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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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DISCOURS DE PRESENTATION

DE TALLEYRAND

AU DIRECTOIRE

DES ENVOYES DE LA REPUBLIQUE ROMAINE,

DU ROI DE SUEDE

ET DE LA REPUBLIQUE LIGURIENNE

1er MAI 1798




REPUBLIQUE FRANCAISE


Paris, le 12 floréal.


DIRECTOIRE EXECUTIF


Audience publique du 10 floréal an 6


Discours prononcé par le citoyen Talleyrand, au directoire exécutif, en lui présentant le citoyen Giustiniani, envoyé extraordinaire de la République Romaine.

J’ai l’honneur de présenter au directoire exécutif le citoyen Vincent Giustiniani, envoyé extraordinaire de la République Romaine près la République Française.

Ce ne peut être sans une vive impression de joie que les Français voient aujourd’hui au milieu d’eux un envoyé de la République Romaine. – Ce beau nom, perdu dans l’histoire, a pu, après 1800 ans, devenir notre contemporain, et n’était donc pas destiné à ne vivre que dans nos souvenirs ! – A ce long sommeil de l’esprit humain dans l’ancienne terre des héros, a succédé enfin le réveil de la raison : alors la liberté a dû renaître.

La Rome nouvelle a reproduit aux yeux du monde ses consuls, son sénat, ses tribuns ; mais des consuls sans rivalités, un sénat sans patriciens, des tribuns sans agitateurs.

Telle est en effet la belle constitution qu’elle s’est donnée.

Les Romains, plus heureux en cela que leurs ancêtres, trouveront en elle une garantie rassurante de leurs droits. Ils aimeront à les conserver sous un tel abri. – Le souvenir de ce qu’ils furent jadis, le sentiment de ce qu’ils étaient devenus, ne peuvent sans doute être pour eux d’inutiles leçons. Qu’ils se souviennent surtout que l’ambition des conquêtes a perdu l’ancienne Rome ; et qu’occupés de leur bonheur intérieur, ils doivent mettre leur gloire à bien vivre avec leurs voisins, et à ne les inquiéter jamais.

La France, qui a toujours respectée l’indépendance des autres Etats, est forcée de ne pas se regarder comme étrangère à la révolution romaine ; car le sang d’un de ses héros en a été le signal : elle a dû en poursuivre la vengeance, et c’est en portant la liberté aux Romains qu’elle s’est vengée. -- Dès ce jour elle a vu et laissé le crime commis, à la Rome qui n’est plus. – Dans la Rome régénérée, elle n’a vu que des frères ; et l’appui de sa bienveillance tutélaire leur a été assuré à jamais.

Le citoyen Vincent Giustiniani en recevra chaque jour les moins équivoques témoignages. Sa philosophie, son mépris pour les préjugés, ses lumières le rendaient digne de représenter un peuple libre. – Les Français voient avec plaisir que c’est auprès de leur République qu’il était destiné à le représenter.

Discours prononcé par le citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures, en présentant au directoire exécutif M. le baron de Staël, ministre plénipotentiaire de S. M. le roi de Suède près la République Française.

J’ai l’honneur de présenter au directoire exécutif Eric-Magnus, baron de Staël de Holstein, ministre plénipotentiaire de S. M. le roi de Suède près la République Française.

Quelques nuages s’étaient élevés entre la Suède et la France ; mais ces deux pays, qu’une tendance réciproque rapprocha dans tous les temps, ne pouvaient rester désunis. Une suggestion étrangère avait pu seule essayer de rompre de si doux rapports. Ils sont enfin rétablis.

Le gouvernement français a accueilli avec intérêt ce retour, alors surtout qu’il a vu dans le choix du ministre plénipotentiaire une rassurante garantie de sa sincérité.

Comment en effet un tel choix ne lui eût-il pas inspiré de la confiance ? M. le baron de Staël, toujours dévoué aux intérêts de la Suède, s’est montré, en même temps, ami sincère de la République Française, et n’a même pas soupçonné que ce pût être là deux sentiments : aussi ses vœux se sont ouvertement associés à la prospérité des Français pendant le cours de la révolution. Il en a vu et les prodiges et les orages, et la gloire et les malheurs : mais au milieu des plus grandes agitations, il a pu voir que le droit des Nations, que la personne des ambassadeurs ont été aussi religieusement respectés que dans les Etats les plus paisibles.

Rien n’a altéré un seul jour son amour pour la France : nulle hésitation dans ses opinions ; nulle variation dans sa conduite : toujours droiture, franchise ; aussi la plus légère inquiétude ne s’est pas élevée contre lui, même dans l’esprit des Républicains les plus ombrageux. Tous les patriotes ont compté sur ses principes, tous les Français sur sa loyauté. Enfin, il a recueilli de toutes parts attachement, estime et confiance.

M. de Staël a dit à une autre époque, que les Suédois étaient les Français du nord : c’est lui surtout qu’il a peint dans ce mot. Nos sentiments lui persuaderont chaque jour davantage qu’il est dans sa Patrie.

Discours prononcé par le citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures, en présentant au directoire exécutif le citoyen Lupi, envoyé extraordinaire de la République Ligurienne près la République Française.

J’ai l’honneur de présenter au directoire exécutif le citoyen Lupi, ministre plénipotentiaire de la République Ligurienne près la République Française. L’oligarchie génoise fut longtemps liée avec la France monarchique : la République Ligurienne doit être unie avec la France républicaine ; car de nouveaux intérêts la rapprochent de nous, depuis qu’elle est constituée sur des principes libres.

Telle est aussi la nature des nouvelles Républiques, que les mêmes préjugés les combattent toutes ; que les mêmes ennemis conjurent contre toutes : l’union seule peut donc faire leur force.

Le gouvernement français n’a pas cessé de rappeler ces vérités à toutes les Républiques naissantes. Il les invite aussi à employer leur activité à accroître et à accélérer leurs moyens de prospérité, et à se garder de provoquer des jalousies au dehors. Une République doit inspirer de la terreur à ceux qui l’attaquent, mais de la confiance à ceux qui la respectent.

La République Ligurienne ne s’écartera point de ces principes. Le citoyen Lupi vient de nous l’assurer en son nom ; et ses qualités personnelles qui l’ont rendu digne de cette honorable mission, sont à nos yeux une assurance nouvelle des dispositions de son gouvernement.

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MONITEUR N° 223 DU TRIDI 13 FLOREAL AN 6 DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE – 2 MAI 1798 – PP. 893 ET 894










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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