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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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NOTE

DU

MINISTRE DES RELATIONS EXTERIEURES

AU

CITOYEN OTTO

COMMISSAIRE DU GOUVERNEMENT A LONDRES

EN DATE DU

30 FRUCTIDOR AN IX

[17 SEPTEMBRE 1801]



Paris, le 30 fructidor an IX [17 septembre 1801]

Citoyen, j'ai mis sous les yeux du Premier Consul votre lettre du 28 fructidor.

Voici ce que je suis chargé de vous dire expressément :

Au delà de la Trinité, le Premier Consul ne cédera pas non seulement Tobago, mais même un seul rocher, s'il en existait, où il n'y aurait qu'un village de cent habitants ; et la base de la conduite du Premier Consul est que, dans ce traité, il a cédé à l'Angleterre jusqu'à la dernière limite de l'honneur, et que, plus loin, il y aurait pour la nation française déshonneur.

Quant à Malte, il est impossible de nommer l'empereur de Russie, puisqu'on ne peut pas être sûr de son consentement ; mais on doit se contenter de la première rédaction : sous la protection d'une des grandes puissances de l'Europe.

Jamais le Premier Consul ne consentira à adopter une autre rédaction que celle, ne s'opposera pas, parce qu'il serait absurde de vouloir qu'il disposât de ce qui ne lui appartient pas, et qu'il ne le ferait pas, quand les flottes anglaises seraient mouillées devant Chaillot ;

Que c'est par cette formule que l'Empereur a cédé Mayence à la France et que la France lui a cédé Venise.

Vous devez donc, Citoyen, rester le plus longtemps possible sur ce terrain ; si cependant, ce que l'on ne peut concevoir, cela devenait un sujet de rupture, vous pourrez, dans un article secret, donner des sûretés qui pourraient être rédigées ainsi :

Si la République batave ne consent pas, à la paix générale, à céder à l'Angleterre le port de Trinquemale en toute souveraineté ; si le roi d'Espagne ne consent pas à céder en toute souveraineté à l'Angleterre la Trinité, les articles relatifs à ces puissances dans les articles patents seraient nuls.

Si, contre toute attente, le ministre anglais persistait à vouloir Tobago, ou la cession positive par la France des possessions espagnoles et bataves, ce qui n'est point au pouvoir de la République, vous êtes, Citoyen, autorisé à rompre, parce que le Premier Consul serait autorisé à penser que cela tiendrait à une double intrigue avec l'Espagne, que l'on jouerait pendant ce temps-là, ou à d'autres causes qu'il ne saurait expliquer ; mais il ne lui convient pas, dans la situation actuelle de l'Europe, de prolonger davantage des bruits de paix qui suspendent toutes les opérations militaires, empêchent de donner aux alliés le mouvement convenable, et tendraient à nous faire perdre une portion de la saison de la guerre, qui commence pour nous en vendémiaire.

Je ne dois pas vous laisser ignorer, Citoyen, que 6 000 hommes sont embarqués sur l'escadre de Rochefort, et près de 20 000 sur l'escadre de l'amiral Villarest, à Brest, et que les moyens de transport pour 15 000 hommes sont tout prêts en Hollande ; que les escadre de Cadix et de Toulon ont également des troupes à bord. L'exécution du plan de campagne du Premier Consul exige qu'il sache positivement, au 10 vendémiaire, à quoi s'en tenir, et qu'il puisse, de sa personne et de tous ses moyens, donner un grand mouvement à la nation, et continuer enfin la guerre, puisqu'on le veut absolument. Il faut donc qu'à cette époque les préliminaires soient signés ou la négociation rompue.

Avant d’aller à Marengo, le Premier Consul a tout fait auprès de l'Empereur : il avait, comme il le fait aujourd'hui à l'Angleterre, cédé tout ce qui était compatible avec l'honneur. L'Empereur a voulu davantage, et il a dû tout obtenir de la générosité et de la modération du vainqueur.

Toute demande de nouvelles instructions vous devient aujourd'hui inutile; vous devez le déclarer à lord Hawkesbury, et lui faire connaître que tout ce que vous lui avez dit est l'ultimatum ; que le Premier Consul s'exposerait à tout plutôt que d'aller plus loin ; et dites cela avec quelque fierté : ils risquent de tout perdre, comme l'Empereur, s'ils veulent avoir davantage.

Ch. Mau. TALLEYRAND.



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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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