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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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PROPOSITION

FAITE

PAR

LE PRINCE DE TALLEYRAND

DANS LA SEANCE DU

JEUDI 23 JANVIER 1817





MESSIEURS,

Existe-t-il des circonstances où, pour ôter aux méchants les moyens de nuire, il faille ôter la sécurité aux gens de bien ? Il est triste de penser, mais la vérité force de convenir qu’en effet de telles circonstances se présentent quelque fois. Cette situation est-elle maintenant la nôtre ? Je ne le sais point. Je n’en pourrais juger que par des faits, et ils me manquent entièrement. Mais je sais avec certitude qu’il faudrait désespérer d’un peuple qui serait habituellement dans une situation pareille, et qu’un moyen infaillible de la rendre habituelle serait d’user souvent ou longtemps du remède qu’elle nécessite ; car de l’usage fréquent ou prolongé de ce remède, naîtrait inévitablement ou un esprit d’irritation qui, le rendant toujours plus nécessaire, finirait par le rendre inutile ; ou un esprit de servitude, toujours voisin de l’esprit de sédition et de révolte, et par conséquent non moins funeste. Si donc on excepte des moments rares, et qui doivent être très courts, le seul moyen d’assurer la paix publique est de maintenir irrévocablement les libertés publiques. Le trône, dont l’existence fait partie de ces libertés, n’a point de meilleur garant, et cette Chambre n’en a point d’autre de sa propre existence ; car, à des libertés détruites, il ne faudrait plus de gardiens.

Messieurs, la question présente est évidemment liée à une autre question que vous allez à avoir à traiter tout à l’heure, et si étroitement liée, qu’il est impossible de prendre, en connaissance de cause, de parti sur l’une si l’on n’est à peu près sûr du parti qui sera pris sur l’autre. On ne saurait, je le répète, voter, en connaissance de cause, pour ou contre un projet de loi dont on ne pourrait point apprécier, avec quelque exactitude, les avantages et les inconvénients. Et comment les apprécier, s’ils dépendent en partie d’une autre loi dont il est incertain si elle sera ou ne sera pas rendue ? Il est incontestable que les inconvénients des restrictions mises à la liberté individuelle seront moindres ou plus grandes selon qu’il y aura ou qu’il n’y aura pas de liberté de la presse ; et réciproquement, que les inconvénients de la non liberté de la presse seront moindres ou plus grands, selon que la liberté individuelle sera ou ne sera pas restreinte. Comment donc voter en connaissance de cause sur l’une des restrictions, si l’on n’a pas au moins des données suffisantes pour estimer ce qui sera résolu par rapport à l’autre ?

Je n’entends point préjuger aujourd’hui de quelle manière les deux questions peuvent être résolues : je me borne à dire qu’elles ne peuvent pas être séparées. Ce n’est qu’après avoir examiné tout à tour et comparer les deux projets de loi, que la Chambre sera en état de décider s’ils doivent être admis ou non, et, dans la supposition qu’un seul doit l’être, de faire un choix entre les deux, choix qui deviendrait impossible, si l’on avait voté sur l’un avant d’avoir discuté l’autre.

Il est donc indispensable qu’il ne soit voté sur celui qui fait l’objet de la délibération actuelle, qu’après qu’ils auront été discutés tous deux, et j’en fais la demande formelle.

Voici les termes auxquels je la réduis :

« Il ne sera voté sur le projet de loi relatif à la liberté individuelle, qu’après avoir discuté le projet de loi relatif à la liberté de la presse. »



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J. G. DENTU - PARIS - 1817










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© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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