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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DE TALLEYRAND

AU CITOYEN TREILHARD

SUR LE CONGRES DE RASTADT

LE

19 PLUVIOSE AN VI

7 FEVRIER 1798





L’empressement soutenu que vous voulez bien mettre à me tenir au courant de tous les détails de la négociation, et à me faire connaître les vues qui vous appartiennent personnellement, m’engage à vous communiquer, avec la même franchise, de vous à moi, ce que je pense de l’état actuel de la discussion et de la marche qui me paraît la meilleure.

Rappelez-vous que ma première pensée aurait été de concentrer tout à fait la négociation entre les trois légations de France, d’Autriche et de Prusse, et que c’est d’après les observations que vous avez présentées en commun avec votre collègue, que cette idée fondamentale a été mise de côté, quoiqu’on aperçoive aujourd’hui la preuve qu’avec un peu d’obstination, cette innovation eût été admise, et combien de délais, de lenteurs elle nous eût épargnés. Vous le sentez aujourd’hui, les formes de délibération qui appartiennent à la députation de la Diète sont de nature que si on n’en accélère la marche, il est difficile d’en percevoir le terme. Je ne le vois pas même dans le moyen que vous proposez. Couper la négociation en deux parties, régler par un traité préliminaire les bases principales à la satisfaction des grandes puissances, c’est un moyen à peu près sûr de sacrifier les petites et de se priver du secours qu’elles donnent (puisqu’elles ont été appelées) en harcelant la Prusse et l’Autriche et pressant l’une et l’autre de conclure et de remplir les engagements qu’il est probable qu’elles ont contractés vis-à-vis de plusieurs d’entre elles. De plus, il est de notre intérêt de retarder le plus possible l’assentiment des petites puissances qui ne sont pas ecclésiastiques.

D’ailleurs, cette division ne résout point la difficulté majeure, qui est tout entière dans la solution de la première partie.

C’est la Cour de Vienne et celle de Berlin qu’il s’agit d’arranger. Le reste est plus facile que vous ne paraissez le croire, parce que vous sentez bien qu’en adoptant des évaluations aussi justes qu’il sera possible, on ne se piquera point cependant de mettre dans les indemnités une rigueur mathématique.

Laissez-moi ajouter un mot qui est pour vous, uniquement pour vous.

Dans toutes les dépêches que j’ai adressées à la légation, surtout dans les dernières, j’ai appuyé sur l’arbitrage qu’il était à propos que vous établissiez entre la Prusse et l’Autriche et sur la nécessité de faire marcher du même pas leurs satisfactions réciproques. C’est là le but vers lequel j’ai dû vous appeler ; mais je n’ai pu vous détailler tous les moyens qui pouvaient y conduire, et qui sont dépendants de trop de circonstances pour n’être pas laissés à votre habileté.

Cependant, avec vous, j’aime à dire ce que je ferais si j’étais à votre place.

Il me paraît qu’un arbitrage suppose une querelle et que dans la position où vous vous trouvez entre deux puissances qui peuvent difficilement s’entendre, votre premier soin doit être d’abord d’entretenir la jalousie, l’aigreur, d’exciter même quelque altercation, de l’animer, de rendre enfin votre médiation nécessaire. Car ce n’est que lorsqu’elle sera invoquée qu’elle pourra s’exercer avec facilité et profit. Il faut brouiller les gens que l’on veut raccommoder : ceux-ci ont d’excellentes dispositions pour se haïr. Profitez-en pour les amener à ce qui nous convient ; cette vieille marche de la politique est encore utile quand on la traite avec des gouvernements qui sont loin de s’en départir, et quand on pense que celui de Vienne principalement, n’ayant plus à craindre de la guerre et redoutant les conséquences de la pacification définitive, ne manque point d’un intérêt direct à en éloigner la conclusion. Sur quoi je remarque que M. de Metternich parait être absolument l’homme qu’on a dû choisir pour ne rien conclure.

CH. MAU. TALLEYRAND



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TIRE DU LIVRE DE G. PALLAIN LE MINISTERE DE TALLEYRAND SOUS LE DIRECTOIRE










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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