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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DE TALLEYRAND

A

JOSEPH,

ROI DE NAPLES,

SUR LES ARMOIRIES DE NAPLES

EN DATE DU

31 MAI 1806







Paris, le 31 mai 1806.

Rapport à Sa Majesté.

« Sa Majesté le roi de Naples a désiré connaître les intentions de Sa Majesté l'Empereur sur les armes qu'elle doit donner au royaume de Naples, sur les couleurs de son pavillon, de la cocarde napolitaine, et de la livrée de la maison.

L'aigle impérial peut être conservé dans les armoiries. Elle rappelle que Naples fait partie des États de l'empire, et que la dynastie actuelle est une branche de la tige impériale de France ; mais les branches des maisons souveraines sont ordinairement distinguées de la tige principale par quelque addition en brisure dans leurs armoiries. Cette différence met plus d'ordre dans la généalogie des différentes races régnantes ; et si elle est moins essentielle aux commencements d'une dynastie et aux temps dont on est témoin, parce qu'il n'y a pas encore confusion d'événements, elle deviendra un jour nécessaire à l'histoire. Ce signe différentiel ne doit pas être arbitrairement choisi : le blason a ses règles, et je pense qu'il faut lui conserver celles que l'usage a consacrées. Les frères de Louis XVI avaient au centre de leurs armoiries un bâton mis en abîme : mais on ne peut employer ce signe dans l'écusson actuel, dont l'aigle occupe le centre. Les armes des frères aînés des rois, ou des seconds fils qui ne leur succédaient pas, étaient plus anciennement surmontées d'un lambel à trois pendants. De tous les genres de brisures, le lambel d'or est le plus relevé : on peut en ajouter un pour Sa Majesté le roi de Naples, au chef de l'écusson impérial.

Mais les armes de France ne constatent que l'origine de la branche de Naples : il paraît convenable d'y joindre les armes de l'État où elle règne.

Naples a plusieurs fois changé d'armoiries. Elle a eu celles des princes normands, des princes de la maison de Souabe, de la branche d'Anjou, de celle d'Aragon. Je propose de lui rendre les armes des princes normands qui fondèrent ce royaume après leur conquête. Elles rappellent une époque glorieuse dans notre histoire, et établissent, entre deux événements que huit siècles séparent, un rapprochement remarquable.

Les armes des princes normands étaient de gueules, à la fasce échiquetée d'argent et d'azur. Elles occuperont la seconde moitié de l'écu, et les armes de France en occuperont la première.

Autrefois, les armes de Naples étaient supportées de deux sirènes. On pourrait conserver ces supports au nouvel écusson. Ils rappellent une des traditions fabuleuses, qui doivent avoir un intérêt local pour Naples et pour la Sicile, dont on dit que les sirènes habitaient les côtes. L'une d'elles soutiendrait la couronne, qui doit être fermée comme celle de tous les souverains ; l'autre tiendrait en main une bannière ornée des armes de Jérusalem.

Les rois de Naples ont toujours porté le titre de rois de Jérusalem depuis que Charles d'Anjou, fils de Louis IX, étant devenu roi de Naples, Marie, princesse d'Antioche, lui fit la cession de tous les droits qu'elle prétendait au royaume de Jérusalem.

Les armes que la branche d'Anjou-Sicile a toujours unies aux siennes sont d'argent à la croix potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes simples du même.

J'ai cru devoir appuyer des explications précédentes la composition des armes de Naples que j'ai l'honneur de présenter à Sa Majesté. Elles sont entourées du manteau du grand électeur de France et du collier de l'ordre du Croissant, que René d'Anjou, roi de Sicile et de Jérusalem, avait fondé au XVe siècle.

Sa Majesté le roi de Naples pense que son pavillon pourrait être le même que celui de France, en y substituant la couleur noire à la couleur bleue ; mais cette différence est peut-être trop peu remarquable. A une certaine distance, le noir et le bleu se confondent. Le seul moyen de distinguer les deux pavillons serait de varier les positions et les combinaisons des couleurs ; mais il a déjà fallu les varier pour le pavillon batave, qui a les mêmes couleurs que la France, et pour le pavillon d'Italie, qui n'en diffère que par la substitution du vert au bleu.

J'ai l'honneur de proposer à Sa Majesté de n'employer dans le pavillon de Naples que le blanc et le noir, et de donner à la cocarde militaire les mêmes couleurs.

Le fond de l'uniforme des bataillons provinciaux pourrait être noir, ainsi que Sa Majesté le roi de Naples le désire, puisqu'on fabrique dans toutes les parties de son royaume beaucoup de draps de cette couleur, et qu'elle entre déjà dans le costume des montagnards de Naples.

Sa Majesté le roi de Naples désire conserver pour sa maison le fond de la livrée de Sa Majesté l'Empereur, en y mettant un galon différent. Le droit de la livrée tient au droit des armoiries ; ainsi elle pourrait être la même, et, pour y mêler quelque chose des armes de Naples, le galon pourrait être échiqueté d'argent et d'azur.

Je prie Sa Majesté de vouloir bien m'exprimer ses intentions sur les dispositions que j'ai l'honneur de lui présenter. »

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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in MEMOIRES ET CORRESPONDANCE POLITIQUE ET MILITAIRE DU ROI JOSEPH - TOME 2 - PARIS - PERROTIN - 1855










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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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