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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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INSTRUCTIONS

A PERROCHEL

DU 7 FEVRIER 1798




Le citoyen Perrochel, Chargé d’affaires en Espagne, fera toutes les démarches nécessaires pour obtenir une audience secrète de la Reine : il annoncera que c’est de la part du Gouvernement français qu’il demande à conférer avec elle seule sur des objets de la plus haute importance qui intéressent la sûreté même de sa Majesté.

On croit qu’on parviendra aisément à parler à la Reine par le canal du Duc d’Ossuna. Au reste le Citoyen Perrochel est le maître d’employer les moyens qu’il jugera propres à parvenir le plus promptement au but.

Dès que le Citoyen Perrochel se trouvera seul avec sa Majesté, il lui dira que le Gouvernement français l’a chargé de lui faire les ouvertures suivantes :

Il y a en Espagne un parti Aragonais dont le but paraît être de détruire la Maison Régnante. Ce parti cherche à s’attacher ceux qu’il soupçonne désirer une réforme des abus. Il joue ces derniers car il ne travaille que pour s’arroger la domination exclusive. Les Anglais font accroire à Votre Majesté que le Gouvernement français est d’intelligence avec ce parti ce en quoi ils la trompent. Ce sont eux qui le soudoient et l’excitent.

Le Prince de la Paix ne paraît pas l’ennemi du Gouvernement français. Mais tout ce qui l’entoure jusqu’au dernier marmiton est entièrement vendu et voué à l’Angleterre. Il en est de même de ce qui entoure Votre Majesté à quelques exceptions près.

Si Votre Majesté veut avoir confiance dans le Gouvernement français, il réunira tous ses efforts aux siens pour déjouer les manœuvres anglaises. Et il est prêt d’en donner une première preuve frappante.

Quelqu’éloignement qu’il ait de faire la paix avec le Portugal, il s’y déterminera parce qu’il connaît le vœu de Votre Majesté sur ce point.

Mais dans les circonstances où il se trouve, il ne pourrait faire agréer cette paix au corps législatif et la faire approuver par la nation qu’en pouvant insinuer avec vérité que le Portugal a fait des sacrifices pour l’obtenir, tels que le Gouvernement français ne pouvait les refuser. Si le Portugal ne trouvait pas cinquante millions dans ses moyens pour obtenir cette paix, Votre Majesté pourrait sans doute lui aider à se les procurer.

Si le Gouvernement français fait cette ouverture, ce n’est pas qu’il exige que Votre Majesté se prête à ses vues. Pour peu que la franchise et la loyauté du Gouvernement français ne fussent pas appréciés, pour peu qu’il y ait la moindre hésitation, enfin pour peu qu’il y ait le moindre manque de la confiance la plus absolue, je suis chargé de déclarer qu’il retire toutes ses propositions, qu’il ne se prêtera à aucune ouverture ultérieure et qu’il laissera à l’influence anglaise son libre cours. Il prévient cependant Votre Majesté que cette influence sera telle que peut-être elle excitera les partis d’en venir aux mains, qu’elle les soudoiera tous pour opérer des déchirements atroces dans toute l’Espagne, qu’elle favorisera particulièrement celui qui attaquera le gouvernement espagnol dans sa source et se permettra les plus grands excès peut-être sur la personne même de Votre Majesté parce que cela lui fournira des prétextes de s’emparer de toutes les possessions espagnoles dans les Deux Indes, que déjà la partie est liée avec les Américains pour s’emparer de la Louisiane, que c’est le parti anglais qui a fait persister jusqu’à ce jour dans la fausse politique de se refuser à restituer ce pays à la République française, parce que la France serait au moyen de cette restitution un rempart impénétrable contre toutes les tentatives combinées des Anglais et des Américains contre les possessions espagnoles.

Au reste le Gouvernement français désire beaucoup que Votre Majesté n’ait pas à se repentir d’avoir négligé les avis qu’il a cru en allié fidèle devoir lui donner et d’avoir renoncé à l’appui qu’il lui offrait. Mais je suis chargé de répéter que tout regret tardif serait inutile, la présente ouverture devant être la première et la dernière.

Le Prince de la Paix peut regagner la confiance du Gouvernement français :

1° en réunissant tous ses moyens à ceux de la France pour attaquer le Portugal et empêcher en même temps que les Anglais ne s’emparent du Brésil ; si il n’aime pas mieux faire demander la paix par le Portugal aux conditions de faire payer cinquante millions que l’Espagne pourrait prêter en partie, de restituer aux Français la Guyane jusqu’au fleuve des Amazones, dont la navigation serait libre et comme aux deux ou trois nations ;

2° de restituer la Louisiane à la France pour mettre la République en état de défendre les possessions espagnoles contre les Anglais et les Américains.



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Tiré de la diplomatie du Directoire et Bonaparte d'après les papiers inédits de Rebwell
de Bernard Nabonne - La nouvelle édition - Paris - 1951 - p. 98 à 102









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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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