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POURBOIRES DIPLOMATIQUES

ET AFFAIRES DU PRINCE DE BENEVENT

S. N.

S. D.

DOCUMENT MANUSCRIT - 12 PP.



Grand livre vert A-H

Pourboires diplomatiques et affaires de Talleyrand prince de Bénévent

N° 13 -- Traité avec le Portugal sous le Directoire.

Armistice négocié par le chevalier d’Araujo, au prix de 3 000 000 frs. La moitié seule fut payée. Le citoyen Charles Maurice de Talleyrand devait avoir un million avant tout. Sur les 1 500 000 frs donnés, le citoyen Talleyrand n’eut que 500 000 frs. Il eut une scène vive avec le négociateur, l’accusa de manquer à ses engagements, et cria à la mauvaise foi, à la perfidie. Il fit un rapport, déplora la publicité, et conclut à ce que le chevalier, pour l’honneur du gouvernement de la république fût envoyé au temple : ce qui eut lieu…… 500 000 frs.

N° 14 -- Négociations avec Hambourg, après l’affaire de lord Fitzgerald.

M. de Talleyrand demanda 2 000 000 marcs banco (3 600 000 frs). Le sénat de Hambourg n’en donna que 1 900 000. Il n’en eut guère que 780 000 frs pour sa part. L’empereur a prétendu qu’il avait eu les 1 900 000 en totalité ; et lors de ses demandes qu’on payât ses dettes il le renvoyait à ces 1 900 000 frs. Bourrienne a eu ordre de poursuivre ce paiement ; il a reçu des cadeaux assez forts pour attester et faire accueillir l’insolvabilité du sénat. Le prince d’Eckmühl poursuivait également le paiement de 3 600 000 frs. Talleyrand n’a eu que 780 000 frs.

N° 15 – Négociation avec la république de Venise.

De Winck s’engagea pour 800 000 frs dont 200 000 frs sont dus encore à ma famille sur laquelle de Winck avait tiré. Le citoyen Talleyrand a reçu 200 000 frs.

N° 39 – Indemnités du prince de Nassau Orange, ancien stathouder.

Par la convention de Berlin, négociée par Duroc, il avait été réglé que la république batave paierait à la maison d’Orange 25 000 000 de florins de Hollande ; environ 74 000 000 frs. Les paiements s’effectuèrent, moins environ 600 000 de florins, que se retinrent les ministres de France et de Hollande. Le prince d’Orange se plaignit à son beau-frère le roi de Prusse. On avait donné pour prétexte de la retenue qui n’était d’ailleurs que temporaire, et serait levée à la paix, les besoins extraordinaires du Consulat. En 1804, lors du voyage d’Aix-la-Chapelle ; le roi de Prusse écrivit au nouvel empereur par le général Mollendorf, une lettre confidentielle et d’amitié par laquelle il lui demandait de faire terminer cette affaire d’indemnité. L’empereur répondit qu’il la croyait terminée. Maret eut ordre de mander Sémonville, notre ambassadeur à la Haye. Sémonville arriva en toute hâte.

L’empereur était à Clèves et revenait par Cologne. Maret expliqua à Sémonville ce dont il était question. Sémonville donna le développement de toute cette affaire : Schimmelpenninck et les ministres hollandais avaient retenu 5 %, sous prétexte de la différence de l’argent de banque à l’argent courant. Ces 1 250 000 florins soit 4 000 000 frs leur avaient été bonifiés par la banque qui avait, pour les arranger, renoncé à ses droits. Avec cette somme, des cadeaux avaient été faits à M. de Talleyrand, à Durand, à Duroc, à lui-même en un beau service d’argenterie, au Président Schimmelpenninck, aux ministres des Finances et des Relations extérieures hollandaises – et les quatorze millions restants que sont-ils devenus ? – Talleyrand se les ai fait remettre à Paris sans aucune perte de change – Mais, mon cher, jamais l’empereur ne vous croira, vous êtes un homme perdu Avez-vous eu des ordres de Talleyrand ? – J’avais envoyé Madame de Sémonville à Paris. Talleyrand lui a dit que c’était une chose entendue avec le Premier Consul et Duroc, et l’a fait repartir bien vite – L’empereur est furieux : il ne verra dans votre affaire qu’une intrigue de femmes, et encore de la vôtre, et vous êtes perdu. – Un moment, mon cher Maret, Madame de Sémonville n’était pas contente de Talleyrand, surtout de ses instances pour partir et pour partir sans voir Duroc. J’ai donc envoyé un courrier à Durand. J’ai répété les difficultés de la remise à Paris sur Schimmelpenninck, et le gouvernement batave. Il fallait un ordre du ministre, au moins de Durand, pour les aplanir. Mon courrier m’a rapporté une lettre de Durand. – Montrez-moi la donc. – Je l’ai laissé à la Haye ! – Comment pouvez-vous faire une semblable école ? Faites partir Montholon en courrier pour l’aller chercher. L’empereur ne sera pas ici avant 36 heures, il arrivera le soir : le lendemain matin, il a une revue qui le tiendra jusqu’à 3 heures. ; Ne dites pas que vous m’avez vu : allez-vous en à Spa, et aussitôt que vous apprendrez le retour de l’empereur, revenez. Montholon fut de retour de la Haye en 36 heures. L’empereur reçut très mal Sémonville qui lui donna les détails que je viens de vous écrire, et la lettre de Durand qui était décisive et au nom du ministre. Il la serra dans son bureau.

L’empereur vit M. de Talleyrand à 9 heures, montra une grande colère. Son ministre rejeta sur Schimmelpenninck et les hollandais – Mais êtes-vous sûr que Durand n’a pas donné quelque ordre de votre part – Aucun, sire, j’en suis sûr – Mandez lui de venir tout de suite. L’impassible M. de Talleyrand montra cependant quelque trouble. Du moins l’empereur le remarqua. Il raconta la scène à Maret, paria que Durand n’arriverait pas, et dit : « C’est un homme qu’on ne peut pas garder ; il ne me suivra pas à Mayence ; et nous verrons à trouver quelqu’un pour les Relations extérieures ; quel menteur et cependant il se troublait.

A trois jours de là, on partit pour Mayence. Le soir à son coucher, l’empereur qui avait montré de la froideur à M. de Talleyrand lui dit : Eh bien ! Votre Durand n’est pas arrivé ; il est certainement coupable ; mais vous êtes sûr que vous ne lui avez pas donné d’ordre. – J’en suis très certain. – Qu’il n’a pas écrit ? – J’en suis convaincu ; ou sa lettre aura été mal comprise par Schimmelpenninck. Il y a dans tout ceci un barbouillage des ministres hollandais. – Je n’ai pas de vous à Mayence. Retournez à Paris prendre du repos, vous en avez besoin.

Le lendemain l’empereur disait à Maret : Il faudra le renvoyer à Valençay ; mais qui mettrons nous aux Relations extérieures ?

L’empereur ne renvoya point M. de Talleyrand. Il eut à Mayence de nouveaux motifs de reproches sur sa cupidité.

Talleyrand fut inquiet cependant, et redouta l’orage qui le menaçait. Il descendit à Paris chez Cambacérès ; lui fit des demies confidences , convint d’avoir touché une faible partie des 6 000 000 de florins, dit que l’empereur était petit ; qu’il ne faisait rien pour ceux qui lui avaient été le plus utiles ; qu’il fallait bien qu’ils songeassent à eux puisqu’il n’y songeait pas ; parla de son zèle, de son crédit dans le sénat, dans Paris, menaça, ajouta qu’il était tranquille, que sa mauvaise humeur n’aurait pas de durée, qu’il ne la craignait pas ; que du reste, il le défiait de trouver quelqu’un qui eut plus la confiance des ministres étrangers et des cabinets étrangers. Cambacérès lui dit de se tenir tranquille, de ne parler à personne des deux conversations d’Aix-la-Chapelle ; qu’il verrait, lui, l’empereur aussitôt après son arrivée ; qu’il n’alla qu’au coucher et qu’il trouverait l’empereur adouci. Ce qui advint en effet, l’empereur montra d’abord quelque froideur, mais Talleyrand lui conta quelques historiettes de Paris, et tout fut oublié. Il resta aux affaires étrangères ; riche de plus de 17 millions de francs ; il avait donné quelque chose à Durand.

N° 40 – Mayence. Révélations d’Hirsinger.

Ce bon M. Hirsinger, résident à Francfort, aimait bien aussi le bon Tokaï, et le vieux vin du Rhin, recevait volontiers des cadeaux, mais ne les extorquait jamais. Il arrive à Mayence presque incognito, et va trouver le secrétaire d’état Maret : « Eh bien ! Hirsinger avez-vous vu l’empereur ? – Non, monsieur le comte. Je ne suis chez vous et à Mayence que confidentiellement. – Oh ! Oh ! – Oui, je voudrais éviter une audience de l’empereur, je répugne à être un faux-frère. L’empereur m’interrogerait sur ces maudites sécularisations qui nous ont donné tant de mal et font tant crier les allemands. Tous n’ont pas eu de bons lots. Les indemnisés se plaignent. Le clergé jette feu et flamme ; il se réunit chez l’Electeur archichancelier. Celui-ci calme les prélats supprimés ; mais ils veulent voir l’empereur. Ils diront tout. Baker et Mathieu de Rézoff ont brassé toutes ces intrigues, et il y en a d’abominables. – Mais c’est une raison de demander une audience à Sa Majesté. N’allez pas au-devant de ses questions ; mais répondez et adoucissez les choses et ses ressentiments. Agissez en homme d’honneur qui dit la vérité avec sagesse et ne parle que d’après les faits. – Oh ! M. le comte, c’est bien embarrassant. Je ne vendrai pas la calebasse : je vais repartir. – Gardez-vous en bien. Votre départ en dirait plus que vous-même le feriez. L’empereur qui sait tout, est déjà instruit que vous êtes ici ; il vous enverra chercher. Il fallait ne pas venir du tout. – Ma foi oui, sans doute. Je n’y ai pas pensé. – L’empereur voit les fortifications : allez vous habiller et présentez-vous à l’audience. Il ne pensera peut-être pas à vous, et les sécularisations sont donc bien odieuses : il y a donc eu bien des intrigues. – Oh ! Ne m’en parlez pas. Je m’étonne si elles n’ont pas coûté à la bonne vieille patrie allemande neuf à dix millions de florins du Rhin. – Peste, c’est un peu lourd ! – Oh ! Certainement. Le département des Relations extérieures a eu au moins 15 millions de francs. Baker trois ; Mathieu de Rézoff un million ou 1 200 000 frs.

Le bon M. Hirsinger alla à l’audience. L’empereur le fit jaser ensuite en particulier, et il connut toute la calebasse. Il jeta feu et flamme contre Talleyrand et n’en donna pas davantage l’ordre d’ôter le portefeuille des affaires étrangères à ce ministre qu’il traitait de prévaricateur. L’Electeur de Dalberg lui en dit beaucoup. On augmenta les pensions des prélats supprimés et des comtes médiatisés, et tout finit là.

Mathieu de Rézoff, que j’ai connu, avouait plus tard tous ces faits ; il disait n’avoir eu que 800 000 frs. Il est mort en Souabe, à la recherche du reste. Le bon M. Hirsinger avait reçu en cadeaux 7 ou 800 000 frs et une bonne cave ; Baker plus de trois millions. M. de Talleyrand, Durand, Montrond, Roux Laborie, et même M. Hamelin, plus de 15 000 000 de francs. Les Relations extérieures étaient pour l’ex-agioteur des eaux de Paris, l’ex-évêque, l’ex-constituant, l’ex-directorien une bonne vache à lait. Mathieu de Rézoff avait été secrétaire caméral de la noblesse d’Alsace. Il était frère de Mathieu, notaire à Paris, et de Mathieu Favier.

N ° 55 – Affaires d’Espagne. Prince de la paix.

Objet de la haine générale des Espagnes. Don Manuel Godoy, duc d’Alcûdia, prince de la Paix, ami du roi, amant de la reine, ennemi déclaré du prince des Asturies, et véritable roi de la monarchie, sentait la nécessité d’être appuyé du secours et de la protection de l’empereur. Il la cherchait par M. de Talleyrand ; il avait à Paris un agent spécial Don Isidore d’Urquijo, intendant général du jardin botanique de Madrid. Urquijo vivait à Paris dans l’intimité de la belle madame de Bure, vieille libraire de la Bibliothèque du Roi, autrefois maîtresse de Talleyrand. On tirait du satrape major de l’Espagne, de fortes sommes de doublons qui s’écoulaient en plus forte partie chez M. de Talleyrand. On finança, en outre, en particulier :

1° -- Pour obtenir que l’Espagne ne fût pas obligée de déclarer la guerre à l’Angleterre ;

2° -- Pour raccommoder la lourde bévue faite en octobre 1806, lors de la guerre de Prusse ;

3° -- Lors du traité de Fontainebleau, août 1807, dont les articles secrets assuraient une principauté en Algarve au prince de la Paix, et ;

4° -- Pour obtenir le silence de la France sur l’audacieuse arrestation du prince des Asturies à l’Escurial, novembre 1807. Il y eut bien quelques sommes de donner dans le commencement de 1808. Don Joseph d’Urquijo, neveu du prince de la Paix, m’a assuré qu’il avait passé par les mains de son oncle, pour services secrets, plus de 2 millions de pistoles de change de 27 à 3 millions de francs. M. de Talleyrand en a touché au moins les deux tiers, 18 à 19 millions. Ce jeune homme devait épouser la cousine, aujourd’hui sous gouvernante de mademoiselle, sous un titre de Daniela comtesse……. Il avait malheureusement assez mal tourné. Je ne sais ce qu’il est devenu.

N° 127 – Nous sommes à la Restauration : elle a valu beaucoup à M. de Talleyrand. Sur les 46 millions de francs qu’elle a coûté, on calcule qu’il a retenu pour disposer les esprits par lui-même soit 12 000 000 frs.

Pour relever les fonds soit 3 000 000 frs.

Le gouvernement provisoire avait eu pour cet objet 1 500 000 frs. M. de Talleyrand, le duc de Dalberg, Louis et les sous-ordres jouèrent sur les fonds ; il y eut environ 16 000 000 frs de bénéfices. Les 8/9 pour Talleyrand soit 6 400 000 frs.

Affaire d’Orléans dite du cosaque du Don soit 2 800 000 frs.

Reçu de Doumère pour les vivres de l’armée soit 3 000 000 frs.

Reçu de Bernard pour les jeux soit 800 000 frs.

En tout 28 000 000 frs.

Il faut ajouter à ces pourboires de la restauration la vente de nos forteresses et l’abandon de leur matériel du 17 avril 1814. J’ai estimé le montant à 11 000 000 frs. Toute la somme a été pour M. de Talleyrand.

N° 238 – Congrès de Vienne.

Affaire de Saxe soit 6 000 000 frs.

Affaire de Naples, de Murat 200 000 ducats soit 840 000 frs.

Affaire du roi Ferdinand, son tiers un peu écorné dans les 500 000 livres sterling promis à lui, Metternich et Castlereagh. Celui-ci ne voulut supporter aucune perte de change. Les deux autres partagèrent le reste. Talleyrand a eu 3 700 000 frs.

Duché de Dino de 30 000 ducats sur le Grand Livre de Naples, vendus à 70% soit 8 820 000 frs.

Montant 19 360 000 frs.

N° 27 Traité de Lunéville

Le traité fut signé par Joseph. M. de Talleyrand, comme ministre des Affaires étrangères y avait fait stipuler que les rentes que les rentes dues par l’empereur d’Autriche, dans la Belgique, seraient payées intégralement. Elles s’élevaient à 33 millions de florins. Simon de Bruxelles avait proposé à M. de Talleyrand de les enlever sur la place, elles étaient alors à 30 %. Ils ne purent en accaparer que pour 18 millions de florins. Mais l’Autriche mit ensuite des lenteurs à les payer. On les revendit au cours de 66 %. M. de Talleyrand en garda en bénéfice pour 3 000 000 de florins. Il en eut le double de la part de Simon qui figurait dans les inventaires de celui-ci pour 1 600 000 frs. La part de M. de Talleyrand du double, non compris les retenus soit 3 200 000 frs.

Les 3 millions de florins ont rendu à Vienne 1 500 000 florins d’Autriche à 2,5 – 3, 750 000 frs.

Cadeau de l’Autriche pour le ministre soit 400 000 frs.

Cadeau du Premier Consul soit 300 000 frs.

Montant 7 650 000 frs.

N° 47 – Confédération du Rhin.

On sait que le roi de Wurtemberg paya pour droit du sceau du Diplôme royal soit 1 000 000 frs.

Le roi de Bavière, grâce au prince de Ligne, ne paya que 300 000 frs.

Le prince Primat grâce à son neveu le duc de Dalberg 400 000 frs.

Le grand-duc de Darmstadt, fort bien traité 400 000 frs.

Les Nassau, Les Saxe, les Hohenlohe, les comtes de la Lippe 500 000 frs.

Le margrave de Bade, grâce à Madame Stéphanie 100 000 frs.

Total 2 700 000 fr.


Récapitulation des pourboires diplomatiques et affaires

par N° et par sommes



N° 13 500 000

N° 14 780 000

N° 15 200 000

N° 27 7 650 000

N° 39 avec M. Durand 17 000 000

N° 40 avec le même 15 000 000

N° 47 2 700 000

N° 55 18 000 000

N° 127 28 000 000

N° 238 19 360 000

Total 108 990 000

Il faut ajouter à ces sommes :

Loyer pendant 7 ans du château de Valençay à 72 000 frs, dont 50 000 par personne pour frais de geôle soit 300 000 frs.

Revenu de 603 333,33 cts pendant 7 ans soit 4 200 000 frs.

On a prétendu que Talleyrand avait été chargé d’acheter la démission de Barras pour 10 000 000 frs, et qu’il ne lui donna que 3 000 000. Il partagea le reste avec Fouché et Forfait, mais que la part de Talleyrand fut de 4 000 000 frs mais c’était lui, dit-on, qui les avait avancés et qui en fut repayé très tard.

Le prince de Bénévent, vice-grand Electeur, devait donc aux événements de la révolution 117 690 000 frs.

Avec les 10 000 000 frs de la vente des forteresses et de leur matériel, ce serait au total 118 990 000 frs. Perret porte les pourboires de son patron à 133 000 000 frs et ne compte pas les 4 500 000 frs de revenus accumulés. J’en retrouverais bien quelque chose en faisant une revue fiscale de mes papiers.

Non compris les opérations de bourse de lui et de madame Grant sa femme, qui s’est fait 60 000 frs de rentes ; indépendamment des 40 000 frs qu’il lui abandonne, non compris également les mangeries de Montrond, madame Hamelin, de Roux Laborie et du modeste Perret.

Voilà le temps et les hommes du temps !

N. B.

Ce texte se trouve en intégralité dans le tome IV des Mémoires de Barras Paris Librairie Hachette 1896 pp. 257 à 263 incluses.

Les deux paragraphes en rouge sont absents du texte des Mémoires.

Emmanuel de Waresquiel émet l'hypothèse que Roussel de Saint Albin qui reçut les papiers de Barras à sa mort et mit en forme les Mémoires ajouta ce texte qui circulait à l'époque de la Restauration.

Emmanuel ajoute : On peux penser « au début de la Monarchie de juillet ». Il y a tout de même de bonnes chances pour que ce texte dont nous ne connaissons pas l’auteur ait été dans les papiers de Barras à sa mort en 1829. On peut aussi se demander s’il n’est pas de Barras lui-même (il connaissait tout de même la musique). Cette version sort-elle des papiers confiés à Saint-Albin, où est-ce une copie postérieure mise en circulation ? C’est ce que je ne peux savoir, à cette nuance près que les ajouts et corrections de cette version donnent tout de même à penser qu’il s’agit du texte de base. Il faudrait vérifier les écritures du texte et d’une lettre de Saint-Albin.

Pour obtenir des euros par rapport aux francs de la Restauration, on peut multiplier ceux-ci par cinq ou six.

Le document présenté fait partie des suppléments de l'édition des Mémoires de Talleyrand parues en 7 volumes aux éditions Henri Javal - Paris - 1953-1955


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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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