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Collection Philippe Maillard.


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L. S.

DE TALLEYRAND

AU

CITOYEN DUBOIS THAINVILLE

COMMISSAIRE A ALGER

SUR UNE DEMANDE DE REPARATIONS AU DEY D'ALGER

EN DATE DU

27 VENDEMIAIRE AN XI

[19 OCTOBRE 1802]



Relations extérieures

Direction des Relations Commerciales

Paris, le 22 Vendémiaire an Onze [14 octobre 1802]

Le Ministre des Relations extérieures

Au Citoyen Dubois Thainville Chargé d’affaires Commissaire général à Alger

J’ai à répondre, Citoyen, à votre lettre du 10 Fructidor dernier n° 122 [28 août 1802].

Vous m’accusez la réception de celles que je vous avais écrites depuis le 20 Prairial [9 juin 1802] jusques et compris le 9 Thermidor [28 juillet 1802]. Je savais déjà que vous aviez reçu les plus intéressantes de ces dépêches ; j’ai été bien aise d’apprendre qu’elles vous étaient toutes parvenues.

Vous entrez dans quelques détails à l’occasion des restitutions à exiger de la Régence relativement aux effets et à l’argent qu’elle a saisis dans nos comptoirs.

Je vous adresse copie d’une note qui m’a été remise par le Citoyen Bertrand ex-directeur de la compagnie d’Afrique. Elle est accompagnée de divers Etats rédigés par le Citoyen Guibert, et dont je vous fais également l’envoi, quoique je doive supposer que les pareils existent dans votre chancellerie.

Le Citoyen Bertrand établit en principe que le compte des divers objets à répéter sur la Régence doit se régler à Alger, où s’effectueront les paiements résultants de la liquidation du compte, sauf le montant des marchandises et effets retirés par la maison Bakri, pour lequel elle fournira une délégation sur ses correspondants à Paris.

Toutes les dispositions exprimées dans cette note me paraissent extrêmement claires et je vous prie de les observer exactement.

Quant à la dette du Cheick Abd’allah, les renseignements dont vous avez besoin vous seront envoyés de Marseille.

Je ne saurais trop vous recommander de mettre dans cette opération tout le soin et tout le zèle dont vous êtes capable, et de stipuler surtout le plus avantageusement possible les intérêts des employés des concessions.

Vous m’annoncez l’arrivée de l’aviso l’Osiris, dont le Commandant était porteur de deux paquets, l’un d’eux pour l’Aide de camp Berge. Vous avez supposé qu’il renfermait la seconde lettre du Premier Consul pour le Dey, et calculant qu’il pourrait y avoir quelque inconvénient à la remettre postérieurement à la conclusion des affaires pour lesquelles elle avait été écrite, vous n’avez pas cru devoir ouvrir le paquet. J’approuve votre réserve et vous autorise à en rompre le cachet, pour en vérifier le contenu. Si c’est effectivement la lettre du Premier Consul (et elle doit être écrite en Turc), vous en ferez le dépôt dans votre chancellerie.

Puisque le Gouverneur de Bonne s’est encore permis d’arrêter deux bateaux pêcheurs du Corail, vous avez bien fait d’insister sur sa destitution. Nous ne pouvons maintenir notre considération à Alger, qu’en exigeant impérieusement satisfaction sur tous les écarts auxquels on pourrait encore essayer de se porter. Je n’ai d’ailleurs qu’à applaudir au parti que vous avez pris d’envoyer à Bonne le Citoyen Léon pour y protéger la pêche du Corail et je confirme toutes les dispositions des instructions que vous lui avez remises.

Je vais écrire à la légation française à Madrid pour qu’elle sollicite et obtienne du Ministère espagnol qu’il soit donné des ordres à son Agent à Alger pour qu’il s’entende avec vous relativement au rachat des esclaves d’Oran.

Je vais également prescrire au Commissaire français à Naples d’agir auprès de cette cour, de manière à obtenir en faveur des Raïs ses prisonniers, des adoucissements équivalents à ceux que vous avez procurés aux Capitaines napolitains esclaves à Alger.

M. de Dreyer, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire de Danemark à Paris, vient de m’écrire pour me demander que vous soyez autorisé à appuyer auprès du Dey toutes les représentations que l’Agent danois pourrait avoir à lui faire. Ce vœu de M. de Dreyer ayant obtenu l’assentiment du Premier Consul, je vous autorise et vous invite à intervenir au nom du Gouvernement français dans toutes les affaires pour lesquelles l’Agent danois réclamerait nos bons offices. Vous voudrez bien d’ailleurs m’en rendre exactement compte.

J’ai à vous annoncer le prochain départ de l’Ingénieur demandé par le Dey. Le choix du Ministre de la guerre s’est fixé sur le Citoyen Bouin, chef d’ouvriers vétérans à l’arsenal de Turin. Je lui remets une lettre qu’il aura soin de vous représenter à son arrivée à Alger, après l’avoir prévenu qu’il doit passer par Toulon pour y prendre connaissance des divers matériaux demandés par la Régence et en surveiller l’embarquement. Je lui donne quelques instructions générales sur sa mission. Vous les compléterez en lui fournissant tous les renseignements de détail qui pourront lui être nécessaires. Je lui recommande, au surplus, de suivre toutes vos directions, de vous rendre compte de tous ses travaux et de vous communiquer toutes les observations et remarques particulières qu’il aura occasion de faire.

Quant à ses intérêts pécuniaires, c’est spécialement par vous qu’il devra en être traité avec la Régence. Vous voudrez bien insister auprès d’elle pour qu’elle lui tienne compte de ses frais de voyage et lui attribue un traitement convenable dont vous surveillerez l’exact acquittement.

J’ai l’honneur de vous saluer.

Ch. Mau. Talleyrand.


Copie d’une note remise par le Citoyen Bertrand Ex-Directeur de la Compagnie d’Afrique.

Les réclamations que les Français ont à faire à la Régence d’Alger, portent sur différents objets, dont les uns concernent les particuliers employés par l’Agence d’Afrique dans leurs concessions ; les autres concernent l’Agence d’Afrique ou l’ancienne Compagnie d’Afrique.

Les deux états ci-joints présentent les tableaux distincts de ces objets et de leur évaluation.

Le règlement de compte de ces deux états doit se faire à Alger ; 1° avec la Régence pour les parties qui regardent l’agence et l’ancienne Compagnie d’Afrique ;

2° avec la maison de Bakri et Busnach pour les marchandises et les effets dont ils se sont chargés et qu’ils ont retirés des comptoirs.

Le paiement de ce qui concerne l’Agence et l’ancienne Compagnie d’Afrique ne peut s’effectuer qu’à Alger, puisque c’est la Régence qui doit en faire compte. C’est d’elle conséquemment qu’il faudra en recevoir le paiement et en faire la remise en France. Les sommes qui proviennent de ce règlement de compte devront être réparties entre l’Agence et l’ancienne compagnie d’Afrique. Il est un objet qui revient incontestablement à cette compagnie, c’est la dette du Chek Abdalla et de ses enfants pour les avances faites par elle à ce Chek et à sa famille.

Pour ce qui concerne les effets pillés aux employés dans les concessions, c’est encore un objet à régler avec la Régence. Les indemnités dont on pourra convenir à cet égard doivent encore être acquittées par le gouvernement d’Alger. La remise et la distribution ne peuvent avoir lieu qu’en France.

Pour ce qui est des marchandises et des effets retirés par la maison de commerce de Bakri et Busnach et vendus par elle, c’est à cette maison à en donner compte et comme ces marchandises et effets avaient été achetés partie avec les fonds de l’Agence et partie avec ceux de la Société Ravel & Cie, la valeur de ces marchandises ou leur produit devra servir à l’acquittement de la créance de la Compagnie Ravel et Cie et au paiement de tout l’argent comptant qui a été pris tant à cette Société qu’aux employés dans les concessions, parce que cet argent comptant a servi au paiement de 5 lismes arriérées et dües par l’Agence d’Afrique au Gouvernement d’Alger.

Il paraîtrait donc suffisant d’arrêter le compte du produit de ces marchandises et effets avec la maison Bakri et Busnach d’Alger, qui fournirait une délégation sur la maison Bakri à Paris, pour le montant de tous les objets vendus et dont le produit doit lui être rentré depuis longtemps.

Le citoyen Commissaire du Gouvernement chargé de la discussion et du règlement de ces affaires a en mains tous les documents qui y sont relatifs. Les intéressés s’en rapportent à ses lumières et à sa sagesse ainsi qu’à sa fermeté. Comme il connaît la légitimité de ces réclamations, les dommages et les souffrances que les employés ont éprouvés dans les concessions et à Alger, on se persuade qu’il mettra dans la poursuite de ces demandes tout le zèle dont il est capable. Il voudra bien adresser tous les résultats au Ministre des Relations extérieures, tant ceux qui concernent l’Agence et l’ancienne Compagnie, que ceux qui regardent les employés et la Société Ravel et Cie.

Pour copie conforme.

Le Ministre des Relations extérieures.

Ch. Mau. Talleyrand.




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© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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