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COLLECTION PHILIPPE MAILLARD




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CIRCULAIRE

DE TALLEYRAND

AU

COMMISSAIRE DES RELATIONS COMMERCIALES A ALGER

[DUBOIS THAINVILLE]

SUR LE COURONNEMENT DE L'EMPEREUR

EN DATE DU

13 NIVOSE AN XIII

[3 JANVIER 1805]



Circulaire.

Paris, le 13 nivôse an 13 [3 janvier 1805].

M. le Commissaire général à Alger [Dubois Thainville].

Le sacre et le couronnement de Sa Majesté Impériale ont terminé la révolution ; ils ont replacé la France sous le gouvernement qui convenait à son étendue, à ses habitudes et auquel on n’avait renoncé après une épreuve de 14 siècles, que pour se jeter dans des théories vagues, sans liaison avec le passé et ne donnant pour l’avenir aucune garantie.

Tous les journaux ont donné les détails des fêtes qui ont accompagné cette auguste cérémonie, mais ils n’en ont représenté que la pompe ; ils n’ont pas assez exprimé l’enthousiasme excité parla présence de leurs Majestés et ce profond sentiment de joie et de sécurité qui s’est répandu dans toute la France, depuis que leur avènement, consacré par la religion, consolide la paix intérieure, remplit toutes les espérances, et acquitte la dette publique envers celui qui a sauvé l’état et relevé les autels.

Toute la France était représentée au couronnement. Toutes les députations convoquées s’étaient empressées de s’y rendre ; plusieurs princes, d’autres chefs de gouvernement voisins s’y trouvaient en personne, ou par leurs députés et leurs ministres. Toutes les puissances s’intéressaient à un événement qui donnait à leurs relations avec la France une nouvelle garantie.

La présence de Sa Sainteté agrandissait encore le spectacle du couronnement ; il serait difficile de peindre l’émotion des spectateurs lorsque Sa Sainteté précédée des cardinaux, de tous les évêques de France, de tout le clergé de la capitale fit son entrée dans l’église de Notre Dame pour appeler sur le nouvel Empereur les bénédictions du ciel, et lorsqu’ensuite l’Empereur et l’Impératrice arrivés dans l’église avec les ornements impériaux, mais les ayant déposés sur l’autel et ayant reçu l’onction sainte, en furent de nouveau décorés.

L’émotion redoubla, lorsque Sa Majesté l’Empereur prit avec vivacité sa couronne sur l’autel, la mit sur sa tête et couronna ensuite Sa Majesté l’Impératrice.

Un trône était placé à l’autre extrémité de l’église. Leurs Majestés s’y rendirent et furent saluées par d’unanimes acclamations.

Les mêmes témoignages d’enthousiasme, d’attendrissement, de respect les accompagnèrent à leur retour dans leur palais, et au milieu des fêtes qui eurent lieu les jours suivants.

Le lendemain du couronnement Sa Majesté Impériale distribua aux différentes députations de l’armée leurs nouveaux drapeaux et vit défiler devant Elle au Champs de Mars un corps de 30 000 hommes de troupes. Le concours des spectateurs était immense. Tous les autres points de la capitale offraient le spectacle d’une fête générale et populaire où l’on avait réuni tout ce qui pouvait donner plus d’essor à la joie publique.

Quelques jours après, une nouvelle fête a été donnée par le Sénat, une autre fête a été donnée par la ville de Paris, d’autres auront encore lieu. Toutes les classes de la société se félicitent d’entrer sous un règne commencé sous des auspices si favorables. Tous les grands fonctionnaires s’empressent d’accueillir tous les députés venus au couronnement : cet empressement passé dans toutes les classes et jamais les députés de toutes les parties de la France ne formèrent une réunion plus fraternelle, ne furent plus unis par les mêmes vœux et les mêmes espérances.

L’opinion se prononce dans toutes les parties de la France d’une manière également unanime et solennelle ; on y exprime le même dévouement pour Leurs Majestés Impériales, le même respect envers Sa Sainteté. La présence du souverain pontife en France et l’exemple de ses vertus y relèvent les opinions religieuses et modérées : l’esprit public se compose chaque jour davantage des sentiments d’ordre et de paix, d’amour envers le gouvernement, de respect pour les lois et pour les institutions destinées à les protéger.

La plupart des députés commencent à retourner dans leurs départements ; leur influence ne pourra qu’y développer encore davantage ces différentes affections. Ils ne connaissaient que les grandes actions de l’Empereur, et ils ont éprouvé sa bienveillance, ils ont vu avec quelle bonté touchante Sa Majesté l’Impératrice accueillait les témoignages de l’affection publique ; ils ont été témoins de tout ce que l’Empereur a fait pour la gloire des arts, pour l’embellissement d’une ville, qui appartient à la France, pour les progrès de son commerce et de son industrie. Ils ont appris les uns des autres que sur tous les points de la France où il y a d’utiles établissements à former des routes, des canaux, des ports, des chantiers à construire, l’Empereur y apporte également tous ses soins et qu’il s’applique avec un zèle infatigable à mettre en valeur toutes les richesses, toutes les ressources de la France.

J’ai cru, Monsieur, qu’il pouvait être utile de mettre ce tableau sous vos yeux, afin que l’époque mémorable du couronnement de Leurs Majestés et toutes les circonstances qui l’accompagnent, puissent être envisagées dans le pays où vous résidez, sous le même point de vue qu’elles le sont en France. L’autorité de Sa Majesté Impériale est aujourd’hui consacrée par tout ce qu’il y a de plus respectable et de plus auguste. Elle est affermie par les sentiments d’affection que lui ont voués tous les Français et par le nouveau développement que Sa Majesté a donné à la puissance et à la prospérité de l’Empire.

Vous pouvez faire usage dans vos conversations des observations que renferme cette lettre ; tout ce qui est relatif au couronnement de Sa Majesté Impériale peut d’autant plus intéresser le gouvernement près lequel vous résidez, que Sa Majesté est constamment attaché à resserrer les liens d’amitiés, qui l’unissent à la France.

J’ai l’honneur de vous saluer.

Ch. Mau. Taleyrand [sic].




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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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