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COLLECTION PHILIPPE MAILLARD




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COPIE

DE LA LETTRE

ECRITE EN GERMINAL AN IX [MARS-AVRIL 1801]

AU PREMIER CONSUL

PAR LE DEY D'ALGER

CONTRESIGNEE PAR TALLEYRAND

POUR COPIE CONFORME



Relations extérieures.

Division des relations commerciales.

Copie de la lettre écrite en germinal an IX [mars-avril 1801] au Premier Consul par le Dey.

Ceci est la lettre amicale du glorieux ministre noble et suprême conseiller du souverain, auprès duquel il est comme la poussière qui vole des pieds du coursier rapide, et qui par la grâce et les faveurs du Très Haut, est le maître des deux terres et des mers, le réparateur des injustices et de la tyrannie, spécialement comblé des bontés divines, le sultan Sélim Kham, fils du sultan Moustapha Kham, fils du sultan Ahmet Kham (que le pardon et la miséricorde de Dieu soit sur lui) du Régulateur du monde, qui administre les affaires de l’état avec un discernement sûr, S. [?] le gouverneur d’Alger en Barbarie, Mustapha, que Dieu lui facilite l’accomplissement de ses volontés !

Au plus grand des Grands, au plus élevé de ceux qui suivent les lois du Mufti, à ceux qui gouvernent la République française et particulièrement à S. E. notre ami Bonaparte, doué d’une sagesse profonde. Après vous avoir présenté l’hommage convenable de nos salutations amicales et des vœux que nous formons pour que votre fin soit heureuse, après nous être informés de l’état de vos dispositions et avoir demandé à Dieu l’accomplissement de nos souhaits, qui sont pour le bien, nous avons l’honneur de vous informer que :

notre respectable, sincère et ancien ami, nous sommes officiers de la Porte, gouverneur d’Alger en Barbarie, et notre ancienne amitié ainsi que notre estime pour vous ont toujours été durables. Dans les circonstances le renvoi que nous avons fait de votre consul, ne point été avec des apparences d’inimitié et le renvoi qui a pu paraitre hostile aux yeux du monde, doit être envisagé d’une manière opposée.

Ce qui s’est passé entre vous et nous, ayant paru à la Porte ottomane (que Dieu veuille éterniser) un acte d’inimitié et de manque de foi envers le souverain maître et seigneur dont nous sommes les serviteurs et les esclaves, et d’après les ordres qui en sont émanés, notre conduite à l’égard de la République française, ayant été considérée comme une trahison complète, il nous a été dit :

Vous êtes nos ennemis, vous qui êtes gouverneur d’Alger, si vous ne vous montrez ennemis de la susdite république, en chassant de vos états tant les Français que le consul qui y résident.

Ces ordres ont été répétés plusieurs fois, et enfin comme il est de notre devoir d’obéir aux lois de notre sainte religion et aux ordres suprêmes de notre souverain, il est devenu convenable et nécessaire d’y souscrire.

Si nous avions désobéi, nos propres sujets seraient unis contre nous ; c’est d’après ces considérations que nous avons fait ses démarches en apparence hostiles ; s’il en avait été autrement, à Dieu ne plaise, qu’il fut jamais émané de nous la moindre hostilité ou le moindre dommage. Mais la sagesse est en Dieu et c’est lui qui l’a ainsi voulu. Sans doute cet état ne durera pas. Il n’est rien de si difficile qui ne s’arrange, et s’il plait à Dieu, le trouble sera sous peu changé en repos. Comme auparavant, la discorde sera éloignée et la paix devenant durable, nous serons tous comblés de satisfaction et de joie.

Notre grand ami, le traité de paix qui avait été précédemment conclu sous la forme d’armistice, ayant été divulgué auprès de la Sublime Porte, quelques personnes mal intentionnées et qui sèment la discorde par des discours pleins d’hypocrisie, ont fait parvenir diverses paroles mensongères, et par leurs insinuations, nous ont aliéné les bonnes grâces de notre souverain, l’appui et le refuge du monde. Pourquoi, a-t-il dit, se sont-ils conduits d’une manière contraire à mes ordres.

Il nous est parvenu que pour s’assurer de notre soumission, il devait être envoyé contre nous des vaisseaux et des troupes. Que cela soit ou non, cela est possible, et dans le cas de l’affirmative, ce ne pourrait être que dans de mauvaises intentions. Si vous en avez connaissance, il faut nous prouver votre ancienne amitié. Si la flotte ottomane fait voile vers ces parages, et que vous en ayez avis, comme vous êtes actuellement considérés en ennemis, il faut préparer un certain nombre de vaisseaux de guerre avec les munitions nécessaires, pour intercepter les passages et bruler tout ce qui viendrait vers nous. C’est en écartant de nous de pareils malheurs que vous observerez les lois de l’amitié. S’il plait à Dieu, de notre côté, dans la suite du temps, nous les observerons entièrement, et vous saurez à n’en pouvoir douter, que nous ne refuserons pas de faire tout ce qui sera convenable à cet effet.

Cependant, mon respectable ami, que ces paroles et cette lettre soient toujours un profond secret entre nous ; qu’elles ne soient pas connues surtout des hommes vils et méprisables qui sont chez vous. Sil en était autrement, vous seriez sans nécessité la cause d’une foule de maux et d’inimitiés entre la Porte ottomane et nous. Vous avez trop d’intelligence pour qu’il soit nécessaire de s’expliquer davantage, et quand même les apparences seraient contraires au sens de cette lettre, que notre secret reste entre nous et que ceci soit sous la sauvegarde de Dieu.

Il est possible que la nouvelle dont nous vous avons parlé, ait été semée par les ennemis : mais n’en faites part absolument à personne et qu’à l’exception des juifs, ce soit un secret pour tout le monde. Si cette nouvelle était vraie, faites nous le savoir par écrit et de la manière accoutumée ; sinon soyez sans inquiétude.

Ecrit vers la fin de Zi – ul – candé l’an de l’hégire 1215 (1804).

En haut de la lettre sont la signature et le sceau du Dey et au bas ceux de Mustapha Emin, Aly aga et Suleyman Podjea.

Pour copie conforme

Le ministre des Relations extérieures.

Ch. Mau. Taleyrand.




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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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