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DESSIN D'ALLEN POPE




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LE SAUMON DE M. DE TALLEYRAND







Saumon du Rhin garni d'écrevisses
Illustration d'un livre de cuisine du XIXeme siècle
©Merci à Patrick Prunier. Reproduction interdite.







M. de Talleyrand, le grand diplomate, était aussi un grand gourmet.

En partant pour Vienne il avait déclaré fièrement à Louis XVIII :

Sire, j'ai plus besoin de casseroles que d'instructions. Laissez-moi faire et comptez sur Carême.

Car le grand Carême, l'illustre cuisinier, était à son service.

Donc, un jour, à Vienne, le prince de Talleyrand décida de donner un dîner magnifique, un de ces dîners qui rendent un homme illustre, qui font honneur au pays qu'il représente et dont on parle pendant longtemps.

Il voulait surtout servir un poisson merveilleux et, pour être sûr d'obtenir ce qu'il voulait, il avait commandé chez deux marchands différents deux énormes saumons.

Le matin du jour où devait avoir lieu le dîner on apporta un splendide saumon du Rhin. Il était aussi grand qu'un homme.

Pendant que tout le monde admirait cette bête exceptionnelle le second saumon, qui venait de la Moselle, fit son apparition. Celui-ci ne mesurait pas moins de six pieds.

Monseigneur, dit Carême, il y a un saumon de trop. On ne peut pas les servir tous les deux...

Vous les servirez cependant tous les deux, répondit le diplomate.

Monseigneur, je ne ferai pas cela. C'est contraire à toutes les règles.

Mais, monsieur, quand je commande...

Monsieur, personne ne peut me forcer à faire une faute professionnelle...

Voyons, ne vous fâchez pas, Carême...

Et le ministre des Affaires Etrangères chuchota quelques mots à l'oreille du cuisinier.

Au cours du dîner, dans une salle à manger éclairée d'innombrables bougies, où étincelaient les diamants et les médailles des officiers, des flûtes et des violons annoncèrent soudain l'arrivée d'un plat extraordinaire.

Deux maîtres d'hôtel entrèrent portant solennellement un plat d'argent. Le saumon du Rhin, entouré de citron et de persil, était couché sur un lit de fleurs.

Soudain, comme tout le monde poussait des cris d'admiration, un des maîtres d'hôtel glissa et le saumon tomba sur le parquet.

Un murmure désolé et plaintif s'éleva. Etait-ce possible ? Un si beau poisson... Perdu!

Faites venir Carême! cria M. de Talleyrand.

Monsieur, dit sévèrement le prince au cuisinier, voyez ce qu'on a fait de votre poisson. Avez vous prévu qu'un accident semblable pourrait arriver?

Monseigneur, j'ai un autre saumon tout prêt, répondit Carême. Je prends toujours mes précautions...

Et l'on apporta, avec le même cérémonial, et selon ce qui avait été décidé le matin, pour étonner les invités, le saumon de la Moselle qui était encore plus beau.



Texte anonyme








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© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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