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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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A PROPOS DE LA RETRACTATION

DE TALLEYRAND :

DEUX NOUVELLES LETTRES INEDITES

DE LA DUCHESSE DE DINO

PAR

R. LIMOUZIN-LAMOTHE





Nous avons publié ici-même, il y a quelques années, deux articles sur Mgr de Quelen et la conversion de Talleyrand (1) qui fournissaient un certain nombre de documents inédits, extraits des archives de l’Archevêché de Paris. Nous nous permettons de revenir brièvement sur ce sujet, d’abord pour rectifier une inexactitude, et ensuite pour donner le texte de deux autres lettres inédites de la duchesse de Dino que nous avons retrouvées depuis dans les mêmes archives.

***

L’inexactitude nous a été signalée par M. André Beau, percepteur à Champs-sur-Tarentaine (Cantal), que nous remercions de sa communication. Il nous a fait observer que la lettre de la duchesse de Dino publiée aux pages 73-74 du B.L.E. n° 2 de 1958 ne peut pas être du 18 janvier 1838, comme nous avions cru pouvoir le dire, mais probablement du 18 janvier 1836. Elle annonce, en effet, la mort d’une petite-fille de la duchesse, et cette petite-fille ne peut être que Yolande de Valençay, décédée, d’après l’inscription même du tombeau à Valençay, le 17 janvier 1836. Cette erreur de date nous avait fait croire à tort que la phrase de la duchesse : « (Mes enfants) ont perdu il y a peu d’heures leur seconde fille », signifiait qu’ils en avaient déjà perdu une autre, alors qu’elle voulait dire seulement que la petite morte était la cadette ; l’aînée, nous dit M. Beau, était Valentine, future vicomtesse d’Etchegoyen, née en 1830.

Cette rectification de date doit donc faire supposer, ajoute M. Beau, que la lettre de la duchesse de Dino dont il s’agit constitue « la réponse à l’importante et longue lettre de Mgr de Quelen en date du 15 janvier 1836 », publiée pages 167-169 du B.L.E. n° 3 de 1957. Une seule difficulté paraît s’opposer à cette interprétation, toujours d’après M. Beau : c’est que le 18 janvier 1836 n’était pas un samedi, comme la lettre l’indique, mais un lundi. Il peut s’agir d’une erreur de jour commise par la duchesse. En tout cas, le 18 janvier 1838 n’était pas non plus un samedi.

Les deux lettres inédites que nous avons maintenant à ajouter à ce dossier ne sont pas datées, elles non plus, d’une façon précise. On peut les placer, sans difficulté, d’après leur contenu, aux premiers mois de 1838, quelque temps avant la mort de Talleyrand. Pour essayer de préciser davantage, nous les avons soumises à M. André Beau qui, en partant du jour de la semaine indiquée par la duchesse de Dino, a tenté de retrouver le quantième et le mois exact.

Dans la première, qui serait du mardi 27 février 1838, la duchesse donne à Mgr de Quelen des nouvelles de Talleyrand qui souffrait, depuis quelques jours, d’un « gros rhume » et dont l’état de santé avait donné lieu à des bruits alarmants (2) :

MARDI (3)

Non, Monseigneur, Mr de Talleyrand n’a pas été pris d’une fièvre aigue. – Il n’est que très enrhumé et avec ce mouvement de fièvre qui accompagne toujours le gros rhume – à 84 ans cependant (4) un rhume même n’est pas indifférent et je serai fort soulagée quand je l’en verrai débarrassé. – Il dine à table et fait sa partie le soir (5). – Veuillez m’indiquer un jour et une heure de cette semaine-ci ou de l’autre où je pourrai avoir l’honneur de vous trouver et de vous mener ma fille et ma sœur (6) qui désirent ainsi que moi avoir l’honneur de vous offrir leurs hommages (7). Agréez avec votre bonté accoutumée tous les miens.

Desse de Dino.

Mille grâces pour le mandement (8).

Dans la seconde lettre, qui serait du lundi 14 mai 1838, c’est-à-dire trois jours avant la mort de Talleyrand, survenue le 17, la duchesse de Dino demande une audience à Mgr de Quelen pour lui rendre compte d’une conversation qu’elle a eue avec le prince, certainement au sujet de la signature de sa rétractation. Elle ajoute que Talleyrand est sérieusement malade, d’ « une tumeur accompagnée de fièvre » et qu’elle est inquiète, malgré les assurances des médecins :

LUNDI (9)

J’ai non seulement un grand désir, mais encore un véritable besoin de vous voir, Monseigneur ; et je vous prie de vouloir bien m’indiquer le jour et l’heure où je pourrai arriver jusqu’à vous, sans trop vous déranger. Je désire vous rendre compte d’une conversation que j’ai eu comme suite avec celle qu’on savait que je devais avoir avec vous. Je veux aussi vous montrer une lettre que j’ai reçu de Rome, et qui m’a étonnée. Enfin je veux vous dire que je suis un peu soucieuse de la santé de ma fille (10) qui reste faible et chancelante – mais surtout je veux vous confier mes inquiétudes sur l’état de M. de T. Depuis avant hier soir il s’est manifesté une tumeur accompagnée de fièvre, que les médecins n’ont jugés qu’hier au soir. – Ils l’ont pris d’abord pour un simple clou. Il paraît que c’est plus grave. – Hélas ! je ne doute pas de ce que c’est. – Les médecins m’assurent que jusqu’à présent c’est sans aucuns dangers. – A tout autre cas je le croirai, au sien cela ne me paraît pas indifférent. – Vous comprendrez aisément combien je suis tristement préoccupé ! Je vous supplie d’invoquer plus que jamais les grâces du Ciel sur moi !

Hommages et respects.

D.

Ces documents montrent, comme ceux que nous avons précédemment publiés, que la duchesse et l’archevêque étaient, l’un et l’autre, dans les premiers mois de 1838, fort inquiets de la santé de Talleyrand et empressés à lui procurer, avant sa mort, une réconciliation avec l’Église.

R. Limouzin-Lamothe.

Notes :

(1) Bulletin de littérature ecclésiastique, juillet-septembre 1957, p. 151-172, et avril-juin 1958, p. 73-94.

(2) Cf. Chronique de la duchesse de Dino, t. II, p. 214.

(3) Lettre originale et inédite. Archives de l’archevêché de Paris, papiers de Mgr de Quelen, dossier T. Nous reproduisons l’orthographe et la ponctuation originales.

(4) Talleyrand avait eu 84 ans le 2 février.

(5) Il jouait au whist chaque soir. Cf. Chronique de la duchesse de Dino, t. II, p. 209. (Note de M. A. Beau).

(6) La duchesse de Sagan, dont la duchesse de Dino devait prendre le titre après sa mort.

(7) La duchesse de Dino, accompagnée de sa fille et de sa sœur, fut reçue à l’archevêché le 7 mars suivant. Cf. Chronique de la duchesse de Dino, t. II, p. 217 (Note de M. A. Beau).

(8) Il s’agit vraisemblablement du mandement de carême pour 1838, que Mgr de Quelen avait envoyé à la duchesse.

(9) Archives de l’archevêché de Paris. Même dossier. Lettre originale et inédite. Il s’agit du lundi 14 mai 1838. La preuve explicite s’en trouve rapportée en dernier lieu dans La onzième heure, le récent ouvrage du chanoine F. Renaud. Annexes : Mes souvenirs sur les derniers instants de M. le prince de Talleyrand, mai 1838, relation d’Adolphe de Bacourt, p. 121-122 (Note de M. A. Beau).

(10) Pauline de Périgord, fille d’Edmond de Périgord, duc de Dino, neveu de Talleyrand, et de Dorothée de Courlande, duchesse de Dino. Née le 29 décembre 1820 (F. de Bernardy, Le dernier amour de Talleyrand, La duchesse de Dino, 1956, p. 125).

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BULLETIN DE LITTERATURE ECCLESIASTIQUE N° 63 - 1962









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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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