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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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MOYENS

D'ATTAQUER

L'ANGLETERRE

DANS LA SOURCE DE SA PROSPERITE

S. D.





L’existence de l’Angleterre tient uniquement à son commerce et à son crédit : ébranler l’un et l’autre ; c’est la ruiner, c’est la perdre.

Déjà le Directoire, par son message sur la prohibition des marchandises anglaises en France a paralysé plusieurs branches du commerce britannique : le temps fera sentir les heureux effets de cette mesure.

Maintenant, c’est le crédit, cette puissance magique de l’Angleterre qui multiplie ses ressources au-delà de toutes mesures et de toutes proportions qu’il est urgent d’attaquer. On est conduit à cette idée par les besoins et les craintes que manifeste le gouvernement anglais. Les dernières lettres de Londres apprennent que le comité des négociants dans ses conférences avec M. Pitt lui a proposé d’augmenter de deux millions le capital de la banque par la raison que le commerce a grand besoin d’escomptes. Donc il faut s’occuper des moyens de diminuer ce capital.

On apprend par les dernières nouvelles de Hambourg que le gouvernement anglais fait de grands efforts pour diminuer le prix de l’or et pour relever le change. Donc il faut nous hâter de rehausser le prix des matières d’or.

Les moyens en sont simples faciles, peu dispendieux et d’un effet sûr. L’instrument unique du crédit de l’Angleterre est sa banque : c’est sur elle que repose toute sa force : c’est la banque de Londres qui favorise, multiplie et créé pour ainsi dire les éléments de la circulation : c’est elle qui empêche la hausse de l’intérêt de l’argent qui fournit à la fois à l’abondance et au bon marché des emprunts etc. etc. ainsi c’est à la banque de Londres qu’il faut porter ses coups.

La banque étant par la nature de son commerce obligée de tenir l’Angleterre suffisamment fournie d’espèces, d’or parce que sans espèces point de circulation de papier ; il en résulte que extraire des guinées de l’Angleterre d’une part et par un surhaussement dans les matières d’or sur le continent, rendre plus dispendieux les achats qu’elle est obligée d’y faire pour en fabriquer de nouvelles, serait attaquer la banque de la manière la plus sensible et la plus ruineuse.

Quatre millions, non point sacrifiés mais avancés sur des cautions irrécusables suffiraient pour cette double opération.

Un million à quinze cent mille livres serait destiné à l’extraction directe et deux millions cinq cent mille livres à trois millions seraient employés aux moyens de surhaussement.


Extraction des guinées.


On remettrait à Londres des lettres de change qui seraient escomptées à la banque. On échangerait ensuite les billets de banque reçus contre des guinées, lesquelles seraient exportées en contrebande à Flessingue d’où on les ferait passer à la monnaie de Lille pour les convertir en espèces de France ; ainsi on tirerait de quatre à cinq mille guinées par décade et on justifierait de cette extraction.

Cette exportation aurait à la longue une influence majeure sur la circulation de Londres ; car il faut observer que cinq mille guinées retirées de la banque enlèvent à la circulation plus de trente mille guinées attendu que l’émission des billets de banque est dans la proportion de plus de 6 à 1 avec son fonds réel. Ainsi en supposant que l’on continuât cette attaque pendant six mois on aurait enlevé à la banque plus de 16 millions de notre monnaie et si l’on calcule le raide que ces 18 millions opéreraient dans le commerce de Londres qui chaque jour manifeste son besoin d’escompte, le résultat serait immense : de là le renchérissement de l’intérêt de l’argent, de là les embarras du gouvernement pour emprunter sur les billets de l’échiquier, de la marine etc., etc.


Surhaussement du prix de l’or.


Le surhaussement porterait un coup encore plus funeste à la banque d’Angleterre, car dès que le prix de l’or sera plus élevé sur le continent qu’il ne l’est en Angleterre, il est clair que cela encourage la fonte des guinées et la demande à la banque qu’on appauvrit ; et parce qu’elle est obligée de donner et parce qu’elle est forcée de racheter à un prix plus haut que celui auquel elle donne.

Le moyen d’opérer ce surhaussement est d’activer la fabrication de l’or dans nos hôtels des monnaies ; il serait acheté au Portugal où les anglais sont les seuls acquéreurs et par cette nouvelle concurrence, le prix en très peu de moments changerait. L’on sait que c’est par contrebande que se fait la sortie de l’or ; mais la maison qu’on chargerait de cette opération aurait des moyens sûrs de l’effectuer.

Une avance de deux millions cinq cent mille livres à trois millions serait nécessaire pour contacter l’obligation de faire fabriquer deux cent mille francs de pièces d’or par jour.

Les monnaies de Lille et de Bordeaux seraient les plus convenables pour faire cette opération.

Celle de Bordeaux à cause de sa proximité du Portugal d’où l’on tirerait les matières.

Celle de Lille à cause de sa proximité avec l’Angleterre d’où l’on tirerait abondamment des guinées.

Un décret du corps législatif qui doit porter la proportion de 1 à 16 au lieu de 1 à 15 ½ taux où elle est à présent forcera aussi les Anglais à faire de grands sacrifices pour soutenir la concurrence avec nous sur le marché de Lisbonne : ce décret est convenu entre les membres de la commission des monnaies, et l’opération profitera des facilités qu’elle doit en recevoir.


Projet d’arrêté


Le ministre des finances serait autorisé à laisser pour une durée de six mois à une maison de commerce discrète et accréditée l’usage de quatre millions tournois qui seraient employés aux opérations exposées ci-dessus. Les conditions auxquelles cette maison serait astreinte seraient :

1° de donner un cautionnement solvable pour la somme qui lui serait confiée ;

2° de restituer cette somme au gouvernement dans les 6 mois, sauf l’emploi dont il sera parlé ci-après ;

3° de justifier de l’extraction de 15 à 20 mille guinées par mois ;

4° de faire fabriquer 6 millions par mois de monnaie d’or dans les monnaies de Bordeaux et de Lille.

Pour toute rétribution, il serait alloué à cette maison 2 ½ % sur toutes les espèces d’or qu’elle ferait fabriquer d’après le tarif actuel, laquelle prime lui serait allouée après en avoir justifié sur les quatre millions qui lui seraient avancés. Avec cette prime, elle se chargerait de tous les risques de contrebande, d’envois en Angleterre, et autres, dont dans aucun cas, le gouvernement serait exposé à souffrir. La note ci-jointe prouve de plus qu’il n’y a dans l’affaire aucun autre bénéfice que la prime demandée.

5° Le ministre des finances exigerait que la maison dont il se servirait ne prît point, en France, de papiers sur l’Espagne ou sur le Portugal pour solder ses achats. Ceci est nécessaire pour ne pas affecter défavorablement le cours du change.



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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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