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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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JUSTIFICATIONS

PRESENTEES PAR TALLEYRAND

SUR

LE MEURTRE

DU DUC D'ENGHIEN







Fragment inédit des « Mémoires »


Le chapitre des mémoires du prince de Talleyrand, dont je vais donner lecture à la Société d’histoire diplomatique, d’après le désir qui m’en a été exprimé par notre honorable président, se rapporte au douloureux attentat d’Ettenheim. Présenté sous le nom d’appendice, il forme un titre à part. M. de Talleyrand l’écrivit en 1824, dans le but de répondre à un extrait des mémoires du duc de Rovigo, paru en 1823, où il était formellement accusé d’avoir été fauteur et complice de l’arrestation et du meurtre du duc d’Enghien. Cette défense, avec pièces à l’appui, constitue un document historique d’un intérêt sérieux qui, à ce titre, méritait d’être accueilli avec faveur par notre Société, mais dont la lecture, d’autre part, faite devant vous, ne saurait, bien entendu impliquer aucune solidarité morale avec la justification, ou plutôt les explications présentées par M. de Talleyrand. C’est sous cette réserve nécessaire que je vais avoir l’honneur de vous communiquer la défense d’un accusé, laissant à l’opinion publique dont vous serez aujourd’hui les premiers interprètes, parle fait de notre réunion, la pleine liberté du jugement qu’il appartient à elle seule de formuler sur ce triste épisode de nos luttes civiles.


APPENDICE À MES MÉMOIRES


Paris, janvier 1824.

Je me vois obligé d’ajouter quelques mots à ces souvenirs, en regrettant de devoir rappeler un événement cruel et douloureux que je n’avais pas voulu même mentionner dans les pages qui précèdent.

J’ai toujours dédaigné de répondre aux accusations mensongères et injurieuses qui, dans des temps comme ceux où j’ai vécu, ne pouvaient manquer d’atteindre les personnes vouées aux grandes affaires publiques. Il y a des bornes cependant à ce dédain, et, quand on soulève des questions de sang, le silence, au moins devant la postérité, n’est plus possible. La bassesse et les crimes de mes accusateurs, honteusement exposés par leurs propres récits, seraient peut-être dans les cas ordinaires, une réfutation suffisante de leurs accusations. Mais, dans les cas actuels, la nature des faits, leur importance historique, la part de vérité qu’il y a dans ces récits, la grandeur des personnages dont il s’agit, l’honneur de mon nom et de ma famille, tout me commande de repousser le sang que des haines passionnées et cupides voudraient faire rejaillir sur moi.

J’ai été accusé par M. Savary, duc de Rovigo, d’avoir été l’instigateur et, par conséquent, l’auteur de l’affreux attentat dont il reconnaît avoir été l’instrument et qui a été commis il y a vingt ans sur la personne de Mgr le duc d’Enghien.

Rappelons sommairement les faits, ce sera la meilleure manière de réfuter les imputations mensongères de M. Savary.

On sait que la fin de l’année 1803 et le commencement de l’année 1804 avaient été marqués par de nombreux complots contre la vie du premier consul. Une grande procédure s’instruisait, dans les premiers mois de 1804, contre Georges Cadoudal, Pichegru, Moreau et d’autres accusés. A la suite des investigations faites par la police à l’intérieur, on découvrit les traces d’autres complots à l’étranger, et on chercha naturellement à rattacher les uns aux autres. Le ministre de la police générale avait été supprimé depuis plusieurs mois ; c’était un conseiller l’État qui était chargé de cette partie de l’administration, et qui, en cette qualité, était placé sous la direction du grand juge, ministre de la justice, M. Régnier, duc de Massa. Ce ministre fit, le 7 mars 1804 (16 ventôse an XII), le rapport suivant au premier consul.

« Citoyen premier consul,

Il existe dans Offenburg, électorat de Bade, et tout à portée des départements du Rhin, un comité soudoyé par le gouvernement britannique. Ce comité est composé d’émigrés français, ci-devant officiers généraux, chevaliers de Saint-Louis… Sa destination est de chercher par tous les moyens possibles à exciter des troubles dans l’intérieur de la république.

Il a pour principal agent, un émigré nommé Mucey, personnage connu depuis longtemps par ses intrigues et par la haine implacable qu’il a vouée à son pays.

Ce misérable est chargé par le comité d’introduire en France, et de faire circuler avec profusion, les mandements incendiaires des évènements rebelles, ainsi que tous les libellés infâmes qui se fabriquent dans l’étranger contre la France et son gouvernement.

Le nommé Trident, maître de la poste à Kehl, est l’homme qu’emploie le comité pour faire parvenir sa correspondance aux affidés qu’il a dans Strasbourg. Ces affidés sont connus et les ordres sont donnés pour leur arrestation.

Mais je ne pense pas qu’il faille se borner à cette mesure. La tranquillité publique ainsi que la dignité de la nation et de son chef sollicitent la destruction de ce foyer d’intrigants et de conspirateurs qui existent dans Offenburg, et qui viennent avec impudence braver la République et son gouvernement pour ainsi dire à leurs portes. Il faut que l’un et l’autre soient vengés par leur prompte punition.

Je vous propose en conséquence, citoyen premier Consul de faire demander à Son Altesse Sérénissime, l’électeur de Bade, l’extradition immédiate de Mucey, Trident et leurs complices.

Salut et respect.

Signé : Régnier.

Certifié conforme : Le secrétaire d’État, Hugues Maret. »

Le premier consul, en me communiquant ce rapport, me donna l’ordre de le transmettre au gouvernement de l’électeur de Bade et de réclamer de lui l’extradition des individus qui y étaient mentionnés.

Voici la note que j’adressai, à cette occasion, au baron d’Edelsheim, ministre des affaires étrangères de Son Altesse Sérénissime l’électeur de Bade :

« Paris, le 19 ventôse, an XII (10 mars 1804).

Le soussigné, ministre des relations extérieures de la république française, a l’honneur d’adresser à M. le baron d’Edelsheim copie d’un rapport que le grand juge a fait au premier consul. Il prie Son Excellence de placer cette pièce importante sous les yeux de Son Altesse Sérénissime l’électeur de Bade. Son Altesse y trouvera des preuves nouvelles et évidentes du genre de guerre que le gouvernement britannique poursuit contre la France ; et elle sera douloureusement étonnée d’apprendre que dans ses propres États, à Offenburg, il existe une association d’émigrés français qui sont au nombre des plus actifs instruments de toutes ces trames abominables.

Le soussigné est chargé de demander formellement que les individus qui composent ce comité d’Offenburg soient arrêtés et livrés avec tous leurs papiers aux officiers français chargés de les recevoir à Strasbourg.

La réclamation officielle que le soussigné présente à cet égard dérive du texte même de l’article 1er du traité de Lunéville. Et quand il s’agit d’une conspiration d’État dont les faits connus ont déjà excité l’indignation de l’Europe, les rapports particuliers d’amitié et de bon voisinage qui subsistent entre la France et Son Altesse Sérénissime électorale ne permettent pas de douter qu’elle ne soit empressée d’exécuter, à la réquisition du gouvernement français, cette stipulation capitale du traité de Lunéville, et de concourir d’ailleurs à donner plus de moyens de dévoiler une machination qui menaçait à la fois la vie du premier consul, la sûreté de la France et le repos de l’Europe.

Le soussigné est chargé, de plus, de demander que, par une mesure générale et irrévocable, tous les émigrés français soient éloignés des pays qui composent l’électorat de Bade. Leur séjour dans la partie de l’Allemagne la plus rapprochée de la France ne peut jamais être qu’une cause d’inquiétude, une occasion de troubles, et pour eux-mêmes une excitation à lier des intrigues dont l’Angleterre profite et qu’elle étend et dirige au gré de ses détestables projets.

Et si l’on considère que les émigrés qui se trouvent encore hors de France sont tous des hommes conjurés contre le gouvernement actuel de leur ancienne patrie, des hommes qu’aucune circonstance, aucun changement n’ont pu rapprocher et qui sont dans un perpétuel état de guerre contre la France, il est évident qu’ils sont de ceux qui, aux termes du traité de Lunéville, ne devaient trouver ni asile ni protection dans les États germaniques. Leur exclusion est donc de droit rigoureux. Mais quand on ne devrait l’attendre que des principes et des sentiments connus de Son Altesse Sérénissime Électorale, on ne douterait pas qu’elle ne mît du soin à éloigner de ses États des hommes aussi dangereux et à donner ainsi au gouvernement français une preuve de plus du prix qu’elle attache aux relations parfaitement amicales, que tant de circonstances ont contribué à établir entre la France et l’Électorat de Bade.

Le soussigné attend donc avec toute confiance la détermination qui sera prise par Son Altesse Sérénissime Électorale sur les deux demandes qu’il a été chargé de lui faire parvenir, et il saisit cette occasion pour lui renouveler l’assurance… »

Cette note et la pièce qui y était jointe constatent bien que ce n’était que les informations fournies par la police que le gouvernement français réclamait l’extradition de certains individus et l’expulsion des autres de l’électorat de Bade, et on va voir qu’en effet ce n’était pas du ministère des relations extérieures qu’émanaient les renseignements d’après lesquels on motiva les poursuites exercées contre le duc d’Enghien.

Ma note avait été expédiée le 10 mars ; quelques heures après, je me rendis chez le premier consul, sur son ordre. Je le trouvai dans un état de violente agitation ; il reprochait à M. Réal, conseiller d’État, chargé de la police générale et qui était présent, de n’avoir pas su que le duc d’Enghien était à Ettenheim avec le général Dumouriez, y complotant contre la sûreté de la république, et contre sa vie à lui, et que ces complots avaient leur principal foyer à Offenburg. Se tournant bientôt vers moi, il m’adressa les mêmes reproches, en me demandant comment il se faisait que le chargé d’affaires de la France à Carlsruhe n’eût pas rendu compte de pareils faits. Dès que je pus me faire entendre de lui, ce qui n’était pas facile, car son emportement était tel qu’il ne laissait pas l’occasion de lui répondre, je lui rappelai que la présence du duc d’Enghien dans l’électorat de Bade était depuis longtemps connue de lui, et qu’il m’avait même chargé d’informer l’électeur de Bade que le prince pouvait résider à Ettenheim ; que, quant aux intrigues qui se tramaient à Offenburg, le chargé d’affaires à Carlsruhe, M. Massias, avait pu les ignorer ou négliger d’en faire mention dans sa correspondance, soit qu’il y attachât peu d’importance, soit qu’il craignît de compromettre la baronne de Reich qui était, dit-on, parente ou alliée de sa femme. J’essayai, mais vainement, d’adoucir la colère que manifestait le premier consul, il nous montra les rapports qui lui étaient venus par le général Moncey, premier inspecteur général de la gendarmerie, et qui annonçaient, en effet, la présence de Dumouriez à Ettenheim. Ces rapports, comme tous ceux de ce genre, étaient fondés sur des inductions plus que sur des faits positifs, sauf celui de la présence de Dumouriez qui y était affirmée et qui cependant n’était pas vraie. Mais le premier consul en avait l’esprit frappé, et rien ne put le dissuader que ces intrigues se rattachaient directement aux complots dont l’instruction se poursuivait alors à Paris. En conséquence, il prit sur-le-champ la fatale résolution de faire arrêter par des troupes françaises, sur le territoire badois, tous les émigrés qui se trouvaient à Offenburg et à Ettenheim. Il dicta lui-même les ordres au ministre de la guerre pour exécution de cette résolution et m’imposa le devoir de prévenir après coup l’électeur de Bade de la mesure qu’il avait cru devoir adopter. J’écrivis donc au baron d’Edelsheim la lettre que je vais également insérer ici.

« Paris, le 20 ventôse an XII (11 mars 1804).

3 heures du matin.

Monsieur le baron,

Je venais de vous adresser une note dont l’objet était de demander l’arrestation du comité d’émigrés français résidant à Offenburg, lorsque le premier consul, par l’arrestation successive des brigands que le gouvernement anglais a vomis en France, ainsi que par la marche et le résultat des procédures qui s’instruisent ici, a connu toute la part que les agents anglais d’Offenburg avaient aux horribles complots tramés contre sa personne et contre la sûreté de la France. Il a appris également que le duc d’Enghien et le général Dumouriez étaient à Ettenheim, et comme il est impossible qu’ils se trouvent dans cette ville, sans la permission de Son Altesse Sérénissime Électorale, le premier consul n’a pu voir sans la plus profonde douleur qu’un prince auquel il s’est plu à faire ressentir les effets les plus spéciaux de l’amitié de la France ait pu donner refuge à ses plus cruels ennemis et les ait laissés tramer paisiblement des conspirations aussi inouïes.

Dans cette circonstance extraordinaire, le premier consul a cru devoir ordonner à deux petits détachements de se porter à Offenburg et à Ettenheim pour y saisir les instigateurs d’un crime qui, par sa nature, met hors du droit des gens ceux qui sont convaincus d’y avoir pris part.

C’est le général Caulaincourt qui est chargé à cet égard des ordres du premier consul. Vous ne devez pas douter qu’il ne mette dans leur exécution tous les égards que peut désirer Son Altesse Sérénissime Électorale. Ce sera lui qui aura l’honneur de faire parvenir à Votre Excellence la lettre que j’ai été chargé de lui écrire.

Recevez, monsieur le baron… »

En envoyant cette lettre au général Caulaincourt, je lui écrivis les lignes suivantes :

Paris, 21 ventôse an XII (11 mars 1804).

« Général,

J’ai l’honneur de vous adresser une lettre pour le baron d’Edelsheim ministre principal de l’électeur de Bade. Vous voudrez bien la lui faire parvenir aussitôt que votre expédition d’Offenburg sera consommée. Le premier consul me charge de vous dire que, si vous n’êtes pas dans le cas de faire entrer des troupes dans les États de l’électeur et que vous appreniez que le général Ordener n’en a point fait entrer, cette lettre doit rester entre vos mains et ne pas être remise aux mains de l’électeur. Je suis chargé de vous recommander particulièrement de faire prendre et de rapporter avec vous les papiers de madame de Reich (1).

J’ai l’honneur de vous saluer. »

J’ai donné en entier ces trois lettres, parce qu’elles constituent la part réelle, unique, que j’ai eue dans la déplorable affaire de M. le duc d’Enghien. Il sera facile en examinant ces lettres avec un peu d’attention de juger à quoi se réduit mon action dans tout ceci. Le premier consul connaissait depuis longtemps la présence du duc d’Enghien dans l’électorat de Bade ; le chargé d’affaires de France à Carlsruhe nous en avait avisé au nom de l’électorat de Bade, et il lui avait été répondu que la conduite inoffensive du prince, dont il rendait compte, ne mettait aucun obstacle à ce qu’il pût y prolonger son séjour. Le ministre des relations extérieures n’avait en quoi que ce fût, participé aux recherches que la police française faisait faire alors dans les pays avoisinants notre frontière du Rhin : ces recherches étaient dirigées, soit par le préfet de Strasbourg, d’après les ordres du conseiller d’État Réal, chargé de la police générale de la république ; soit par les officiers de gendarmerie des localités, d’après les ordres du premier inspecteur de la gendarmerie, le général Moncey. C’étaient MM. Réal et Moncey qui rendaient compte directement au premier consul des rapports qu’ils recevaient. Je n’ai jamais rien appris sur ces affaires que ce que le premier consul me disait quand il avait des ordres à me donner. Ainsi qu’on l’a vu, je transmis au baron d’Edelsheim le rapport du grand juge, M. Régnier, dans lequel il n’était fait encore aucune mention de M. le duc d’Enghien. Lorsque, sur de nouvelles informations dont je cherchai à infirmer l’authenticité, je reçus l’ordre péremptoire d’écrire une seconde fois au baron d’Edelsheim, ce n’est pas ma lettre qui pouvait avoir une action quelconque dans l’arrestation du prince, puisqu’elle n’était destinée à annoncer cette arrestation à M. d’Edelsheim qu’après qu’elle aurait été déjà exécutée. La lettre au général Caulaincourt constate de plus que j’avais prévu le cas où on n’aurait pas effectué la violation du territoire badois, ce qui prouve clairement que j’ignorais combien l’ordre donné au ministre de la guerre de faire entrer des troupes dans les États de l’électeur, était précis, impératif et d’une exécution inévitable. A plus forte raison devais-je ignorer le projet sanguinaire arrêté dans la pensée du premier consul.

J’insiste sur ces faits qui sont appuyés de toutes les pièces publiées ou non publiées, parce qu’ils réfutent de la manière la plus péremptoire les affirmations et les insinuations perfides de M. Savary. En dehors des lettres que j’ai citées, je suis resté dans la plus complète ignorance, et M. Savary, à son insu, et certainement contre son gré, a pris lui-même le soin de le constater. On voit, en effet, que dans un des paragraphes les plus importants de son libellé, il cherche à établir que dans ce temps, les investigations de la police ne s’étendaient pas au-delà des frontières et que mon ministère en était seul chargé au dehors et, cependant, il nous apprend plus loin que le premier ministre ignorait jusqu’au nom, jusqu’à l’existence de M. le duc d’Enghien, ne craignant pas d’ôter toute vraisemblance à ses récits en avançant une pareille absurdité. Il se complait ensuite à exposer dans le plus grand détail tout ce que le conseiller d’État Réal et le chef de la gendarmerie avaient imaginé de moyens et de ruses de police pour être exactement informés du séjour, des absences, des liaisons, des correspondances et des voyages de l’infortuné prince : c’est enfin sur leurs rapports et ceux de leurs agents qu’est prise la sinistre et fatale détermination, et jamais ni moi, ni les agents de mon ministère au dehors, ne paraissons, soit dans la préméditation, soit dans l’exécution d’aucune de ces mesures. Le conseiller d’État Réal et le premier consul savaient très bien qu’elles ne convenaient pas plus à mon caractère qu’aux principes de mon ministère : que mon intervention y était inutile, et qu’il était préférable de les laisser ignorer.

Quant aux deux lettres adressées au baron d’Edelsheim, je ne pense pas qu’elles aient besoin d’une apologie ; mais si cette apologie est nécessaire, elle se trouverait dans la position officielle où j’étais placé à cette époque, dans la difficile position que de grands évènements avaient alors créé pour la France ; enfin, dans les rapports nouveaux et tout à fait inattendus que ces mêmes évènements avaient formé entre le gouvernement qui venait de s’y établir et les autres gouvernement du continent.

Qu’on me permette ici quelques considérations sur les devoirs des hommes en place, à ces époques funestes, où il plaît à la Providence de séparer violemment le sort personnel des rois de celui de leurs peuples. Alors, le monarque est absent, son avenir reste caché, il est donné à ses serviteurs particuliers de s’attacher à son sort, de partager ses malheurs, ses dangers, ses espérances : en s’éloignant du sol natal, ils s’engagent irrévocablement dans sa cause, et je ne refuse ni mon respect, ni mon admiration à ce parti généreux. Mais pour les autres, la patrie reste ; elle a le droit d’être défendue, d’être gouvernée ; elle a incontestablement un autre droit, celui de réclamer d’eux les mêmes services qu’ils lui devaient, qu’ils lui rendaient avant l’absence du roi. C’est dans cette manière de voir que j’ai cherché les règles de ma conduite.

A cette époque, la France, engagée de nouveau dans une guerre avec l’Angleterre, était en paix avec le reste du monde. Le devoir du ministre des affaires étrangères était de faire tout ce qui, dans les limites de la justice et du droit, était en son pouvoir pour conserver cette paix.

Sur ce point on ne sait pas assez combien un tel devoir était compliqué. Interposé entre des gouvernements craintifs, ombrageux, inquiets sur leurs dangers, tous ensemble plus ou moins réconciliés, et un souverain puissant dont le génie, le caractère et l’ambition ne donnaient que de trop justes motifs d’inquiétude et d’ombrage, le ministre des affaires étrangères devait incessamment exercer une égale vigilance et sur la politique qu’il avait à modérer et sur celle qu’il avait à combattre. Ses négociations avec le gouvernement dont il était ministre étaient souvent bien plus difficiles et bien plus contenues que celles qu’il était chargé d’entretenir avec les gouvernements qu’il avait à rassurer.

La lettre adressée au général Caulaincourt, que j’ai donnée plus haut, jette sur ce sujet une grande lumière, elle prouve évidemment que le premier consul s’était mis en garde contre ce genre de négociations ; et ce seul fait établit que j’avais tout fait pour prévenir des évènements qui devaient amener pour mon ministère de longues et inextricables difficultés. Mes lettres au ministre de l’électeur de Bade en sont le prélude ; on ne doit pas perdre de vue, si l’on veut en saisir le véritable sens, que je n’avais, heureusement pour moi, à y justifier que les mesures dont j’avais connaissance.

Détourner un prince faible de s’attirer l’inimitié d’un puissant voisin, éloigner des frontières françaises des rassemblements d’ennemis qui ne pouvaient nuire au gouvernement établi que par des tentatives imprudentes et aussi fatales au repos de l’Europe qu’à celui de la France ; prévenir enfin toute cause de mésintelligence entre le gouvernement français et ceux des Etats limitrophes, tel était l’objet de la première lettre. Il est vrai que la seconde renferme une justification peu fondée d’un acte qui portait atteinte à un des principes du droit public, et c’est là le tort que je me reproche ; mais autre chose est la justification plus ou moins plausible, et autre le conseil d’un tel acte et la part prise à son exécution. Dans ce dernier cas, il y a crime ; le premier n’implique qu’une pénible, qu’une malheureuse nécessité.

Quoi qu’il en soit des considérations que je viens d’exposer et que je tiens pour justes et fondées, résumons les différents points qui se rattachent à la déplorable affaire qui les a motivées, et répétons pour ce qui me concerne :

1° Que ce n’est ni par le ministère des relations extérieures, ni par moi conséquemment, que le premier consul a été informé des complots vrais ou exagérés qui se tramaient à cette époque de l’autre côté du Rhin ;

2° Que je n’ai pas eu d’autre part dans toute l’affaire du duc d’Enghien que de transmettre au ministre de l’électeur de Bade, d’abord le rapport du ministre de la justice, et plus tard de l’informer après coup des ordres donnés par le premier consul aux généraux Ordener et Caulaincourt, ordres sur lesquels je n’ai eu et ne pouvais avoir aucune influence.

Maintenant, pour ce qui touche le jugement et l’exécution de M. le duc d’Enghien il ne me sera pas difficile, je pense, de démontrer que je n’y ai contribué en quoi que ce soit. Ministre des relations extérieures, je ne pouvais avoir rien à démêler ni avec la nomination du conseil de guerre, ni avec l’exécution dont M. Savary accepte si hardiment la responsabilité. Il faudrait donc, pour me faire jouer un rôle dans ce drame sanglant, avancer que ce serait pour ainsi dire bénévolement et sans autre raison que le goût du sang que j’y serais intervenu. Si mon caractère et mes antécédents ne me mettaient pas à l’abri d’un soupçon aussi infâme et aussi odieux, je pourrais encore poser à mon accusateur une question à laquelle il sera mieux que personne en état de répondre et lui demander quel intérêt j’aurais pu avoir dans le meurtre du duc d’Enghien ? Je n’ai trempé dans aucun des crimes de la révolution française ; j’avais donné assez de preuves au premier consul de mon dévouement à l’ordre de choses établi par lui, pour n’avoir pas besoin d’enflammer sa colère passionnée afin d’obtenir une confiance que je possédais entièrement depuis cinq ans. La postérité jugera entre moi et M. Savary, et tous ceux qui, comme lui, par un motif ou par un autre, chercheraient à rejeter sur moi la responsabilité d’un crime que je repousse avec horreur. Je ne me suis fait ni ne me ferai l’accusateur de personne, et je me bornai à écrire au roi la lettre que je donnerai ici en la faisant suivre de la réponse de M. de Villèle :

AU ROI LOUIS XVIII

« Sire,

Je n’apprendrai rien à Votre Majesté en lui disant que j’ai beaucoup d’ennemis.

J’en ai auprès du trône, j’en ai loin du trône. Les uns n’ont pas assez oublié que j’ai envisagé autrement qu’eux les premiers troubles de la révolution ; mais, quel que soit leur jugement, ils doivent savoir que c’est à la détermination que je pris alors, que je dois le bonheur d’avoir, dans les temps marqués par la Providence, contribué si heureusement à la restauration de votre trône auguste et au triomphe de la légitimité. C’est cette même restauration, c’est ce triomphe que mes autres ennemis ne m’ont point pardonné, ne me pardonneront jamais. De là tous ces libellés, tous ces volumineux souvenirs de Sainte-Hélène dans lesquels depuis deux ans je suis incessamment insulté, diffamé par des hommes qui, en vendant les paroles vraies ou supposées d’un mort célèbre, spéculent sur toutes les hautes renommées de la France, et qui, par ce honteux trafic, ce sont constitués les exécuteurs testamentaires des vengeances de Napoléon Bonaparte.

Sire, c’est dans cette dernière classe que je dois ranger cet ancien ministre de l’empereur, le seul dont je n’ose pas même prononcer le nom devant Votre Majesté, cet homme qui, dans un accès de démence, vient tout récemment de se dénoncer lui-même à la vindicte publique, comme l’exécuteur matériel d’un exécrable assassinat ; heureux si, en se plongeant dans le sang, il peut m’entraîner avec lui et flétrir, en accolant mon nom au sien, le principal instrument des deux restaurations. Oui, Sire, des deux restaurations ! On poursuit en moi les journées du 30 mars 1814 et du 13 avril 1815 ; journées de gloire pour moi, de bonheur pour la France, journées qui ont uni mon nom à la fondation de l’ordre constitutionnel que nous devons à Votre Majesté. Mais c’est en vain que l’envie, que la haine, que l’ambition trompée se réunissent pour me ravir mes titres à l’estime contemporaine, à la justice de l’histoire ; je saurai les défendre et les transmettre entiers aux héritiers de mon nom.

A travers tant d’orages qui ont signalé les trente dernières années que nous venons de passer, la calomnie m’a prodigué bien des outrages, mais il en était un qu’elle m’avait jusqu’à présent épargné. Aucune famille ne s’était cru le droit de me redemander le sang d’un de ses membres, et voilà qu’un furieux imagine que, renonçant tout à coup à cette douceur de mœurs, à cette modération de caractère que mes ennemis même ne m’ont jamais contestées, je suis devenu l’auteur, l’instigateur du plus exécrable assassinat. Moi qui n’ai jamais prononcé – et j’en rends grâce au ciel – une parole de haine, un conseil de vengeance, contre personne, pas même contre mes ennemis les plus acharnés, j’aurais été choisir par une exception unique, quoi ? Un prince de la famille de mes rois pour en faire ma victime et signaler ainsi mon début dans la carrière de l’assassinat ! Et ce crime atroce, non seulement je l’aurais conseillé, mais, de plus, employant tout mon pouvoir pour soustraire la victime à la clémence du premier consul, ce serait malgré Bonaparte, contre les ordres de Bonaparte et aux risques de la plus épouvantable et de la plus juste responsabilité que j’aurais hâté le jugement et l’exécution ! Et quel est l’homme qui ose articuler contre moi de pareilles horreurs ? Mon accusateur s’est assez fait connaître lui-même.

Toutefois, Sire, mon âge, mon caractère, la haute dignité que je dois à vos bontés, ne me permettent pas de laisser un pareil outrage sans réparation. Pair de France, je ne dois pas demander cette réparation aux tribunaux que les lois ont chargés de punir la calomnie. C’est devant la chambre des pairs elle-même que je traduirai mon accusateur ; c’est d’elle que j’obtiendrai une enquête et un jugement. Cette épreuve, Sire, que je réclame de votre justice, vous ne la craignez pas plus pour moi que je ne la crains moi-même. La calomnie sera confondue et sa rage impuissante viendra expirer devant le grand jour de la vérité.

Je suis, avec le plus profond respect…

Prince de Talleyrand.

Paris, le 8 novembre 1823.

M. de Villèle au Prince de Talleyrand.

Prince,

Le roi a lu avec attention votre lettre du 8 novembre.

Sa Majesté m’ordonne de vous dire qu’elle a vu avec surprise que vous eussiez formé le projet de provoquer dans la chambre des pairs un examen solennel des faits dont M. le duc de Rovigo vient de publier le récit.

Sa Majesté a voulu que le passé restât dans l’oubli ; elle n’en a excepté que les services rendus à la France et à sa personne.

Le roi ne pourrait donc approuver une démarche inutile et inusitée qui ferait éclater de fâcheux débats et réveillerait les plus douloureux souvenirs.

Le haut rang que vous conservez à la cour, prince, est une preuve certaine que les imputations qui vous blessent et qui vous affligent n’ont fait aucune impression sur l’esprit de Sa Majesté.

Je suis, prince, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.

Joseph de Villèle.

Paris, le 15 novembre 1823. »

Après cette lettre, le silence m’était commandé ; je l’observai, et si j’ai cru devoir faire l’exposé qu’on vient de lire, c’est qu’il est destiné à n’être publié que longtemps après ma mort, et qu’il rétablira la vérité des faits sans provoquer les scandales qu’on redoutait en 1823.

Un avertissement contenu dans les journaux du 17 novembre 1823 disait :

« Le roi a interdit l’entrée du château des Tuileries au duc de Rovigo. »

Lorsque, peu de jours après avoir reçu la lettre de M. de Villèle, je me présentai au château pour avoir l’honneur de faire ma cour au roi, Sa Majesté, m’apercevant, me dit : « Prince de Talleyrand, vous et les vôtres pourrez venir ici sans crainte de mauvaises rencontres. »

Je dis trop en qualifiant de crime une infraction du droit public, lorsqu’elle n’emporte que la simple violation d’un territoire voisin. Dans le cours de cette guerre, dans le cours de toutes les autres, il en a été commis de plus graves, par les ennemis de la France, par la France elle-même, et les gouvernements qui les ont commandées, on ne les a pas qualifiés de criminels pas plus que les ministres qui se sont chargés de les exécuter et ensuite d’en faire l’apologie. Dans le cas présent, il y a eu crime, mais il n’était que dans le but final que l’on avait en vue en violant le territoire étranger, et j’en suis disculpé par mon ignorance. Ici le crime est dans les conséquences fatales que cette violation à entraînée. Mais convient-il à l’accusateur d’alléguer sans preuve que je les avais prévues ? Une aussi horrible prévoyance n’appartenait qu’à des complices.

Je dois ajouter encore d’autres observations à celles que j’ai présentées plus haut sur les devoirs des hommes en place dans des temps exceptionnels. Quand, par la force des circonstances, on se trouve placé dans l’obligation de vivre et de servir sous un gouvernement qui n’a d’autre sanction que les évènements qui l’ont élevé et le besoin que les peuples ont des sauvegardes de sa puissance, il peut subvenir des conjonctures où l’ont ait à discuter sur la nature de ses devoirs relativement à la position où l’on est. Le gouvernement auquel on obéit vous commande-t-il un crime ? Incontestablement, et sans la moindre hésitation, il faut désobéir. Il faut à tout risque encourir sa disgrâce, et se préparer à en subir toutes les conséquences. Mais ce gouvernement, sans votre participation se rend-t-il criminel ? Ici, il y a une discussion à établir sur une double hypothèse. Si le crime expose l’ordre public, s’il entraîne ou peut entraîner le pays dans de grands dangers, s’il tend à la désorganisation sociale, au mépris des lois, à la ruine de l’Etat, nul doute qu’il faut non seulement résister, mais encore secouer le joug et s’armer contre un pouvoir devenu désormais ennemi du pays qu’il a perdu tout droit de gouverner.

Mais, si le crime est, de sa nature, isolé, circonscrit dans son objet comme dans ses effets, s’il n’a de résultat général que de flétrir le nom de celui qui l’a commis, et de condamner à l’horreur publique les noms de ceux qui se sont faits ses instruments, ses bourreaux ou ses complices ; alors il faut se livrer à d’amères et inconsolables douleurs ; il faut s’attrister sur ce mélange de grandeur et de faiblesse, d’élévation et d’abaissement, d’énergie et de perversité qui éclate dans des caractères que la nature se plaît quelquefois à former. Mais il faut s’en remettre à la justice des siècles du soin de leur distribuer la part de gloire ou d’infamie qui doit leur revenir. Il n’y a de compromis dans ces crimes que la renommée de ceux qui les commettent ; et si les lois du pays, si la morale commune, si la sûreté de l’Etat, si l’ordre public ne sont pas altérés, il faut continuer de servir.

S’il en était autrement, qu’on se figure un gouvernement tout à coup délaissé par tout ce que le pays renferme d’hommes capables, généreux, éclairés, consciencieux, et toutes ses administrations tout à coup envahies par l’écume et la lie de la population ! Quels seraient les effroyables résultats d’un tel état de choses ? Et quelle en serait la cause, si ce n’est l’oubli du principe qui vient d’être exposé, et qui non seulement justifie les engagements que les hommes les plus ennemis des gouvernements illégitimes peuvent se trouver obligés de contracter volontairement avec eux, mais encore leur font une loi d’y rester fidèles, tant que le maintien de l’ordre social et la défense des droits nationaux contre les entreprises étrangères résultent de leur observation ?

C’est là qu’il faut chercher l’apologie de toute l’administration française à l’époque dont il s’agit ici. On ne doit point oublier qu’à peu de distance de temps de cette époque, l’ordre social, au-dedans, et le système politique au dehors avaient été en proie à l’anarchie. C’était aux administrations françaises qu’était confié le soin de mettre un terme à ces excès ; et cette noble tâche, elles la remplissaient avec autant de zèle que de succès. C’en sera une pour l’histoire que de dire tout ce qui fut fait alors pour calmer les esprits agités, pour mettre un frein à des passions effrénées, pour ramener dans tous les services l’ordre, la régularité, la modération et la justice. Un bon système des finances, l’établissement des préfectures, la formation, la bonne composition des grandes armées, l’entretien des routes et la publication du code civil datent de cette époque, et attestent les bons services rendus dans ce temps par toutes les branches des administrations militaires et civiles de la France. Le concordat, la paix d’Amiens, l’organisation politique de l’Italie, la médiation suisse, les premiers essais de l’établissement du système fédéral allemand attestent l’activité, la sagesse et le crédit de l’administration que j’avais formée et que je dirigeais. Si plus tard on s’est écarté des règles de prudence et de modération que je m’attachais avec la plus infatigable patience à établir, à maintenir et à défendre, la détermination que j’ai prise alors d’abandonner les affaires, et l’époque où cette détermination a été prise me disculpent, aux yeux de la postérité, de toute participation à ses écarts. Mais ce qui m’était possible en 1807 ne l’était pas en 1804, car alors c’eût été déserter les grands devoirs que je pouvais me considérer comme obligé de rendre à mon pays. Cette manière de voir fut du reste partagée par d’autres que moi, et il n’est pas inutile de rappeler que pas une voix ne s’éleva dans le pays pour protester contre l’épouvantable attentat dont M. le duc d’Enghien était victime. C’est triste à dire, mais le fait est exact et ne peut s’expliquer que par la crainte que chacun avait d’ébranler un gouvernement qui avait tiré la France de l’anarchie.

Vous venez d’écouter, Messieurs, la défense de M. de Talleyrand, la lettre de M. de Villèle et la parole du roi Louis XVIII. Puisse cette sorte d’absolution royale et les explications que vous avez entendues, atténuer, en ce qui concerne l’ancien ministre des relations extérieures, la sévérité du jugement de l’histoire. On peut l’espérer du moins aujourd’hui ; mais nous serons toujours ici, sur notre vieille terre de France, plus volontiers du côté des victimes, et le duc d’Enghien en est une. La conscience nationale ne pourra oublier de sitôt le crime commis en 1804, et quelles que puissent être les excuses de la raison d’Etat, la foule redira longtemps encore, avec son poète inspiré, devant le tombeau de Sainte-Hélène (2) :

La gloire efface tout, tout excepté le crime

Mais son doigt me montrait le corps d’une victime

Un jeune homme, un héros d’un sang pur inondé

Le flot qui l’apportait passait, passait sans cesse

Et toujours en passant la vague vengeresse

Lui jetait le nom de Gondé !

Mis de Gabriac.


Notes.

(2) - La baronne de Reich avait été déjà arrêtée à Offenburg par l’autorité badoise, livrée par elle aux autorités françaises et transportée à Strasbourg avec ses papiers (Note de M. de Bacourt).

(2) - Lamartine, Méditations poétiques.

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in REVUE D'HISTOIRE DIPLOMATIQUE - 5è ANNEE N°3 - JUILLET - SEPTEMBRE 1891










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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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