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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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TALLEYRAND ET LE MANIFESTE DES FACTIONS





TALLEYRAND-PERIGORD.


L'on n'a point encore fait entendre dans les conseils de dénonciations formelles contre le ministre des relations extérieures, Talleyrand-Périgord ; mais ce ministre a eu trop de part à la direction de la politique de la France, pour échapper aux accusations qui se préparent en ce moment. D'ailleurs, les patriotes purs n'ont point oublié ses transactions scandaleuses avec les envoyés des Etats-Unis de l'Amérique ; sa cupidité est connue des Jacobins comme des Royalistes, & l'on parle, aussi hautement à Paris qu'à Londres « des sommes d'argent qu'il a extorquées des plénipotentiaires de toutes les puissances qui ont eu le malheur de traiter avec la République. Il est donc à croire qu'il aura été compris dans la proscription générale, qui, au 14 Juin, nous semblait menacer le gouvernement tout entier. Il a paru dans le journal officiel une pièce très importante dans la situation actuelle des choses ; elle est intitulé : Le Manifeste des Factions, & elle nous a semblé rédigée de manière à les indisposer toutes ; ce qui est fort stupide de la part du gouvernement : mais, quos Deus vult perdere, priùs dementat. Le système politique que le Directoire a suivi, envers les petites puissances qu'il envahissait les unes après les autres, pour parvenir plus sûrement ensuite à l'envahissement général du reste de l'Europe, y est parfaitement développé: habemus confidentes reos. Nous soupçonnons d'après la nature de cette pièce, qu'elle aura été composée dans le bureau des affaires étrangères ; c'est ce qui nous détermine à la placer ici comme une justification publiée par ce département, au moment où tous les ministres sont obligés de s'exculper provisoirement.


Manifeste des Factions


C'est un contraste assez digne de remarque, peut-être, que ces plaintes répétées contre l’asservissement de l'imprimerie, et ces écrits multipliés où l'on use, sans réserve, de la faculté de tout dire et de tout publier. Naguère on nous amenait le Russe à Paris ; bientôt un autre ouvrage a paru, sous le nom évidemment emprunté de Carnot, qui avait pour objet de déshériter le 18 Fructidor de la sanction de l'opinion publique, et de diviser le Directoire, en traçant une ligne de démarcation entre ceux de ses membres qui y étaient alors, et ceux qui n'y sont entrés qu'après. Le signal d'une attaque plus sérieuse est aujourd'hui donné ; c'est le gouvernement tout entier qu'on accuse dans un imprimé portant pour titre : Situation actuelle de la République Française ; et on l'y accuse pour toute sa conduite depuis le 18 Fructidor, aveu délateur qui doit nous montrer le but où l'on tend.

En remontant, en effet, jusque au 18 Fructidor, on s'approche un peu trop de cette journée, pour qu'on ne veuille pas la heurter -elle-même, et nous annoncer qu'on accuse le gouvernement depuis le 18 Fructidor, c'est annoncer assez peut-être qu'on l'accuse pour le 18 Fructidor même. On n'y a pas oublié que c'est ainsi que les héritiers de Robespierre, moins affligés de l'horrible et sanglante réaction que du supplice du tyran, accusèrent aussi la convention depuis le 9 Thermidor, mais qu'en ne l'accusant, en apparence, que depuis, ils ne l'accusaient réellement que pour le 9 Thermidor même. Il ne manque ici qu'un trait de ressemblance, c'est que comme ces derniers, pour mieux cacher leurs projets d'attaque contre cette journée libératrice, ne dataient leurs accusations que du 10 Thermidor, on ne date aujourd'hui celles qu'on veut intenter que du 19 Fructidor, pour paraître au moins épargner encore le 18.

D'autres points de similitude y suppléent, qui serviront à nous faire reconnaître la permanence des factions, et le projet agresseur à l'exécution duquel elles sont toutes appelées à concourir.

C'est le 18 Fructidor qu'on veut perdre, qu'on veut étouffer entre deux crimes, et le royalisme et l'anarchie apparaissent sous la même bannière ; le royalisme, parce qu'il a été battu ; l'anarchie, parce qu'elle n'a pu s'emparer de la victoire ; et si l'accord qui les unit pouvait être méconnu, si le pacte qui les rassemble pouvait paraître encore douteux, qu'on lise ce manifeste qu'ils viennent de publier.

Que disaient les contre-révolutionnaires d'avant Fructidor ? Vous les entendiez déclamant sans cesse contre le système d'oppression du Directoire envers les nouvelles républiques, & dénonçant à l'exécration de tous les peuples, l'anéantissement des gouvernements aristocratiques de Gênes & de Venise. Aujourd'hui, on l'accuse d'avoir étendu, perpétué sa domination tyrannique & spoliatrice sur la Hollande, ta Cisalpine, la Ligurie, & de n'y avoir porté que bouleversement & dévastation. N'est-ce donc pas là le double de l'acte d’accusation que rédigea Dumolard ; & dans quelles circonstances encore ? Dumolard accusait, lorsque nos soldats blessés étaient égorgés sur leur lit de douleur à Vérone, lorsque nos troupes éparses pouvaient être surprises & massacrées en détail, comme si, légitimant alors la fureur de nos assassins, il eût voulu sonner le tocsin de nouvelles vêpres Siciliennes ; on accuse aujourd'hui, lorsque notre armée a été momentanément forcée de se replier devant un ennemi supérieur en nombre, lorsque la nécessité de prolonger nos moyens de défense sur une ligne extrêmement étendue, affaiblit partout nos forces en les disséminant ; on accuse aujourd'hui, lorsque le Russe & l'Autrichien menacent d'envahissement l'Italie entière, et qu'ils travaillent surtout à s'en frayer le passage en soulevant contre nous toutes les haines, & en arborant, dans les villes & dans les campagnes, l'étendard des insurrections : or, accuser alors le Directoire d'avoir opprimé, vexé, dépouillé ces contrées, n'est-ce pas faire, avec le Russe & l'Autrichien, un appel à tous les mécontentements, n'est-ce pas les armer contre le nom français, & servir évidemment les projets de l'étranger ? Que penser surtout, lorsqu'on entend l'auteur de l'écrit se joindre à l'Archiduc Charles pour imputer à crime au gouvernement l'affranchissement de la Suisse, & nous peindre à son tour comme des conquérants barbares qui auraient fait passer sous le joug les descendants de Guillaume Tell ? L'objet au moins de cette accusation impie ne peut être douteux, c'est de détacher de notre cause ces généreux Helvétiens qui combattent avec nos phalanges, & rivalisent de gloire avec elles ; c'est de fournir de nouvelles armes aux rebelles que soudoie l'Autriche, & de renouveler cet ordre infâme répandu dans plusieurs cantons, que chaque habitant eût à immoler au même jour, à la même heure, les soldats français qui logeaient chez lui.

Mais poursuivons de signaler l'identité du système agresseur qu'on a adopté, avec celui qui fut suivi avant Fructidor.

Avant Fructidor, on accusait le Directoire de ne pas vouloir la paix ; on l'accuse aujourd'hui d'avoir voulu la guerre. Avant Fructidor on l'accusait d'être trop exigeant, aujourd'hui de ne l'avoir point été assez, & d’avoir au contraire usé de condescendances coupables envers les rois.

Bernadotte, dit-on, est envoyé près la cour de Vienne, il y est insulté, le Directoire n'est pas ébranlé. Seulement, & pour la forme, il envoie à Selz son ex-collègue François demander satisfaction. Cependant les Russes avancent par terre, leur coalition avec l'empereur est d'autant moins équivoque, que celui-ci se déplace exprès pour aller les passer en revue. On s'attendait que le Directoire reprendrait aussitôt les hostilités. Point du tout ; il s'adresse à ses plénipotentiaires, qu'il charge de demander à la cour de Vienne, par la double cascade du congrès & de la diète, des renseignements sur la marche des Russes. C'est assurément pousser loin les égards. Tandis qu'on a l'air de prendre la demande en considération, l'Archiduc Charles s'avance vers le Rhin, les Russes vers Trieste ; & lorsque l'empereur se voit en force, il répond par des diatribes. C'est alors seulement que le Directoire se décide à déclarer la guerre aux cours de Vienne, de Naples, de Toscane & de Turin.

Reprenons successivement ces faits, & marquons comment, pour donner de la couleur & du poids à ces accusations mensongères & perfides, on antidate, ou l'on recule, & l'on dénature à son gré les événements.

Le Directoire n'a pas été ébranlé de l'insulte faite à Vienne à notre ambassadeur Bernadotte, & il n'a envoyé à Selz que pour la forme, son ex-collègue François demander satisfaction. A-t-on donc oublié ce qui s'est passé à cette époque ? Qui ne sait que ce n'est point le Directoire qui a provoqué les conférences de Selz ; mais bien la cour de Vienne ; que le Baron de Thugut en fit la demande expresse par une note officielle ? Or, fallait-il que le gouvernement reprit aussitôt les hostilités, au lieu d'accéder à une proposition conciliatrice ? S'il les eût reprises alors, on l'accusait lui-même d'avoir été l'instigateur du trouble qui avait éclaté à Vienne, on l'accusait d'avoir lui-même fait insulter notre ambassadeur pour couvrir d'un prétexte apparent ses projets d'attaque, & il était signalé dans l'Europe comme auteur de la continuation de la guerre, par cela seul qu'il aurait refusé des conférences qui pouvaient amener la réparation de l'injure. Cette réparation, sans doute, nous ne l’avons point obtenue, mais c'est là un des motifs de notre déclaration de guerre, à l'Autriche, & le Directoire au moins, en acceptant ces conférences, comme en adhérant à la formation du congrès de Rastadt, a donné une preuve irrécusable de son amour pour la paix. Quand on l'accuse au reste de n'avoir point été ébranlé de l'insulte faite à Bernadotte, on devrait se rappeler qu'à la première nouvelle qu'il en reçut, il fit suspendre le départ de Bonaparte, dont les guides étaient déjà en route, dont les équipages étaient déjà arrivés à Toulon, & que Bonaparte ne partit enfin que lorsque le gouvernement & lui crurent à la sincérité des protestations de regret de la cour de Vienne. L'insulte avait eu lieu le 21 Germinal, an 6, & Bonaparte n'a quitté la France que le 27 Floréal suivant.

La seconde imputation frappe également à faux : ce n'est point lorsque l'Archiduc Charles s'est avancé sur le Rhin, & les Russes vers Trieste, que le Directoire a déclaré la guerre aux cours de Vienne, de Naples, de Toscane & de Turin.

C'est du 16 Frimaire qu'est datée la déclaration de guerre à Naples, Turin et Florence, et la date de la déclaration de guerre à l'Autriche est du 22 Ventôse. Ainsi, le» hostilités contre ces trois cours ont précédé de trois mois celles contre l'empereur, et l'on voit que si le Directoire ne se prononçait point encore ouvertement alors contre ce dernier, il ne négligeait pas du moins de se mettre en mesure contre les attaques : il s'emparait de Naples, de Turin et de Florence avant que l'Autriche fût en état de leur prêter appui ; il battait séparément chacun de ces potentats avant qu’ils eussent pu effectuer leur coalition contre la France, et se tendre réciproquement une main auxiliaire, et tel fut aussi le résultat des dispositions qu'il avait prises, et de la célérité de leur exécution, que Vienne épouvantée n'osa prendre la défense de ces alliés qu'elle eût secourus trop tard, et parut revenir à des sentiments pacifiques.

Elle voulait cependant la guerre ; mais elle voulait aussi, comme on le fait aujourd'hui, en rejeter l'odieux sur le Directoire & le Directoire continua de prouver son amour pour la paix, et de remplir en cela le vœu de la France entière, en continuant les négociations. Il ne se dissimulait pas sans doute que l'approche des Russes était le signal d'une coalition nouvelle ; mais devait-il s'informer de l'objet de leur marche, avant qu'ils eussent mis le pied sur le sol Autrichien ? L'empereur alors eût répondu, ainsi que l'a fait depuis la diète de Ratisbonne, qu'il ignorait cette marche et son objet, et qu'il devait l'ignorer, tant que ces troupes seraient sur un territoire qui lui est étranger. Mais ces troupes enfin touchent aux états héréditaires de l'empereur ; elles viennent d'y entrer, et le gouvernement l'interpelle aussitôt de s’expliquer, et il prescrit le terme dans lequel une réponse formelle et positive devra être faite. N'a-t-il pas ici parlé le langage qui convenait à la dignité du nom français ? N'a-t-il pas soutenu l'honneur de la nation ? L'Autriche, il est vrai, essaie encore de recourir à des réponses évasives, à de vains subterfuges ; le temps des temporisations était passé, et nos troupes reçoivent l'ordre de s'avancer. Leur première marche date du 11 Ventôse, et la guerre n'a été solennellement déclarée que le 22. Il demeure donc constant que toutes les mesures de sûreté et de défense étaient prises, et qu'elles n'ont été déployées que lorsqu'il n'a plus été possible de conserver quelque espoir d'accommodement.

Remarquez cependant dans quelle situation le gouvernement se trouve aujourd'hui placé : à l'extérieur, comme dans l'intérieur, il est accusé d'avoir voulu la guerre, mais par des motifs différents : le manifeste de l'Archiduc Chartes l’accuse de tyrannie dans ses prétentions, et le manifeste des factieux, de déférence envers les rois : or, si par ces deux voies opposées, on ne tend évidemment qu'au même but, celui d’éloigner de lui l'opinion publique, et de lui imputer les maux de la guerre, qui ne reconnaîtra qu'il existe une chaîne secrète, qui du dehors correspond au dedans, et qu'on ne prépare ainsi parmi nous son acte d'accusation, que pour préparer les succès de l'étranger, qui se repose moins sur quelques avantages éphémères, que sur les divisions qu'il attise et fomente dans notre sein.

Mais si nous le reconnaissons ce traité secret, qui lie l'étranger, les séditieux de l'intérieur, il faut le dévoiler .de nouveau cet accouplement monstrueux du royalisme et de l'anarchie pour perdre ce gouvernement qui les importune.

Nous y avons vu dans ce manifeste des factions, que, comme avant Fructidor Dumolard accusait le Directoire d'avoir opprimé Milan, Gênes et Venise, on l'y accuse aujourd’hui d'avoir bouleversée l'Italie, la Hollande et la Suisse ; que, comme avant Fructidor on l'accusait de ne pas vouloir la paix, on y change seulement de ton, en l'accusant d'avoir voulu la guerre ; et nous y avons retrouvé le sceau du royalisme; retrouvez y maintenant celui de l'anarchie.

Là, en effet, parmi les charges qu'on dresse contre la convention, on place le rappel des 73 députés, victimes du 31 Mai. Là, on déclare que la conspiration de Babœuf, l'attaque du camp de Grenelle, ne furent que de vains fantômes dont on s'est servi pour couvrir d'odieuses proscriptions. Là, on déclare que les journées de prairial n'ont point été l'ouvrage de l'anarchie, et que les forcenés qui brisèrent à coups de hache les portes du sanctuaire des lois, qui promenèrent sur une pique la tête du représentant Ferraud n'eurent d'autre crime que d'avoir demandé du pain.

Or, quand ce langage vous le retrouvez à côté de celui que tenaient avant Fructidor les sectateurs de Cliçhy et les élus de Louis XVIII, comment se refuser à la conviction que le royalisme et l’anarchie se sont enfin décidés à taire cause commune, à se servir de mutuels auxiliaires, sauf, après avoir accompli leurs projets de destruction, à se diviser pour le partage dès dépouilles de la République, et pour savoir à qui demeurera la domination exclusive.

On ne les déguise pas, au reste, ces projets de destruction : ce qu'il faut d'abord détruire, pour marcher sur ses ruines, à l'exécution de plus vastes conceptions, c'est la loi du 19 Fructidor. Je n'indiquerai point, dit l'auteur, les moyens de salut public. Le corps Législatif est là; qu'il se hâte de rapporter la loi du 19 Fructidor an 5. Oui, le corps législatif est là, tant qu'on pense encore avoir besoin de lui, tant qu'on a besoin de le flatter, dans l'espoir de le faire servir d'instrument aveugle à ses desseins ; mais qu'il ait brisé cette barrière qui jusqu'ici arrête et comprime les entreprises des séditieux, il aura bientôt cessé d'être là, les factions y seront à sa place, qui nous indiqueront ces moyens de salut public qu'elles tiennent en réserve, & nos malheurs nous ont assez appris ce qu’elles entendent par moyens de salut public.

Leur coalition impie ressemble à celle du Russe & de l'Autrichien : toutes deux ont pour objet commun le déchirement de notre patrie. Ne leur opposerons-nous pas la sainte coalition des vrais amis de la liberté, et soufflerons-nous sans cesse sur la plus légère étincelle de discorde pour allumer nous-mêmes l'incendie qui doit nous dévorer ?


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in PARIS PENDANT L'ANNEE 1799 PAR M. PELTIER VOL. XXII - LONDRES - DE L'IMPRIMERIE DE BAYLIS - 1799








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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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