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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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RAPPORT

DE TALLEYRAND

AU

PREMIER CONSUL

DU 1ER FRIMAIRE AN IX

[22 NOVEMBRE 1800]

SUR LES NEGOCIATIONS CONCORDATAIRES





Dans les temps anciens les gouvernements libres tiraient leur force de deux grands ressorts qui loin de se contrarier, agissait toujours ensemble, et se prêtaient un mutuel appui. Ces deux ressorts étaient la religion et l’amour de la patrie.

Dans les temps modernes, quelques gouvernements ont trouvé, dans l’accord de ces deux sentiments, une puissance qui les a mis en état de triompher des obstacles sans nombre qui se sont opposés à leur établissement, de lutter avec avantage contre des gouvernements plus puissants qu’eux, et de faire de très grandes choses avec de faibles moyens. Tels furent les gouvernements de Hollande, de Genève, de Suisse et de quelques états libres d’Allemagne.

Les gouvernements successifs, que la révolution française a créés, n’ont pas eu le même bonheur. La révolution n’a d’abord considéré l’établissement religieux que sous le point de vue de ses rapports politiques avec l’organisation féodale qu’elle avait intérêt à détruire. De là cette faveur inopinée qui, en haine de la liberté a rapproché de la religion les hommes et les classes qui auparavant avaient le plus dédaigné ses pratiques : de la [ ?] d’aliénation qui a étendu sur les partisans de la religion, l’animosité que les amis de la liberté portaient aux partisans de la tyrannie féodale. Ainsi le même lien a réuni des passions différentes et des intérêts divers des hommes, qui n’avaient dû combattre que pour défendre des principes religieux, se sont armés pour des opinions purement politiques et ceux qui n’auraient dû s’élever que contre ces usurpations féodales, ont fait une guerre acharnée à des pratiques et à des théories purement spéculatives

Ni les sentiments religieux ni les sentiments patriotiques ne gagnent à la durée de cette lutte. Elle était nécessaire quand les intérêts du culte étaient confondus avec les intérêts politiques, et faisaient cause commune ; elle serait indispensable si la liberté ne pouvait exister avec les sentiments religieux, ou si les sentiments religieux exigeaient impérativement telle ou telle forme de gouvernement politique ; mais du moment où il est reconnu que l’empire exercé sur les esprits par la religion peut être borné à des pratiques, à des dogmes et aux espérances de la vie à venir, alors ces choses sont parfaitement compatibles avec l’autorité dont le gouvernement a besoin pour assurer la liberté politique et civile des citoyens, il doit être sensible que la guerre entre les sentiments politiques et les sentiments religieux ne peut durer sans compromettre cette liberté, sans affaiblir les sentiments qu’elle fait naitre, et sans dépraver ceux que la religion inspire.

La nécessité de cette réconciliation doit être d’abord sentie par les amis de la liberté pour plusieurs raisons.

1er parce que pour peu qu’ils aient de philosophie, ils doivent sentir que les sentiments de la religion tiennent aux affections les plus profondes et les plus naturelles du cœur de l’homme ; que ses préjugés religieux tiennent à une maladie de son esprit ; et que les sentiments patriotiques tiennent à des vertus dont l’accord et la persévérance sont des résultats qu’il n’est pas facile de généraliser et de perpétuer au même degré de force au sein d’une grande nation.

2° parce que pour peu que qu’ils aient de sagacité, ils doivent savoir que les préjugés religieux ne mènent au fanatisme que quand on les irrite, ou qu’on veut les dompter ; et que hors de ces époques voisines de la naissance des sectes où l’esprit de prosélytisme les rend intraitables, époques qui sont heureusement très loin de nous, les préjugés religieux ne sont pas implacables, et sont réellement susceptibles d’être ramenés par la tolérance à des sentiments calmes et à des vues de conciliation et de bon accord.

3° parce que pour peu qu’ils aient de justice, ils doivent sentir que telle croyance, telle pratique et telle espérance que ce soit appartiennent à la liberté naturelle des hommes, comme tout autre droit social, et qu’il est absurde de dire à un peuple qu’on veut l’affranchir d’un joug politique que pour lui imposer celui de renoncer aux dogmes auxquels il est persuadé qu’il croit, de se priver du plaisir qu’il trouve à de certaines pratiques, et de faire le sacrifice des perspectives que son imagination lui fait voir dans la vie à venir.

Le premier Consul a donc conçu une idée vraiment sage, juste et patriotique quand il a entrepris de concilier au gouvernement l’esprit de religion dont l’inimitié avec l’esprit de liberté n’a plus aujourd’hui aucun motif nécessaire, aucun objet réel.

Dans cette entreprise véritablement digne de sa sagesse il y a deux causes principales à considérer.

1° La religion romaine la seule à laquelle s’appliquent directement les considérations que j’ai développées sur la lutte qui s’est élevée depuis le commencement de la révolution entre l’esprit de liberté et les sentiments religieux.

2° Une classe de patriotes qui se sont imaginés qu’il fallait détruire la religion pour assurer l’empire de la liberté ; que ces deux choses étaient incompatibles : que tout ce qu’on faisait en faveur de l’une était une offense adressée à l’autre.

J’ai déjà dit ce que je pensais de cette manière d’envisager le rapport des sentiments religieux avec les sentiments patriotiques. Elle est en même temps une dangereuse erreur et un véritable fanatisme : elle ne doit point détourner le gouvernement de suivre le plan que sa sagesse lui a fait concevoir : seulement elle doit le déterminer à employer des ménagements pour ne pas irriter sans nécessité des dispositions qui partent d’une bonne source, bien qu’elle mènent naturellement, si on se laissait conduire par elle, à des résultats extrêmement funestes pour la liberté.

Je vais considérer la religion romaine dans ses rapports avec le gouvernement de la république.

Le gouvernement vient d’accorder à la religion romaine un assez grand degré de tolérance. Elle en jouit, ce me semble, d’une manière assez calme ; mais cette disposition tient plus à l’espoir qu’elle a d’une tolérance plus étendue qu’au sentiment direct de celle dont il lui est permis de jouir.

Si la religion romaine était, comme se le sont imaginés quelques amis de la liberté, une association presque dissoute par les orages de la révolution, par le progrès des lumières de la philosophie parmi le peuple, par le dégoût des pratiques extérieures, par la haine persévérante que la jouissance des anciens privilèges avait fait étendre de la haute classe de l’ancien clergé à ses classes inférieures, sans doute la tolérance qui vient d’être accordée au culte de cette religion suffirait : il serait inutile, et par conséquent dangereux de lui donner plus d’étendue, et proposer à cet égard des mesures plus libérales, serait un conseil qui ne pourrait être inspiré que par la superstition elle-même.

Mais il n’en est pas ainsi. La religion romaine considérée isolément dans la croyance vague de ses dogmes et dans l’attrait irréfléchi de ses pratiques extérieures a plus de force réelle qu’elle n’en avait autrefois. Ce que ses ministres ont perdu de puissance et de richesse a tourné au profit de ses théories. Ceux qui pratiquaient autrefois son culte avec quelque zèle regrettent amèrement sa chute ; ce regret s’est étendu même au très grand nombre des hommes à qui les prêtres reprochaient autrefois leur tiédeur. Les maux publics, les maux particuliers ont partout disposé le peuple à rechercher des consolations qui font d’autant plus d’impression sur lui qu’il est fondé à croire qu’on éloigne de lui ceux qui les lui offrent. Dans ce sens les amis de la liberté ont tout à fait agi contre leurs propres vues : ils ont donné du crédit aux prêtres en les poursuivant : ils ont ajouté à l’influence de la religion en entreprenant de la détruire.

Il ne faut pas se le dissimuler : cet ascendant ira toujours croissant et avant qu’il ait acquis assez de force pour devenir dans la main de ceux qui le dirigent une arme dangereuse, n’est-il pas plus sage de leur accorder ce que dans ce moment ils recevront comme un bienfait. Les croyants ne connaissent pas leur nombre ; ils n’ont pas encore réfléchi sur toute l’étendue de leurs droits ; ils seront reconnaissant de la condescendance qu’on aura pour leurs opinions ; ils en aimeront mieux la liberté du moment qu’ils verront qu’elle se concilie avec la pratique de leur culte ; et ils redoubleront de confiance et d’attachement envers le gouvernement auquel ils seront redevables de cette alliance que jusqu’à présent on leur avait fait croire impossible.

Il s’agit maintenant d’examiner quelle doit être l’étendue de la tolérance que les partisans de la religion romaine ont le droit d’attendre de la justice éclairée du gouvernement pour l’exercice de leur culte.

La religion romaine n’a rien de local, de partiel, de national : elle est universelle dans ses perspectives, dans les bases de son institution, dans la marche générale de son organisation intérieure. Cette considération, qui dans les temps où l’esprit humain était asservi, et où les nations étaient plongées dans la barbarie avait fait prendre aux chefs de cette religion un essor assez marqué vers la domination universelle, est précisément le motif qui doit prévenir l’établissement de toute espèce de domination de sa part dans les lieux où elle est pratiquée ; car comme elle prétend à un certain caractère d’uniformité et d’invariabilité, il faut qu’elle domine partout ou qu’elle ne domine nulle part.

Mais si elle n’a le droit d’exercer nulle part une domination politique, elle est cependant tellement considérée que ses dogmes, sa discipline forment un corps dont les règles immémoriales rapportent tout à un grand principe de concordance dont le régulateur se trouve dans une première église, et dont le mobile est dans la volonté du chef de cette église qui devient par là le chef suprême de cette religion.

On a débattu sur l’étendue et la valeur canonique de cette faculté et l’assemblée constituante s’est déterminée d’après un système de limitation qui n’a pas été recommandé par la manière dont ses lois sur le culte ont été exécutées, et qui n’a pas été consacré par le consentement des intéressés. Les conséquences de cette exécution et de ce défaut de consentement ne peuvent pas toutes être réparées ; mais en prenant les choses dans l’état où elles sont, je crois qu’il est possible d’obtenir des parties intéressées leur consentement à tout ce qu’il nous importe de conserver de ce qui a été fait par l’assemblée constituante, et de ce que le gouvernement de la république doit consentir à tolérer tout ce qui ne porte pas atteinte à la légalité de sa propre institution, et qui ne tend pas à demander la restitution de ce que les lois révolutionnaires qui ont été portées sur le culte ont enlevé à l’établissement ecclésiastique.

Cette conciliation d’intérêt et de droits peut se trouver, selon mon opinion, dans la suite de propositions que je vais exposer au Premier Consul. Je les présente sous un point de vue général, bien que leur objet réel soit de fixer les rapports de l’établissement religieux du culte romain avec le gouvernement de la république. Le point de vue général est toujours dans les principes, et les principes, quand ils sont exacts, s’appliquent toujours facilement aux circonstances particulières.

1° Il y aura un établissement ecclésiastique pour toutes les associations religieuses qui manifesteront le désir d’exercer un culte public. Tout établissement ecclésiastique régulièrement et ostensiblement organisé sera sous la protection spéciale du gouvernement.

2° Les effets de cette protection seront :

1° une sauvegarde contre tout ce qui tendrait à troubler l’exercice du culte ; 2° l’indépendance relative de chaque culte à l’égard d’un autre ; 3° une rétribution annuelle accordée à chaque établissement dans la proportion du nombre de citoyens qui composent l’association religieuse à laquelle cet établissement appartient.

3° Les conditions requises pour l’organisation régulière et ostensible d’un établissement ecclésiastique sont :

1° que chaque établissement ecclésiastique fasse connaitre au gouvernement les règles de sa discipline, la hiérarchie et le nombre de ses ministres, l’étendue et les limites de l’autorité spirituelle dont les divers degrés constituent la hiérarchie ; 2° que la nomination et les promotions des ministres du culte aux divers degrés de la hiérarchie soient soumis à l’approbation du gouvernement.

4° Il sera proposé au corps législatif de porter une loi relativement au meilleur mode de lever une subvention religieuse des cultes sur l’universalité des citoyens.

Il me reste à faire quelques observations sur ces 4 propositions.

La première présente deux choses : des établissements ecclésiastiques, des associations religieuses. Comme les associations religieuses sont composées de l’universalité des citoyens, ce n’est pas trop engager le gouvernement que de lui faire promettre protection à des établissements que la réunion de toutes les volontés a formée, et qui sous ce point de vue sont toutes plus ou moins marquées d’un caractère de délégation publique pour des objets qui tiennent aux droits de tous et n’attentent aux intérêts de personne.

Ce ne serait pas faire une objection que de dire qu’il y a un grand nombre de citoyens qui n’ont pas de religion. Ne pas avoir de religion et appartenir à une association religieuse sont deux choses très compatibles. Dans l’exacte vérité le nombre des hommes qui ont décidément et avec réflexion renoncé aux principes religieux est petit comparativement à celui des hommes qui tiennent plus ou moins à leur croyance ; mais fût-il plus grand qu’il n’est, le gouvernement doit considérer comme appartenant à une association religieuse tous ceux qui nés sous les auspices de cette association n’ont pas fait une abjuration publique des opinions qui l’attachent à elle.

La 2ème et la 3ème proposition ont pour but de bien définir les rapports qui doivent attacher tous les cultes au gouvernement par les liens du patronage et de l’obéissance. Dans le 2ème on voit tout ce que le gouvernement peut et doit faire pour eux : dans le 3ème on voit tout ce que les associations religieuses doivent donner de garantie au gouvernement qui les protège.

Si je considère maintenant les objections qui peuvent être faites contre cet engagement mutuel de justice et de conciliation, je n’en vois aucune qu’il ne soit facile de résoudre.

Les objections contre la 1ère proposition ne peuvent venir que de cette classe de patriotes dont j’ai parlé, et qui trouveront sans doute étrange qu’à une époque si rapprochée du temps où l’on croyait qu’il était patriotique de forcer le peuple des villes et des campagnes à devenir irréligieux et philosophes, on ose proposer de salarier les ministres des cultes. Je ne pense pas qu’il faille s’arrêter à cette considération. Il est de fait que la grande masse du peuple français ne s’est éclairé dans les grands mouvements de la révolution que sur la discussion de ses intérêts politiques : il est de fait qu’il n’a pas fait un pas dans la carrière des vérités philosophiques : il est de fait aussi qu’il croit avoir besoin d’un culte. Or puisqu’un culte ne peut pas s’exercer sans ministres, et que des ministres ne peuvent se consacrer au service d’un culte s’ils ne sont salariés soit par des rétributions accidentelles, soit par une rétribution assurée, il faut que le peuple fasse les frais de leur subsistance, et il est de la sagesse du gouvernement d’intervenir dans la répartition de cette dépense, comme il a le droit et l’obligation de le faire dans toutes les autres dépenses publiques.

Les objections contre la 3ème proposition sont les seules qui demandent une discussion soignée. Cette discussion sera l’objet de la négociation dont le Premier Consul m’a communiqué les premiers éléments. Tout se borne à ce qu’il me semble de la part du gouvernement à admettre toute organisation dans l’établissement ecclésiastique du culte romain qui ne laissera prendre aux ministres aucune part dans les affaires civiles, qui séparera bien distinctement l’autorité spirituelle de l’autorité temporelle, qui ne laissera subsister aucun droit à des restitutions, qui n’ouvrira pas d’accès dans l’intérieur de la République aux hommes que le gouvernement n’a pas le droit d’y admettre, qui laissera enfin au gouvernement par un droit de négative la faculté de choisir les ministres qui doivent remplir les divers degrés de la hiérarchie du culte romain.

De la part du chef du culte romain à qui sont confiées les règles de la discipline de son église tout se borne 1° à déterminer une nouvelle répartition dans les ressorts ecclésiastiques du culte romain établi en France ; 2° à obtenir des anciens évêques une démission devenue nécessaire par l’incompatibilité de leur exercice et de leur séjour en France avec les nouvelles lois ; 3° à s’entendre avec le gouvernement de la République sur les nominations et les promotions des ministres. Je ne crois pas qu’un système de conciliation sur tous ces points soit opposé à rien de ce qui fait autorité dans la description de l’église romaine. La modération qui appartient au caractère de son chef actuel lui fera sûrement trouver dans la comparaison des temps un motif de s’applaudir d’une aussi heureuse issue à des difficultés qui ont longtemps présenté à sa sollicitude de bien moindres favorables perspectives.

De vives réclamations s’élèveront contre la 4ème proposition. Les plus éclatantes seront à mon gré celles qui auront le moins de fondement. Les hommes sans croyance, les ennemis des cultes diront pourquoi donc dois-je contribuer pour des établissements auxquels je ne veux avoir aucune part, et que je réprouve, ou que je me fais gloire de dédaigner.

On peut dire d’abord que la haine ou le dédain que les ennemis des cultes portent à toutes les croyances ne sont pas des sentiments plus antipathiques que ceux que les partisans d’un culte spécial portent à tous les autres cultes, ce qui n’empêchera pas les partisans de telle ou telle croyance d’apporter à la subvention le tribut qui doit servir à entretenir le culte de toutes.

On doit dire ensuite que le but éminent de l’entretien des cultes n’est pas de satisfaire la prédilection individuelle de tel ou tel croyant, mais bien de déférer à la sensibilité générale de tous les citoyens qui leur fait trouver du plaisir à entretenir une correspondance d’affection avec les hommes qui peuvent comme eux et avec l’être qu’ils regardent comme l’auteur et le bienfaiteur perpétuel de la nature. Cet entretien a encore un objet hautement important, celui de fournir aux hommes que leur position isole, et que le travail et la pauvreté éloignent de toute autre source d’instruction, celle des maximes de la morale sociale que les ministres des cultes professent, et qui, quelque soient les accessoires spéculatifs que les dogmes y introduisent, sont toujours la base et l’âme des exhortations journalières qu’ils adressent à leurs auditeurs.

La question entre nous et les hommes qui ne croient pas et ne veulent tenir à aucun culte se réduit ainsi à ce point : ne vaut-il pas mieux pour l’intérêt de chaque individu, quelle que soit la nature et la direction de sa sensibilité, que la sensibilité des autres hommes soit calmée par la satisfaction de leurs affections les plus douces, que si elle était aigrie par des obstacles, ou desséchée par la désuétude de ces affections ? Ne vaut-il pas mieux pour l’intérêt de chaque individu dans la classe de ceux qui ont le moyen de puiser des lumières à toutes les sources que ceux qui n’ont pas de tels moyens et qui n’ont d’autre source d’instruction que les prédications du culte qu’ils professent, puissent selon leur gré aller y puiser la connaissance des principes dont ils ont besoin pour la règle de leur conduite religieuse et de leur conduite sociale ?

Je ne crois pas avoir besoin de porter plus loin ce développement. Le Premier Consul doit voir dans la mesure d’une subvention commune un principe général de réconciliation politique des cultes entre eux et des cultes au gouvernement. Il verra dans l’application de cette mesure une sanction donnée par toutes les associations religieuses aux changements que la France a subis dans ses institutions. Il verra enfin dans cette correspondance perpétuelle des cultes avec l’autorité publique un grand moyen de puissance pour les maintenir dans une dépendance convenable, pour attacher au gouvernement les établissements ecclésiastiques, et faire servir cet attachement au maintien de l’ordre, à la concorde publique et à la prospérité de l’état.





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MAE 109 ROME CP 930








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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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