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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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PROCES-VERBAL

DE LA SEANCE DU

10 PRAIRIAL AN VI

[29 MAI 1798]

DU DIRECTOIRE





Compte rendu de la séance du 10 prairial an VI [29 mai 1798] comprenant le discours de Talleyrand pour la réception d’Azzara, ambassadeur d’Espagne à Paris, 10 prairial an VI -

Séance du dix prairial an VI [29 mai 1798].

Le Directoire exécutif s’étant réuni dans la salle ordinaire de ses séances, le ministre des Relations extérieures lui présente M. le marquis del Campo, qui, en quittant ses fonctions d’ambassadeur du roi d’Espagne près de la République française, vient prendre congé du Directoire.

M. le marquis del Campo remet au président du Directoire ses lettres de recréances et dit :

Citoyen Président,

Dans une première audience et présentation au Directoire exécutif, j’eus l’honneur de lui offrir au nom du roi d’Espagne, les assurances les plus positives de son amitié sincère et de son désir de resserrer les liens qui venaient de s’établir entre S. M. et la République française. A la suite de cette déclaration, il fut signé à Madrid peu de mois après, un traité d’alliance offensive et défensive qui unissait à jamais ces deux grandes puissances ; et depuis cette époque, elles n’ont pas cessé de se donner des preuves mutuelles d’une confiance sans bornes. Par ma position heureuse, j’ai été dans le cas de pouvoir employer mon zèle et mes soins à consolider la plus parfaite harmonie entre les individus de nos deux nations, et j’ai eu la consolation de recevoir de fréquents témoignages de satisfaction de la part de mon souverain. En finissant cette mission honorable, il me serait bien doux de savoir que j’ai mérité aussi la bienveillance et l’approbation du Directoire exécutif, lequel je prie d’agréer mes hommages respectueux, et mes vœux les plus ardents pour sa prospérité.

Le citoyen Reubell, président du Directoire, répond en ces termes :

Monsieur l’ambassadeur :

Vous avez pu vous convaincre pendant votre séjour auprès de nous, combien le Directoire exécutif était jaloux de cultiver l’amitié de S. M. le roi d’Espagne, et de lui donner des preuves de confiance réciproque.

Vous avez contribué, Monsieur, à resserrer les liens qui unissent les deux gouvernements, et c’est avec plaisir que le Directoire exécutif vous en témoigne sa satisfaction. Il se flatte que vous ne quitterez pas la France sans quelques regrets, et que partout où la destinée vous fera rencontrer des français, ils trouveront en vous un ami de la République.

Le Directoire se rend dans la salle de ses audiences publiques, accompagné des ministres, du secrétaire général, et des membres du Corps diplomatique, précédé de ses huissiers et de ses messagers d’Etat.

Le ministre des Relations extérieures présente au Directoire Monsieur le chevalier d’Azzara, ambassadeur de S. M. Catholique le roi d’Espagne, et prononce le discours suivant :

Citoyen Président,

J’ai l’honneur de présenter au Directoire exécutif Monsieur le chevalier d’Azzara, ambassadeur de S. M. C. le Roy d’Espagne près la République française.

L’Espagne, longtemps alliée de la France, était destinée à la redevenir dans les jours de la République, et à ne pas séparer sa cause de la nôtre.

De perfides suggestions avaient pu tromper sa bonne foi. Notre gloire l’avertit de son erreur ; et son retour fit la joie des Français et le désespoir de leurs ennemis.

Un tel pacte ne subira pas sans doute la forme des alliances anciennes.

Il a pour garantie, non plus certaines fragiles combinaisons de l’intrigue, mais l’intérêt bien senti des deux gouvernements, et la loyauté si justement célèbre des deux nations.

Il doit s’affermir encore par la haine même de cet implacable ennemi du repos du monde, qui, dans ses projets insensés, a osé méditer la ruine de l’une et de l’autre.

La République française n’a cessé de montrer combien elle était jalouse de maintenir les liens qui l’attachent à l’Espagne. Les intérêts d’un tel allié ont été constamment sacrés comme les siens. Elle se plait à voir aujourd’hui, dans le choix qu’il vient de faire de M. le chevalier d’Azzara, un gage nouveau des sentiments qui l’animent pour elle.

Cet ami éclairé des arts et de la Philosophie était sûr d’être accueilli avec empressement par un peuple qui les cultive avec tant de gloire.

Mais le courageux et loyal défenseur des français assassinés par un gouvernement perfide est sûr d’y recevoir encore, et à tous les instants, les témoignages affectueux de la reconnaissance nationale.

Monsieur Azzara prend la parole, et prononce le discours qui suit :

Citoyens Directeurs,

En me présentant à vous pour la première fois comme ambassadeur du Roi Catholique, Citoyens Directeurs, je ne vous répéterai pas ce que vous savez bien, et ce qui est de toute notoriété ; car il serait fort inutile de vous rappeler que le Roi, mon maître, est votre premier allié, l’ami le plus loyal, et même le plus utile de la République française, puisque, si les alliances et la bonne foi politique se fondent sur les intérêts respectifs des puissances, jamais deux nations n’auront été si étroitement unies que la France et l’Espagne. Aucune dispute territoriale n’existe entre elles ; nos amis et nos ennemis sont les mêmes ; la richesse de l’Espagne sera toujours celle de la France ; et la ruine du commerce des Espagnols ruinerait tôt ou tard celui des Français.

Le caractère moral du souverain que j’ai l’honneur de représenter auprès de vous, Citoyens Directeurs, vous répond de toute l’exactitude désirable pour remplir ses engagements, et sa probité vous assure une amitié franche, loyale et point suspecte. La nation qu’il gouverne est reconnue par sa délicatesse sur le point d’honneur ; elle est votre amie sans rivalité depuis près d’un siècle, et les changements arrivés dans votre gouvernement, loin d’affaiblir cette union, ne peuvent servir qu’à la consolider de plus en plus, parce que notre intérêt et notre existence y sont attachés.

J’ai été témoin oculaire des étonnants exploits des français en Italie, et je viens aujourd’hui admirer de plus près la sagesse qui les dirigeait. Je suis trop heureux d’avoir été choisi pour être l’instrument qui resserre encore plus les liens de nos deux nations ; et si j’ai mérité souvent que le Directoire ait approuvé la conduite que j’ai tenue à Rome vis-à-vis des citoyens français, dans des moments très critiques, j’espère que ma réputation à cet égard ne se démentira jamais.

Le Président du Directoire exécutif répond en ces termes :

Monsieur l’Ambassadeur,

Quand l’estime rapproche deux peuples voisins, braves et généreux, il est bien doux pour leur gouvernement de resserrer par une amitié et une confiance réciproques et sans bornes, liens qui doivent les unir à jamais, Monsieur l’Ambassadeur, assurez S. M. le Roi d’Espagne, qu’en échange des sentiments qu’il a voués au Directoire exécutif de la République française, il trouvera de sa part un respect inviolable pour ses engagements, et le plus ardent désir de contribuer à la richesse de la nation espagnole et au bonheur personnel de Sa Majesté.

Pour vous, Monsieur l’Ambassadeur, l’intérêt que vous avez pris au soin des français dans des temps et des circonstances difficiles, vous a acquis l’affection des nombreux amis de l’humanité, et c’est avec une satisfaction bien vive que le Directoire exécutif saisit l’occasion de vous témoigner solennellement sa reconnaissance, au nom de la République.

Le ministre des Relations extérieures a présenté ensuite au Directoire M. de Mendirabal, attaché à l’ambassadeur d’Espagne.

Le Directoire passe ensuite dans la salle dite des ministres, et donne aux membres du Corps diplomatique l’audience qu’il a coutume de leur accorder le premier décadi de chaque mois.

Le Président du Directoire exécutif ;

Par le Directoire exécutif

Le Secrétaire général.



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Archives Nationales - Cote : AF*III 11 folio 155 verso-158verso







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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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