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MINUTE DE

LA LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

SIGNEE A VALENCAY

LE 13 NOVEMBRE 1834

AU COMTE DE RIGNY

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

RELATIVE A SA DEMISSION

D'AMBASSADEUR A LONDRES




Monsieur le ministre,

Lorsque la confiance du Roi m’appela, il y a quatre ans, à l’ambassade de Londres, la difficulté même de la mission me fit obéir ; je crois l’avoir accomplie utilement pour la France et pour le Roi, deux intérêts toujours présents à mon esprit, étroitement confondus dans ma pensée. Dans ces quatre années, la paix générale maintenue a permis à toutes nos relations de se simplifier ; notre politique, d’isolée qu’elle était, s’est mêlée à celle des autres nations ; elle a été acceptée, appréciée, honorée par les honnêtes gens de tous les pays. La coopération que nous avons obtenus de l’Angleterre n’a rien coûté ni à notre indépendance, ni à nos susceptibilités nationales ; et tel a été notre respect pour le droit de chacun, telle a été la franchise de nos procédés, que loin d’inspirer de la méfiance, c’est notre garantie que l’on réclama aujourd’hui contre cet esprit de propagandisme qui inquiète la vieille Europe. C’est assurément à la haute sagesse du Roi, à sa grande habileté, qu’il faut attribuer des résultats aussi satisfaisants. Je ne réclame pour moi-même d’autre mérite que celui d’avoir deviné avant tous la pensée profonde du Roi, et de l’avoir annoncée à ceux qui se sont convaincus depuis de la vérité de mes paroles. Mais aujourd’hui que l’Europe connaît et admire le Roi ; que par cela même les principales difficultés sont surmontées ; aujourd’hui que l’Angleterre a peut-être un besoin égal au nôtre de notre alliance mutuelle, et que la route qu’elle paraît vouloir suivre doit lui faire préférer un esprit à traditions moins anciennes que le mien ; aujourd’hui je crois pouvoir, sans manquer de dévouement au Roi et à la France, supplier respectueusement S. M. d’accepter ma démission ; et vous prie, M. le ministre, de la lui présenter. Mon grand âge, les infirmités qui en sont la suite naturelle, le repos qu’il conseille, les pensées qu’il suggère, rendent ma démarche bien simple, ne la justifient que trop, et en font même un devoir. Je me confie à l’équitable bonté du Roi pour en juger ainsi.

Agréez, M. le ministre, l’assurance de ma très haute considération.



Le prince DE TALLEYRAND.

Valençay, le 13 novembre 1834




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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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