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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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PROTOCOLE

DE DE LA ONZIEME SEANCE

DES PLENIPOTENTIAIRES

DES CINQ PUISSANCES

EN DATE DU

12 MARS 1815




Présents : MM. le comte de Rasoumoffsky, le prince de Metternich, le prince de Talleyrand, le duc de Wellington, le prince de Hardenberg, le baron de Humboldt, le comte de Capo d'Istria, le baron de Wessenberg.

M. le prince de Metternich, tant en son nom qu'en celui de M. le prince Talleyrand et de M. le duc de Wellington, expose la manière dont ils se sont acquittés, envers le roi de Saxe, de la communication convenue dans la dernière séance du 7 de ce mois.

Arrivés à Presbourg, ils se sont rendus ensemble chez le roi, et lui ont remis l'extrait du protocole du 7, avec les points et articles concernant le royaume de Saxe, en invitant S. M. à y donner son adhésion.

S. M. le roi de Saxe, en recevant cette communication, s'est borné à donner, pour première réponse, que l'objet étant de grande importance, il devait y réfléchir.

Le roi a ensuite fait inviter chacun des trois plénipotentiaires à des audiences séparées. Ceux-ci, ayant tenu un langage absolument uniforme, ont renouvelé leurs instances prés S. M. Saxonne pour qu'elle ne différât pas de donner son acte d'adhésion, seul moyen de faire cesser l'occupation provisoire du royaume de Saxe.

Les trois audiences particulières s'étant passées sans que le roi eût donné une réponse catégorique, MM. les plénipotentiaires en ont réitéré la demande dans une conférence à laquelle ils invitèrent M. le comte d'Einsiedel. En suite de cette démarche, S. M. Saxonne leur a donné heure pour une audience commune, après laquelle M. le comte d'Einsiedel leur a remis une note signée par lui.

Cette note, en date de Presbourg, du 11 mars, est annexée au présent protocole sous la lettre T

MM. les plénipotentiaires ayant pris connaissance de son contenu, y ont fait sur-le-champ la réponse ci-jointe sous la lettre W.

Après la délibération qui a suivi cet exposé, MM. les plénipotentiaires sont convenus unanimement que S. M. le roi de Saxe méconnaît entièrement la situation dans laquelle il se trouve envers les puissances, en pensant, ainsi que l'insinue la note du comte d'Einsiedel, que, rendu à sa liberté, il peut attaquer la validité des dispositions irrévocablement arrêtées pat elles sur la Saxe, et entamer une nouvelle négociation par un plénipotentiaire de sa part.

Ils conviennent en conséquence de nouveau que la partie de la Saxe qui est destinée à rester sous la domination de S. M. le roi de Saxe, ne pourra lui être remise que lorsque S. M. aura donné son adhésion pleine et entière aux articles qui lui ont été soumis à Presbourg ; qu'il ne peut être question de négociation avec un plénipotentiaire de sa part, avant que cette condition n'ait été remplie, et que la négociation pour laquelle la cour d'Autriche a promis sa médiation ne peut avoir lieu que pour les arrangements nécessaires, spécifiés dans les articles 8, 9 et 10, et que sur les bases fixées par ces mêmes dispositions. Le manque de consentement de la part de S. M. le roi de Saxe ne pouvant arrêter une marche exigée impérieusement par les droits respectifs des puissances et par le besoin qu'éprouve l'Europe de voir sa tranquillité assurée par le passage de différents pays sous les gouvernements auxquels ils sont destinés, il a été arrêté :

1°. Qu'il sera procédé incessamment à la séparation des parties de la Saxe qui passent sons la domination prussienne, de celles qui restent à S. M. Saxonne ;

2°. Que S. M. le roi de Prusse prendra, définitivement, possession de la partie de la Saxe qui lui a été cédée par les arrangements actuels;

3°. Et que celle qui reste à S. M. Saxonne demeurera, en attendant, soumise au gouvernement provisoire de S. M. Prussienne.

MM. les plénipotentiaires ayant examiné ensuite plus en détail la note du comte d'Einsiedel, ont trouvé que, pour justifier la conduite du roi, on s'y est permis des réticences et des assertions contraires à la vérité des faits. Il y est dit :

« Qu'il n'avait point dépendu de S. M. Saxonne, ni lors du commencement de la grande lutte, ni pendant son progrès, d'accéder à la cause des alliés, quelque sincère qu'en fut son désir, manifesté d'une manière non équivoque, et, en dernier lieu , par la demande formelle adressée aux souverains coalisés. »

II est cependant de notoriété générale que si le roi de Saxe a été forcé d'entrer dans une alliance aussi contraire à tous ses devoirs et à tous ses intérêts, il y a persisté de sa propre volonté, ayant été sommé, de la manière la plus généreuse et la plus amicale, de l'abandonner dans un temps où il était libre de sa personne, et où la Russie et la Prusse possédaient la plus grande partie de la Saxe ; qu'il n'y a point persisté seulement, mais qu'il y est, pour ainsi dire, rentré,de nouveau, en quittant, de propos délibéré, l'asile que la sagesse bienveillante d'une des puissances alliées, neutre alors, lui avait préparé ; que ce retour vers l'ennemi le plus cruel du pays auquel tant de considérations auraient dû l'attacher également, ne saurait être nommé forcé, puisque la puissance qui protégeait alors sa neutralité lui avait garanti en même temps ses états ; qu'il mit, par celte conduite, une forteresse importante entre les mains de l'ennemi, et prolongea, pour le malheur de ses propres états, de l'Allemagne et de l'Europe, la lutte la plus désastreuse ; et qu'il n'offrit de s'allier aux puissances victorieuses, qu'au moment où ses états étaient conquis et lui-même fait prisonnier.

Les puissances ne pouvant point, d'après cet exposé succinct, dans lequel on ne s'est arrêté qu'aux faits les plus marquants, en passant sous silence tous les autres, permettre qu'une justification du roi de Saxe jette un faux jour sur leurs actions et leurs intentions, il a été résolu de faire rédiger une réponse à cette note, dans laquelle la conduite politique de S. M. Saxonne sera exposée d'après toute la vérité des faits et des transactions, pour empêcher que l'opinion de l'Europe ne soit égarée.

Sur quoi la séance a été levée.

Signés : MM. le comte de Rasoumoffsky, le prince de Metternich, le prince de Talleyrand, le duc de Wellington, le prince de Hardenberg, le baron de Humboldt, le comte de Capo d'Istria, le baron de Wessenberg.



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in CONGRES DE VIENNE OU RECUEIL DE PIECES OFFICIELLES PAR F. SCHOELL

PARIS - LIBRAIRIE GRECQUE LATINE ALLEMANDE - 1818










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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