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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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TALLEYRAND

PAR

LOUIS RICHARD



I


Les Lettres inédites de Talleyrand à Napoléon (1), que M. Pierre Bertrand a l’heureuse fortune de publier aujourd’hui, forment le pendant de cette curieuse Correspondance de Talleyrand et de Louis XVIII, que M. Pallain a fait connaître il y a quelques années. Elles émanent de ces mêmes archives du ministère des Affaires étrangères d’où sont sorties déjà de si étonnantes révélations. D’autres lettres de Talleyrand s’y concervent encore et prendront place dans la grande édition des œuvres diplomatiques de Talleyrand que M. Pallain a entreprise, et dont il nous donne, de son côté, un nouveau fragment d’un haut intérêt : la mission de Talleyrand à Londres en 1792 (2). Le soin et l’exactitude qui caractérise les publications de M. Pallain se retrouvent dans ce volume qui éclaire d’un jour plus vif une partie de l’œuvre de Talleyrand et nous fait pénétrer dans un coin peu connu de sa vie pendant la fièvre révolutionnaire. C’est un régal de haut goût pour l’histoire et la diplomatie. À en juger par ce spécimen, la grande édition des œuvres diplomatiques de Talleyrand sera un véritable monument. Quant aux Lettres inédites publiées par M. Bertrand, elles peuvent être regardées comme une utile contribution à l’histoire de ce personnage célèbre. Sur un point même, elles sont d’une importance capitale. Elle réduisait définitivement à néant la légende acceptée par tant d’historiens, par M. Thiers et M. de Broglie lui-même, d’après lequel les œuvres de Talleyrand auraient eu pour auteurs, non point Talleyrand, mais ses secrétaires et principalement La Besnardière. Le tact littéraire de Sainte-Beuve et le pénétrant sens historique de M. Sorel s’étaient déjà révoltés contre cette assertion qui avait sa source première dans les racontars d’un secrétaire de Napoléon Ier.

On a dit que ces lettres n’étaient pas de lui, c’est supposer une étrange modestie à celui qui les aurait composées ; quand on possède ce talent, on ne le garde pas pour les autres (3).

L’argumentation de M. Bertrand et les preuves nouvelles qu’il apporte paraissent décisives. Le véritable auteur des oeuvres de Talleyrand est Talleyrand lui-même.

Son mépris de l’opinion publique, qui s’est traduit en plus d’une anecdote amusante, avait laissé s’accréditer cette calomnie ; la passion de ses premiers historiens la propagea. Talleyrand a été incontestablement un des hommes les plus attaqués du siècle, et aussi un de ceux dont la mémoire a passé par les fluctuations les plus diverses. L’article de la Biographie de Michaux, si savamment compilée, respire une haine intense. L’esquisse de Sainte-Beuve est une formidable vivisection morale. Un courant de réhabilitation s’établit ensuite. M. Sorel surtout, à la suite de sir Bulwer Lytton et de M. Pallain, a dignement apprécié le rôle de Talleyrand au congrès de Vienne, « où il a bien servi la France ». Le dernier écrivain qui ait parlé de Talleyrand, M. de Castellane, dont les lecteurs de la Revue connaissent la remarquable étude (4), s’est constitué en quelque sorte son défenseur et son panégyriste enthousiaste. Mais ni sir Bulwer Lytton, ni M. Sorel, ni M. de Castellane n’ont voulu faire autre chose que de l’histoire diplomatique ou de la psychologie. Ils ont à dessein laissé de côté l’homme privé pour l’homme d’État. « Il est sacrifié, » dit M. Sorel. -- « sa vie privée appartient à Dieu, » écrit M. Castellane. Et pourtant cette vie privée est au moins la moitié de lui-même. La négliger entièrement, n’est-ce pas courir le risque de ne pas le connaître du tout ? L’homme extérieur n’est point indépendant de l’homme intérieur, et l’expression : « Il y a deux hommes en lui » est littéraire, non scientifique. Pour arriver à la psychologie raisonnée d’un homme il ne faut rien sacrifier de cet homme. Tous les éléments d’un caractère se tiennent et s’expliquent les uns par les autres.


II


Sorti d’une famille ancienne, abbé malgré lui par une de ces vocations forcées, si fréquentes au siècle dernier, ayant dû à 20 ans son premier bénéfice à un bon mot chez Mme du Barry, M. de Talleyrand appartenait à l’ancien régime par son origine et son éducation, et il resta toujours un homme d’ancien régime par l’esprit et les mœurs. Il en eut la suprême distinction, l’élégance, la corruption raffinée, l’impertinence correcte et l’esprit, -- les besoins aussi. Sa maison était celle d’un grand seigneur. « Une fois qu’on y était entré, on n’en sortait plus. » On sait quelle place occupèrent dans toute sa carrière les affaires d’argent. Il évaluait lui-même à 60 millions les cadeaux qu’il avait reçus des puissances grandes et petites. – le dédain des scrupules dans sa vie publique n’est pas moindre. Il servit et flatta tous les gouvernements il s’offrit à Louis XVI pour continuer Mirabeau ; il accepta de l’Assemblée législative une mission en Angleterre, du Directoire un poste. Il prit part au 18 brumaire, fut prince de l’Empire, ministre de Louis XVIII et ambassadeur de Louis-Philippe à Londres. C’est là ce qu’on peut appeler de l’éclectisme où la dignité des convictions entre pour une part minime. Au fond de Talleyrand il n’y avait guère que le désir tout personnel de réussir. Il a été le premier des opportunistes.

Mais les dehors étaient exquis. On n’imagine pas plus d’élégance dans l’allure, plus de bon ton dans l’esprit. Il y a un tel déploiement de séduction dans cette vie, que sa facilité même en devient moins blâmable. C’est un si grand art que celui des convenances et de la forme, l’art de se dominer et de se mater si bien que toutes les parties instinctives de nous-mêmes soient paralysées à l’extérieur. – Sainte-Beuve a mis sous les yeux du public quelques parcelles de la correspondance privée que Talleyrand entretint, sur la fin de sa vie, avec des femmes du monde, Mme Mollien, la duchesse de Dino ; c’est un piquant échantillon d’un style de grand seigneur. Il s’y montre au naturel, fin, ironique, toujours plein de goût. Il y a du Voltaire en lui et du prélat de cour. Pareillement dans ses lettres à Napoléon, il trouve sans effort d’exquises louanges : « Je crains que ce ne soit par bonté, que Votre Majesté m’ait dit que son absence ne serait que de trois ou quatre jours. » C’est ce que M. Bertrand appelle, avec esprit, un langage d’amoureux. – ses bons mots, ses saillies célèbres, sa verve dans la conversation, tout ce qui a fait de lui une personnification de l’esprit français, tout cela est marqué au coin de son origine.

L’affectation d’indolence n’est pas une des moindres empreintes qu’il avait gardées du XVIIIe siècle. Il a été un des grands travailleurs de son temps. Il a tenu tête à Napoléon. Les preuves matérielles de son travail existent sous toutes les formes : pièces copiées de sa main lorsqu’il était d’agent général du clergé, travaux académiques, rapports, correspondance volumineuse. Il avait une façon particulière de travailler, ne dépensant que la dose de force exactement nécessaire, ayant pour maxime qu’il ne devait jamais faire une besogne qu’un subalterne pouvait faire à sa place, mais se servant de ses secrétaires comme de copistes, ne leur laissant guère de part qu’à la rédaction matérielle. Il leur dictait le plus souvent, de son lit, le texte précis, retouchant lui-même leur minute, parfois vingt-quatre heures après et la recopiant. Ils avaient la faculté précieuse de dormir peu, restant souvent au jeu jusqu’à quatre heures dans la nuit, et éveillé de bon matin. Sa coquetterie devant l’histoire a été de passer pour un insouciant, qui dédaignait le travail et l’application de tous les instants.


III


On a dit cent fois que la qualité principale de M. de Talleyrand était le bon sens. C’était sa qualité maîtresse, le fond et le mécanisme de son esprit. L’exagération en tout lui paraissait blâmable. Il n’avait aucun goût pour le disproportionné, l’aventureux, pas la moindre parcelle de romantisme dans la tête. Parmi les hommes de son temps, que Rousseau domine en maître souverain, parmi les constituants de la Révolution française, imbus des droits de l’homme, il est une exception. Il ne fit jamais une concession sérieuse à l’hypertrophie de la logique, à l’utopie abstraite. S’il n’avait tenu qu’à lui, la Révolution française aurait été organisée sur des bases sérieuses, au lieu de verser dans le despotisme. La clarté, la limpidité de ses vues sur ce point, est admirable. « Tout devra être réduit à la simplicité d’un livre de comptes tenu par le bon sens, » disait-il à l’Assemblée constituante, en parlant du crédit de l’État. L’aliénation des biens du clergé qu’il provoqua devait être, dans sa pensée, une distribution plus équitable des biens ecclésiastiques par le relèvement des traitements des curés congruistes, en même temps que la création de ressources nouvelles pour le Trésor. – Pareillement, dans son plan d’instruction publique, il avait compris que l’instruction ne doit pas consister dans l’enseignement littéraire, et il avait demandé la création d’une foule de chaires correspondant aux connaissances diverses. – Mais le témoignage le plus probant de la netteté de son esprit, c’est encore son style. Il n’y eut jamais un miroir plus élégant d’une pensée moins enchevêtrée. C’est peut-être, avec Voltaire, l’écrivain français le plus exempt de pédantisme et de phraséologie. Sous la plume de Talleyrand les questions les plus confuses se débrouillent par magie. Il clarifie tout ce qui touche.

Ce genre d’esprit a en lui-même ses limites naturelles. Le grand, l’extraordinaire est un élément des affaires humaines et y tient sa place. Or Talleyrand le méprisa toujours ou ne le comprit point. Ce qu’il y avait de colossale dans Napoléon l’étonnait sans l’entraîner. On sait par plus d’une anecdote qui considéra toujours le vainqueur d’Austerlitz et d’Iéna comme un soldat mal élevé. Dans l’effroyable tourmente qu’il traversa, il ne sut pas faire le départ des hommes qui étaient médiocres et de l’époque qui était extraordinaire. Il était trop pondéré pour comprendre l’anormal, l’effrayant. Un certain idéal artistique, l’émotion des grands spectacles, la notion du sublime sont des choses qui lui échappèrent. Il a prévu à plus d’un demi-siècle de distance la formation de la confédération de l’Allemagne du Nord et la grandeur future de la Prusse, mais il a toujours répugné aux généreuses illusions de l’alliance russe. Quand il y travailla, ce fut à contrecoeur. – Il est pitoyable de voir quelle sorte de vers plaisait à cet homme d’esprit, tout le rococo et la fadeur de la poésie classique agonisante. L’esprit du XVIIIe siècle essentiellement prosaïque portait en lui-même, dans sa mesure et son bon ton, sa borne et son écueil.


IV


La part qu’il a prise dans la conduite des affaires de son pays, à l’extérieur, est en somme très belle. Sa vie politique est une carrière véritable homme d’État. Son bon sens n’eut aucune défaillance. Depuis sa mission à Londres en 1792 où il obtint la neutralité de l’Angleterre, il eut beau présider à tous les grands bouleversements de l’Europe, le traité de Campo-Formio et le Congrès de Rastadt, Presbourg et Tilsit, il voyait clairement à quelle impasse aboutissaient les guerres de la Révolution et l’Empire. Il resta toujours partisan résolu d’une paix digne, avantageuse et tenant suffisamment compte des droits de l’Europe pour être définitive. Dans ses lettres, le mot de paix revient sans cesse sous sa plume. Après Austerlitz, il présente à Napoléon un projet de répartition équitable des territoires européens qui aurait assuré l’équilibre s’il avait été adopté à Presbourg. Après Friedland, le 18 juin 1807 :

J’aime, écrit-il à Napoléon, à considérer cette victoire comme un avant-coureur, comme un garant de la paix. J’aime à la considérer comme la dernière que Votre Majesté sera obligée de remporter ; c’est par là qu’elle m’est chère ; car toute belle qu’elle est, je dois l’avouer, elle perdrait à mes yeux plus que je ne puis dire, si Votre Majesté devait marcher à de nouveaux combats.

« La fougue créatrice de l’un pouvait être heureusement tempérée par la lenteur circonspecte de l’autre » a dit spirituellement M. Mignet en parlant des deux correspondants.

Le point culminant de sa vie politique reste encore le congrès de Vienne. Là il fut vraiment grand. Il domina, autant qu’il est en un homme, les circonstances et surtout ses adversaires. Que de sang-froid il fallait pour représenter dignement la France à ce congrès dont « le véritable but, aux dires d’un homme qui connaissait bien les alliés, Frédéric de Gentz, était le partage entre les vainqueurs des dépouilles enlevées au vaincu » ! Talleyrand reconnut d’un coup d’œil les oppositions violentes qui se masquaient sous cette alliance de loups dévorants. Acteur consommé, il a attaché son nom à des scènes de haute comédie politique. Telle est cette scène fameuse du huit octobre 1814 où il força les plénipotentiaires assemblés à introduire dans la première déclaration des puissances cette phrase « que l’ouverture du Congrès serait faite conformément au droit public », leur faisant sentir que c’était au nom du droit public que depuis vingt ans ils lançaient l’Europe contre la Révolution, qu’ils n’avaient pas le droit d’après leurs principes de renverser les rôles et de jouer au Napoléon à leur tour. – Un autre jour l’empereur de Russie, poussé à bout par la dialectique de Talleyrand, laissa échapper cette parole : « Les convenances de l’Europe sont le droit. » -- « Je me suis tourné alors vers le lambris près duquel j’étais, j’y ai appuyé ma tête et, frappant la boiserie, je me suis écrié : « Europe ! malheureuse Europe ! » Me retournant du côté de l’empereur : « Sera-t-il dit, lui ai-je demandé, que vous l’aurez perdue ? » Il avait ainsi au besoin la mimique la plus expressive. Mais son rare mérite fut moins dans cette mise en scène que dans la promptitude avec laquelle il reconnut que le Congrès n’était composé que d’éléments disparates et incohérents, dans l’énergie avec laquelle il mit à profit sa découverte. Le traité secret du trois janvier 1815, qui brisait la coalition et unissait la France avec l’Angleterre et l’Autriche, fut le coup de maître de ce maître diplomate.

Maintenant, écrivait-il à Louis XVIII le 4 janvier 1815, la coalition est dissoute, et elle l’est pour toujours. Non seulement la France n’est plus isolée en Europe, mais Votre Majesté a déjà un système fédératif tel que cinquante ans de négociations ne semblaient pas pouvoir parvenir à le lui donner. Elle marche de concert avec deux des plus grandes puissances… Elle sera véritablement le chef et l’âme de cette union formée pour la défense des principes qu’elle a été la première à proclamer.

On sait le reste, le coup de foudre du retour de l’île d’Elbe et l’effroyable débâcle qui suivit. La véritable vie politique de Talleyrand se termine là. S’il n’avait tenu qu’à lui, la France, sur laquelle les alliés se ruaient, serait restée debout, affaiblie mais non épuisée, avec des frontières et des alliances, comptant encore en Europe, non annihilée pour un temps.


V


Ce qui manqua en définitive à cette œuvre, c’est l’idéal, comme la dignité manque à cette vie. C’est l’œuvre d’un homme à l’esprit infiniment délié, fertile en ressources de toute espèce, éminemment pratique ; non une œuvre créatrice, originale et puissante. Talleyrand n’a rien d’un Richelieu ou d’un Cavour, par exemple, ni même d’un Stein. Le jugement de Napoléon sur lui est frappant : « Il était l’homme qui connaissait le mieux ce siècle et le monde, les cabinets et les peuples. » Mais c’était avant tout un modéré. Il répugnait par tempérament à toutes les violences, celles des idées comme celles des personnes. Or on ne crée pas sans être brutal, violent, passionné. M. de Castellane admet qu’il a creusé un sillon, qu’il nous a inculqué le goût de la liberté et la notion d’un patriotisme qui rapporte tout à la France un lieu d’un homme. L’ancien évêque d’Autun, qui fut avant tout un homme d’esprit, serait flatté et sourirait d’entendre un membre de sa famille lui prêter de si généreuses illusions. Il avait trop peur d’être dupe pour se laisser entraîner à une si belle idéologie. Le jour où, ministre des affaires étrangères du Directoire, il évolua vers Bonaparte, ce n’était pas qu’il redoutât pour sa conscience le contact de prolonger de ce « monde d’intrigues et de filouteries », le Directoire, -- il en avait bien vu d’autres ; -- il s’orientait vers le soleil levant, voilà tout. Rien dans sa vie ne s’explique sans le bon sens, rien sans l’égoïsme, mais un égoïsme habile, clairvoyant, spirituel, qui en impose jusqu’à tromper son monde.

L’unique principe auquel il soit resté presque attaché toute sa vie fut un certain libéralisme de constituant, la seule semence apportée par le vent généreux de la Révolution qui ait fructifier dans son cœur. Ce rêve de gouvernement représentatif, de liberté anglaise, lui fit faire quelques-uns des meilleurs actes de sa vie (son intervention à la Chambre des pairs en faveur de la liberté de la presse). Peut-être le rapportait-il de son séjour sur ce libre sol qui communique un peu de sa grandeur à ceux qui le touchent ; peut-être n’était-ce qu’un sentiment de reconnaissance pour ce pays où, dans la crise décisive du Congrès de Vienne, il avait trouvé un appui pour sa politique ; peut-être enfin n’était-t-il guidé que par ses instincts privés de bon sens et d’élégance. Quelle que soit l’origine de ce goût de libéralisme auquel, dans son for intérieur, il demeura fidèle, il est juste de lui en tenir compte. Malheureusement ce n’était qu’un goût, et on ne remplace pas avec un goût la croyance, la force, la violente croyance, ce que Michelet appelait « la foi profonde ». Pour faire grand il faut avoir le démon de son œuvre, cela vaut toutes les habiletés du monde. Le spéculateur qui prend le mieux ses précautions est souvent dépassé et renversé par le plus hardi, par celui qui a la foi dont M. de Talleyrand fut totalement dépourvu.

La vie publique n’est-elle pas souvent la reproduction grossie de la vie privée ? Avec un scepticisme complet on réussit brillamment ; on n’est pas un créateur. La diplomatie comptera toujours M. de Talleyrand parmi ses individualités brillantes, incomparables ; l’histoire lui accordera-t-elle une place de premier rang parmi ses grands hommes ?


Louis RICHARD


Notes

(1) Lettres inédites de Talleyrand à Napoléon, 1800 – 1809, publiées par Pierre Bertrand, 1 vol. Chez Perrin, 1889.

(2) La mission de Talleyrand à Londres en 1792. Ses lettres d’Amérique à lord Landsdowne, avec introduction et notes, par G. Pallain, 1 vol. chez Plon, 1889.

(3) A. Sorel, Essai de Critique et d’Histoire, P. 59. Puisque le nom de M. Sorel se rencontre ici, -- et comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on touche aux alentours diplomatiques de la révolution française ? – je suis heureux de signaler la 2è édition de son étude sur la question d’Orient au XVIIIe siècle, 1 vol. chez Plon, 1889. La principale source nouvelle que M. Sorel a utilisée, est le Recueil des Instructions données aux Ambassadeurs de France en Pologne (1888). On est maintenant en droit d’espérer de M. Sorel ce Manuel général de la Question d’Orient, qui manque et qu’il est seul capable d’écrire.

(4) Marquis de Castellane, Essai de psychologie politique : les Hommes d’État français du XIXe siècle. Paris, Nouvelle Revue, 1888.




FIN



La Nouvelle Revue - mai-juin 1889










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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