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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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NOTE

DU MINISTRE FRANCAIS

DES AFFAIRES ETRANGERES

AU CHARGE D'AFFAIRES IMPERIAL RUSSE

EN DATE DU 16 MAI 1804




J’ai présenté au Premier Consul la note du 20 avril que vous m’avez fait l’honneur de me transmettre. Le Premier Consul observe, avec regret, que l’influence des ennemis de la France a prévalu dans le Cabinet de Saint-Pétersbourg, et que cela met en danger maintenant la bonne entente qui s’était établie avec tant de mal et qui paraissait être si bien confirmée par les effets heureux qu’elle a produit. Sa Majesté l’empereur d’Allemagne, et sa Majesté le Roi de Prusse, qui indubitablement sont les deux puissances les plus concernées par le sort de l’Empire Germanique, ont compris que le Gouvernement français était suffisamment autorisé à arrêter, à deux lieues de distance de sa frontière, des rebelles français qui conspiraient de nouveau contre leur propre pays, et qui, par la nature de leurs complots, aussi bien que par les terribles preuves qui les confirmaient, s’étaient placés eux-mêmes hors de la protection de la loi des nations. Les Princes Germaniques ayant été ainsi satisfaits, le Premier Consul n’aurait rien à dire à l’empereur de Russie sur un point qui, pour le moins, ne concerne pas son intérêt ; mais il sera toujours heureux de parler à sa Majesté l’empereur de Russie, avec la franchise que l’Europe sait qu’il possède, qui seule convient aux grands et puissants états. S’il est dans l’intention de sa Majesté de former une nouvelle coalition en Europe, et de recommencer la guerre, quel besoin est-il de vains prétextes ; et pourquoi ne pas agir plus ouvertement ? Bien que la reprise des hostilités peinerait le Premier Consul, il ne connaît nul homme au monde qui puisse inspirer de la crainte à la France ; nul homme à qui il tolérerait d’interférer dans les affaires de ce pays ; et puisque lui-même ne se mêle plus des parties ou des opinions qui peuvent diviser la Russie, sa Majesté impériale ne peut avoir le droit de se mêler des parties ou des opinions qui peuvent diviser la France. Dans la note, Monsieur, que vous avez remise, vous exigez :

« Que la France emploie les moyens les plus efficaces pour tranquilliser les différents gouvernements, et pour faire cesser en Europe un ordre de chose, qui est trop alarmant pour leur sécurité et leur indépendance. »

Mais n’est-ce pas cette indépendance des états d’Europe qui est attaquée, s’il apparaît que la Russie protège et entretient, à Dresde et à Rome, les auteurs de complots qui cherchent à abuser du privilège de leur résidence dans le but d’inquiéter les états voisins ? Et si les ministres russes dans la plupart des cours d’Europe prétendent placer sous la protection de la loi des nations les personnes qui sont originaires de ce même pays où ces ministres résident, ce que M. de Marcoff voulait faire à Paris avec un Genevois ? Ce sont de réelles atteintes à l’indépendance des états de l’Europe ; ce sont ces atteintes mêmes qui devraient exciter leurs vigoureuses remontrances. L’affaire contre laquelle un tollé s’est élevé, est d’une nature très différente.

Par le traité de Lunéville, l’Allemagne et la France se sont mutuellement engagées à ne pas donner asile à aucun de ces hommes qui pourraient troubler leur tranquillité respective. Les émigrés qui résidaient à Bade, à Fribourg, à Dresde, etc. ne devaient pas, par ce traité, être tolérés dans l’empire germanique ; et cela montre quelle réelle inconvenance il y avait dans le comportement de la Russie.

La France exige d’elle qu’elle renvoie les émigrés qui étaient employés par la Russie, à l’époque où les deux pays étaient en guerre, des pays où ils se sont faits remarquer seulement par leurs intrigues ; et la Russie insiste à les maintenir là ; et la protestation qu’elle fait maintenant, amène cette question :

Si, quand l’Angleterre planifia le meurtre de Paul 1er ( en supposant que des informations aient été reçues que les auteurs de ce complot étaient à une lieue de la frontière ) des efforts n’auraient-ils pas été faits pour les arrêter ? Le Premier Consul espère que sa Majesté impériale, dont l’excellent esprit et le noble caractère sont si bien connus, percevra tôt ou tard qu’il y a des hommes qui se servent de tous les moyens pour créer des ennemis à la France, et qui de ce fait cherchent à faire une diversion, et rallumer les flammes de la guerre, ce qui est seulement avantageux pour l’Angleterre. Cette guerre n’aura jamais lieu avec le consentement du Premier Consul ; mais si quiconque doit la déclarer contre lui, il la préférera toujours à un état de choses qui tendrait à détruire cette égalité entre les grandes puissances, et qui tendrait à être au détriment de la France. Et comme il ne s’attribue aucune supériorité et ne s’ingère dans aucune action du cabinet russe, il réclame une parfaite réciprocité à cet égard. Je continue, Monsieur, à espérer fermement que des déclarations si sincères seront pleinement appréciées par votre Cour et qu’elles tendront à dissiper les nuages que la malveillance propage entre nos pays avec une réussite qu’il faut grandement regretter. Acceptez, Monsieur, l’assurance de ma parfaite estime.



Ch.-Mau. De TALLEYRAND-PERIGORD.



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traduit de la version anglaise tirée de l'ANNUAL REGISTER FOR THE YEAR 1804 - LONDON - W. OTRIDGE AND SONS - 1806


Traduction : Pierre Combaluzier

Remerciements à Monsieur Jacques Chauvin pour son aide précieuse.








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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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