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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LE CANONNIER DE 2ème CLASSE JEAN MOREL EST-IL DUC DE TALLEYRAND, PRINCE DE SAGAN ?





Le canonnier de 2ème classe Jean Morel est-il duc de Talleyrand et prince de Sagan ?

D’après la branche allemande de la famille, il ne serait que le fils naturel d’un industriel de Chambéry et d’une jeune fille… un peu émancipée.

Les Morel se suivent au palais de justice et ne ressemblent pas. Avant-hier, en cour d’assises c’était un clochard de ce nom qui avait tué une clocharde. Hier, devant le tribunal civil, c’était un Jean Morel qui venait demander à la justice de dire et juger qu’il est bien duc de Valençay, prince de Sagan, duc de Dino, etc. C’est-à-dire qu’il est bien le fils du vieux duc des mêmes noms, mort au mois de mai 1952, à l’âge de 85 ans.

Pour le moment, le présumé duc est canonnier de deuxième classe dans un régiment d’artillerie de Vincennes. Il porte un uniforme qui évoque l’irrésistible mot de punition bien connu : « Est sorti en ville dans une tenue fantaisiste si ridicule qu’on le prenait pour un officier ».

Il est d’ailleurs fort sympathique le petit duc. La race, au sens physique, n’explose pas sur son visage. D’abord parce que tous, aristocrates, bourgeois ou manouvriers, nous descendons en ligne directe des Gaulois, qui étaient de braves paysans. Ensuite, parce qu’il est le portrait exact d’une fort jolie femme assise, hier, à côté de lui à l’audience et qui est une roturière, ce qui signifie, ne nous y trompons pas, qu’elle est issue d’une excellente et très distinguée famille bourgeoise du Dauphiné. Il y a parmi les siens des gens de robe et d’épée, de la grâce et du savoir-vivre. D’ailleurs née Morel, la mère du petit canonnier est devenue par mariage, en janvier 1950, la troisième duchesse de Talleyrand-Périgord.

Le duc de Talleyrand, au mois de mai 1947, reconnaissait pour son fils, par devant notaire, un jeune homme de 19 ans nommé Jean Morel et deux ans plus tard épousait sa mère, Mlle Morel. L’enfant naturel déjà reconnu se trouvait donc légitimé par le mariage. Mais entre temps, en novembre 1949, un marquis de Talleyrand de branche allemande chargeait Me Germaine Viallay-Durey d’introduire une instance devant le tribunal civil de la Seine. But : la nullité de la reconnaissance et par voie de conséquence de la légitimation. Mobile : le jeune Jean Morel n’est pas et ne peut pas être le fils du duc, chef de la famille. Plaidée dès cette époque, l’affaire fut renvoyée pour supplément d’enquête. Elle est revenue hier, améliorée de témoignages très discutés, c’est-à-dire plus compliquée que jamais.

Thèse du marquis plaignant, Jean Morel n’est pas le fils du duc pour la bonne raison qu’au moment de sa naissance, le 24 septembre 1929, Mlle Morel vivait en concubinage à Chambéry avec M. Fétay (ou Fétaz ?), industriel important. De plus, Mlle Morel a été présentée au duc en 1941 seulement, au cours d’un dîner (illisible) chez M. (illisible)…

Thèse du duc mort mais reprise par Jean Morel devenu majeur : tout cela ne tient pas debout. C’est un procès monté de toutes pièces par la seconde duchesse de Talleyrand, veuve du duc de Castellane, qui espérait que le duc laisserait sa fortune à ses propres enfants (qui n’étaient pas de lui d’ailleurs). De plus, M. Fétay (ou Fétaz ?) ne vivait pas en concubinage avec Mlle Morel. Il vivait encore avec sa femme au moment de la naissance. De plus, M. Albert Sarraute, ami du duc, reçut de lui une confidence totale, Jean Morel était bien son fils naturel et Mlle Morel était bien devenue par ses soins mère de cet enfant. Même confidence du duc au colonel Henry.

On en est là. En attendant le jugement à quinzaine, le jeune canonnier de Vincennes, par testament authentique, est le légataire universel de l’immense fortune du duc. S’il perd son procès, il ne s’appellera plus que Jean Morel, mais il conservera la fortune. S’il le gagne, il sera M. de Talleyrand. En ce qui concerne les titres, la chancellerie aura son mot à dire. Mais au fond, de quoi se mêle cette branche allemande ?

J B-D

RECONNAISSANCE DE JEAN MOREL

Le duc s’était marié le 16 janvier 1950, dans le VIIe arrondissement de Paris à Antoinette Morel, née à Grenoble le 27 mai 1909. Mlle Morel avait eu un fils d’un M. F., Jean-Gustave, né à Nice le 29 septembre 1929, reconnu par sa mère le 15 octobre 1929. Le duc reconnut ce fils par acte notarié, le 10 mai 1947, et en fit son légataire universel.

A la suite de cette reconnaissance, Hélie de Talleyrand, de la branche des ducs de Dino, obtint, par exploit des 23 février et 26 octobre 1949, puis par jugement du tribunal civil de la Seine du 24 novembre 1950, la nullité de cette reconnaissance.

Ce même tribunal, par jugement du 26 mars 1953, conclut à la reconnaissance frauduleuse de cet enfant et prononça la nullité de celle-ci, ce qui fut confirmé par la cour d’appel de Paris en janvier 1955.

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in JOURNAL L'AURORE DU 21 FEVRIER 1953










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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