumis, quoiqu’il soit aux portes d’Alger.

Le Bey de Constantine a été étranglé après avoir reçu 800 coups de bâton ; sa femme en a reçu 1 000, et est morte. Plusieurs autres individus de sa famille ont, dit-on, subi le même sort. C’est le fils de Salah Bey, jeune homme de 21 ans, qui est nommé gouverneur de Constantine.

Cette cruauté raffinée était inconnue ici pour les grands personnages ; aussi a-t-elle révolté tous les esprits, et surtout la milice, déjà d’ailleurs très mécontente. Akhmet Pacha, Dey d’Alger, paraissant avoir un caractère doux, sorti de la classe ordinaire, sachant écrire le turc et l’arabe, semblait promettre un autre règne. C’est un tyran, pire que le sanguinaire Dgezzar de Syrie ; il a fait périr tous ceux qui avaient eu quelque emploi marquant sous son prédécesseur, le ministre de la Marine excepté ; tous ceux mêmes qui étaient à la tête de la conspiration qui l’a jeté sur le trône ont éprouvé le même sort, parce que, dit-il, ce qu’ils ont fait pour lui, ils auraient bien pu le faire pour un autre.

On redoute beaucoup l’arrivée de deux capidjis de la Porte, qu’on dit partis de Constantinople.

Je suis de….

P. S. – Des courriers viennent d’arriver, et annoncent que Constantine est menacée par les tunisiens. Le camp va être renforcé, et expédié en toute diligence ; on envoie également par mer à Bône des troupes et des munitions de guerre.

Ainsi les algériens si menaçants sont déjà sur la défensive.

Acte passé en chancellerie algérienne avec les anglais

La raison pour laquelle nous avons écrit ce contrat (ou soit firman) qu’il y a entre nous, cette année 1221 de notre ère, le premier du mois d’Enar, qui correspond au 9 janvier 1807, année courante, avec la permission de Son Excellence Akhmet Pacha et le Divan, avec le consul de Sa Majesté britannique Jérôme Escudero, qui a ample faculté pour les affaires de Bône et le Bastion, qui étaient au pouvoir des français, lui appartiendront de la même manière, ainsi que la cire et les cuirs, et tout doit être pour leur compte, sans que personne puisse faire ce commerce. A cet effet, il a été convenu qu’ils paieront 50 000 piastres fortes, et cela 25 000 de six mois en six mois dans la trésorerie royale. Pour la bonne harmonie et parfaite amitié qui existe avec Sa Majesté britannique, nous accordons au consul et à Jérôme Escudero la faculté de charger deux petits bâtiments de blé tous les ans, quelques bœufs et quelques moutons, qu’ils pourront acheter sans que personne puisse y mettre empêchement : mais nous ne permettons pas qu’ils en fassent un commerce : seulement les laines, cires et cuirs.

Lorsque les bâtiments d’état anglais viendront à Bône, ils pourront acheter pour leurs provisions une centaine de moutons, et de 30 ou 40 bœufs environ, ce que mous leur concédons parce qu’ils sont nos amis ; mais nous ne voulons pas qu’ils en fassent commerce.

Nous concédons également la pêche du corail, qui sera pour leur compte, comme lorsqu’elle était au pouvoir des français. Ainsi ils ne pourront faire d’autre commerce que celui des laines, cires, cuirs et corail.

Si quelque négociant anglais s’établissait à Bône ou au Bastion, ils pourront faire leur commerce sans que personne puisse les empêcher, et ils jouiront des mêmes privilèges dont jouissaient les français, et aucune autre nation ne pourra faire ce commerce.

Au cas que le vice-consul de Bône soit changé, le gouvernement anglais sera obligé de payer à titre de régal à son Excellence le Dey 2 000 piastres de Constantine et 6 000 saïmes pour le sceau du nouveau passeport.

Si après dix ans le vice-consul de Bône n’était pas changé, il devra payer les sommes sus mentionnées, comme feraient les français.

De plus le Bey de Constantine, ni aucun de ceux qui composent son gouvernement n’auront aucun droit sur les sujets anglais. Cependant les anglais seront obligés, lorsqu’ils apporteront des marchandises, de payer la même douane que payaient les français, et rien de plus. Et tous ceux de nos sujets qui n’obéiront pas à tout ce que dessus seront punis de mort.

Et tout ceci a été écrit avec la permission de Son Excellence le Dey Akhmet Pacha les dits mois et an, scellé avec son propre sceau à Alger.

Pour traduction conforme à la version italienne restée entre nos mains.

Dubois Thainville.




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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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