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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DE TALLEYRAND

AU CITOYEN BONAPARTE

GENERAL EN CHEF DE L'ARMEE D'ANGLETERRE

SUR LE CONGRES DE RASTADT

LE

6 VENTOSE AN VI

24 FEVRIER 1798





Nous avons reçu, Citoyen Général, des lettres de Rastadt.

M. de Cobenzl, ayant les instructions de sa Cour, a fait demander une entrevue à nos plénipotentiaires pour leur en faire part, et il leur a remis, en forme de note, un extrait de ces instructions.

« L’Empereur ne s’éloigne pas de l’idée d’accorder à la République la limite du Rhin, mais il réclame un équivalent ; il préférerait l’obtenir en Italie et ramener même dans cette contrée tous ses dédommagements. Dans cette hypothèse, il propose d’ajouter à son lot actuel sur la rive gauche du Pô la limite de l’Oglio, d’après les préliminaires de Leoben, sur la rive droite du Pô, les trois légations jusqu’à Pesaro.

Le Pape conservera Rome, avec un territoire suffisant pour que ses revenus, accrus des secours des princes catholiques, lui procurent une existence convenable ; le reste de l’Etat de l’Eglise sera partagé entre l’Empereur et la République cisalpine.

Alors, l’Empereur consent à la limite du Rhin pour la République française. De plus, il se chargera de l’indemnité du duc de Modène ; il cédera le Frickthal sans indemnité, et consentira même à ce que la Prusse obtienne quelques dédommagements, pourvu qu’ils soient de peu de valeur ; il renonce enfin à l’archevêché de Salzbourg ; il ne réclame de celui de Passau que ce qui est nécessaire pour ne pas interrompre la continuité de ses possessions dans cette partie de l’Allemagne ; mais il insiste aussi sur la conservation des Electeurs ecclésiastiques, sur leur indemnisation à la rive droite, et, à ce sujet, il demande que Salzbourg soit particulièrement affecté à l’indemnité de l’un deux.

Telles sont les principales propositions de Sa Majesté Impériale que M. de Cobenzl a développées, commentées dans la conversation, en ne dissimulant pas que l’Autriche ferait tout pour empêcher la députation de l’Empire d’accéder à la demande de la République jusqu’à ce que son propre équivalent fût assuré.

Les plénipotentiaires de la République ont répondu qu’ils ne pouvaient adopter dans toute son étendue l’interprétation donnée au traité de Campo-Formio, mais que, même dans cette supposition, il était manifeste que l’équivalent de l’Autriche ne pouvait être déterminé qu’après l’acquisition de la République, et qu’il fallait s’occuper sans délai à régler ce premier point.

Dans leurs dépêches, ils se montrent convaincus que la lenteur de M. de Metternich entrera dans le système de l’Autriche. Quoique la députation de la Diète ait pris une conclusion dont le résultat est l’offre d’une moitié des possessions au-delà du Rhin, M. de Metternich ne se presse pas de remettre sa note. Il craint que, malgré les efforts de M. de Lehrbach, la députation n’accorde tout quand la France aura déclaré fortement qu’elle persiste à vouloir l’obtenir.

De fait, le citoyen Treilhard m’annonce qu’il a travaillé dans ce sens. Il me dit encore, et je partage son opinion, que la demande de l’Empereur du transport de ses indemnités en Italie cache une arrière-pensée, qu’en renonçant à l’archevêché de Salzbourg l’Autriche se réserve de nouveaux moyens pour combattre le système de sécularisation, pour combattre nous et surtout la Prusse, en rattachant à elle une grande partie de l’Allemagne.

Il me reste à vous apprendre, Citoyen Général, que les ministres prussiens ont remis, au sujet de dispositions nouvelles et conformes aux précédentes qui viennent d’avoir lieu dans le pays de Clèves, une seconde note qui n’est point une protestation, qui n’est point la demande d’une restitution, mais qui est une sorte de réserve des droits du Roi de Prusse.

Salut et fraternité.

CH. MAU. TALLEYRAND



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TIRE DU LIVRE DE G. PALLAIN LE MINISTERE DE TALLEYRAND SOUS LE DIRECTOIRE










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© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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